Zampieri aurait subi des pressions politiques

Jean Tremblay, maire de Saguenay... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Jean Tremblay, maire de Saguenay

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La décision de Rina Zampieri de jeter un coup d'oeil sur la pérennité du réseau routier et du parc immobilier de la Ville ne semble pas avoir plu à l'administration du maire Jean Tremblay. Des pressions auraient été exercées sur elle via certaines personnes.

Elle a même retrouvé une grande partie de ses observations dans le rapport présenté par Alain Girard sans que son travail ne soit souligné.

Dans sa lettre du 23 septembre, Mme Zampieri soutient avoir reçu la visite à quelques reprises de membres de la direction ainsi que plusieurs messages par personnes interposées pour l'avertir qu'elle ne devrait pas toucher au réseau routier et qu'elle ne pouvait faire ça à monsieur le maire. De toute façon, ajoute-t-elle, on lui aurait dit qu'on mettrait en doute la réputation de ses consultants et qu'en plus, les réponses étaient déjà toutes prêtes pour démolir ses arguments.

Faible impact

Elle soutient avoir livré un excellent rapport sur le réseau routier qui n'a pas eu l'impact qu'il méritait. À la suite de la publication, le maire Tremblay a déclaré avoir investi 21 millions$ dans la réfection du réseau en 2016. Elle ajoute que plusieurs annonces ont été faites de janvier à août pour des travaux qui n'avaient pas été budgétés, soit près du double de ce qui avait été voté au plan triennal 2016. Elle dit espérer que l'imminence de la sortie de son rapport et la crainte de son impact ait été à la base de tels investissements.

L'ex-vérificatrice décoche quelques flèches à l'endroit du VG actuel, Alain Girard, qui n'a pas jugé bon lui expédier une copie du dernier rapport auquel elle avait largement contribué avant de quitter son poste le 31 mai dernier, ni même mentionné son nom quelque part. «Mis à part le fait qu'il ait décidé de ne pas publier un des rapports d'audit ainsi que quatre suivis des recommandations des mandats des années antérieures, il n'y a pas une phrase de ce rapport que je n'ai pas écrite moi-même», écrit Mme Zampieri.

Elle se dit profondément peinée que son successeur n'ait pas pris la peine de souligner son travail et considère comme une injustice le fait qu'il l'ait totalement ignorée.

Lors de la brève entrevue accordée, Mme Zampieri a déclaré que si, sous son mandat, elle a été tenue au silence, les choses seront différentes maintenant qu'elle a quitté ses fonctions. «Mon père, qui avait trois filles, disait que la seule chose qu'on a dans la vie est notre nom et d'y faire attention. J'ai eu l'impression d'avoir été traitée comme une voleuse criminelle», a-t-elle déclaré.

Jean Tremblay satisfait du travail accompli

Le maire Jean Tremblay entend vérifier si des membres de son entourage ont fait pression sur l'ex-vérificatrice générale, Rina Zampieri. Il qualifie d'excellent le travail qu'elle a accompli.

Mis au fait de la publication de la lettre écrite le 23 septembre dernier à ses collègues, M. Tremblay mentionne ne pas avoir été informé de telles initiatives à l'époque où la vérificatrice générale avait pris l'initiative d'accorder des mandats d'audits à des ingénieurs spécialisés.

«Je vais demander si ç'a été le cas, mais le fond du problème est que Mme Zampieri n'a pas reçu tout le crédit pour le travail qu'elle a accompli. C'est elle qui a produit le dernier rapport d'un couvert à l'autre», déclare-t-il.

M. Tremblay explique que dans sa position, il ne peut savoir tout ce que les employés et fonctionnaires peuvent dire dans le réseau. Le maire affirme que Mme Zampieri a dressé un portrait de situation de façon consciencieuse sans être malicieuse.

M. Tremblay rappelle que le contenu du dernier rapport de la VG était excellent et que, de toute façon, la Ville était informée du mauvais état de son réseau routier et que des efforts devaient être développés pour améliorer la situation. Il rappelle que dans les dernières années, il a rencontré quatre ministres des Transports différents (Sylvain Gaudreault, Robert Poëti, Jacques Daoust et Laurent Lessard) pour leur faire état du mauvais état du réseau routier.

«Lorsque nous avons reçu le rapport, j'ai dit à Mme Zampieri que son travail était parfait et que c'est elle qui aurait dû le présenter publiquement. D'ailleurs, j'aurais dû apporter le rapport avec moi lors de ma dernière rencontre avec Laurent Lessard.»

Le maire de Saguenay convient que le rôle d'un VG au sein de la Ville est de poser un regard critique sur divers dossiers qu'il examine et non pour lancer des fleurs à l'administration en place.

Il se montre toutefois plus critique envers le travail accompli par la conseillère Julie Dufour dans le dossier et soutient que tout le brassage entourant l'embauche de Sylvie Jean n'a conduit à aucun résultat susceptible de faire avancer la Ville.

«Julie Dufour n'a pas mesuré l'ampleur de ses gestes. Rina Zampieri ne méritait pas ça. Elle est passée par une tourmente au plan humain et ça n'a rien donné. En plus, ça a coûté très cher à la Ville. Alain Girard, il a fallu le payer pour qu'il assume l'intérim. Ça a été très déplaisant pour Mme Zampieri.»

Interrogé sur la nomination du futur VG et sur les rumeurs qui circulent voulant que l'actuel VG par intérim, Alain Girard, puisse demeurer en poste, M. Tremblay a refusé de commenter.

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