Nutrinor dépensera 65 M$ en 3 ans

Le président de Nutrinor, Jean Lavoie, et son...

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Le président de Nutrinor, Jean Lavoie, et son directeur général, Yves Girard, étaient les invités du Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

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Normand Boivin
Le Quotidien

La coopérative Nutrinor se lance dans un vaste programme d'investissements de 65 M$ pour les trois prochaines années.

Après la période difficile du début du millénaire, alors que la coop avait éprouvé des problèmes financiers importants, car elle avait embrassé trop large, Nutrinor concentre son action dans les domaines qui font sa force pour amorcer sa période de croissance. Son directeur général, Yves Girard, espère doubler son chiffre d'affaires et sa rentabilité d'ici cinq ans. 

Le fer de lance de cette offensive, initiée à la suite d'un exercice de planification stratégique, est l'investissement de 25 M$ dans le secteur de l'agroalimentaire, dont 15 M$ pour le lait et 10 M$ dans la transformation des viandes, 15 M$ dans le secteur énergétique, 8 M$ dans l'agriculture (céréales, volailles et oeufs), 1,5 M$ dans les quincailleries, et finalement, une réserve de 15 M$ pour procéder à d'éventuelles acquisitions.

Au cours des dernières années, la restructuration de Nutrinor lui a permis de mettre la main notamment sur la Fromagerie Perron et les Viandes LF, deux entreprises qui lui permettent aujourd'hui d'espérer augmenter la transformation du lait et des viandes. Mais pas question de viser n'importe quelle cible.

«On ne va pas mettre notre lait à 2% sur les tablettes de Québec et Montréal. Notre produit distinctif est notre lait bio, avec notre part de 24% du marché québécois, ce qui fait de nous le plus gros fournisseur», explique Yves Girard. Actuellement, Nutrinor transforme 80 des 140 millions de litres de lait que produisent les agriculteurs de la région et son DG ne cache pas que l'objectif à long terme est de le faire pour 100% de la production et les fromages sont un excellent débouché.

Volailles

Un autre domaine où la coopérative excelle est la production de volailles sans antibiotique. En fait, la région en est la plus grosse productrice au Québec et lorsqu'on achète du poulet crapaudine chez IGA, il vient presque assurément de la région. Malheureusement, il doit être abattu à Lanaudière, mais Yves Girard n'est pas très optimiste quant aux chances de ressusciter le projet d'un abattoir régional. «On a étudié la possibilité d'avoir un abattoir multiespèce, mais c'est vraiment coûteux, compliqué et difficilement rentable», analyse le DG.

Énergie et quincaillerie

Selon Yves Girard, les prochaines années s'annoncent difficiles pour les quincailleries. Nutrinor en possède quatre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit à Chicoutimi, Saint-Bruno, Saint-Coeur-de-Marie et Mistassini. Pas question de les fermer, mais il y aura rationalisation des activités. 

«Depuis trois ans, les mises en chantier diminuent dans la région et les perspectives ne sont pas meilleures pour les prochaines années. Il y a trop de pieds carrés de quincailleries et c'est sûr qu'il va arriver quelque chose», prévient le DG. Nutrinor possède ses propres commerces, mais fait partie également de la Coop fédérée du Québec qui est actionnaire de BMR, qui a acquis Potvin et Bouchard il y a quelques années, ce qui alimentera les discussions.

Pour sa filière énergétique, Nutrinor est à la recherche d'un partenaire pour s'approvisionner à moindre coût ou encore joindre une bannière.

Nutrinor exploite une trentaine de stations-service, dont cinq établissements corporatifs. Sur les 140 millions de litres vendus, 25 millions sont du gaz de M&M propane.

Nutrinor en bref...

• La coopérative Nutrinor, qui regroupe les agriculteurs de la région et compte 965 membres, donne un emploi à 600 personnes, a un chiffre d'affaires annuel de 345 millions$ et possède des actifs totalisant 100 M$.

• La meunerie de Saint-Bruno transforme 45 000 tonnes de céréales en moulée pour le bétail. C'est la seule transformation de la production céréalière faite dans la région et on espère continuer de développer la filière.

• Le président de Nutrinor, Jean Lavoie, compte sur une coopérative en santé pour continuer d'aider les agriculteurs et ainsi éviter la vente des terres à des consortiums de spéculateurs.

• Sur la question du lait diafiltré, Jean Lavoie mise sur la signature d'une entente entre les producteurs et les transformateurs canadiens d'ici la fin de 2016. Selon cette entente, les transformateurs garderaient la responsabilité des résidus de lait en excédent à cause de l'importation de protéines des États-Unis, au lieu de les remettre en circulation, permettant de maintenir les prix et éviter les pertes estimées à 220 M$ annuellement pour les producteurs canadiens.

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