Lisée propose un virage à 180 degrés en faveur des régions

Le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée,... (Archives La Presse)

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Le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, estime que les libéraux ont abdiqué devant leurs responsabilités envers les régions. Il propose rien de moins qu'un coup de barre à 180 degrés en faveur du développement régional.

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Le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, entend démontrer aux régions du Québec que sa formation politique proposera une approche beaucoup plus proactive envers les régions. Il compte mettre à profit les grands leviers de l'État québécois pour soutenir leur développement et surtout réparer les erreurs du Parti libéral du Québec qu'il accuse d'avoir a abdiqué ses responsabilités en matière de développement économique régional.

Au cours d'une entrevue qu'il accordait au Quotidien, mercredi, le chef péquiste a tracé les grandes lignes de ce que deviendra la politique du Parti québécois en matière de développement régional. Jean-François Lisée veut mettre en place une stratégie beaucoup plus agressive pour remplacer l'attentisme du gouvernement libéral qui, en plus d'abandonner les régions, selon ses propos, a même coupé les ressources dont disposaient les communautés pour supporter le développement économique. La stratégie Lisée repose sur deux axes qui comprennent d'un côté le rôle de l'État comme entité qui dispense des services - et donc génère une activité économique - et, en second lieu, l'implication directe de l'État dans le développement économique.

«Dans les jours qui vont suivre l'élection d'un gouvernement du Parti québécois, nous allons retourner de 180 degrés le train de la centralisation pour le retourner dans les régions du Québec. Aujourd'hui, avec les technologies, il est possible de faire à peu près toutes les tâches où que l'on se trouve au Québec. Lorsque l'on pousse notre réflexion un peu plus, c'est même moins cher d'offrir un service à partir d'Alma où le prix des loyers des bureaux est moins élevé que dans les grands centres», insiste le chef souverainiste.

Perte d'emplois de qualité

Jean-François Lisée cite en exemple le vaste projet Optilab déployé par le ministère de la Santé et des Services sociaux. À court terme, reprend le chef péquiste, ce projet va faire disparaître des emplois de qualité dans des communautés. La centralisation menée par le gouvernement érode peu à peu les effectifs de la fonction publique et fait perdre aux régions de nombreux emplois.

En plus de décréter un moratoire sur la centralisation des opérations des différents ministères, un gouvernement péquiste rétablirait dans les premiers jours de la prise du pouvoir les 83 millions$ amputés dans les budgets de développement régional. Pendant sa tournée du Québec, dans le cadre de la course au leadership, Jean-François Lisée a constaté une très grande déception des décideurs locaux face à la restructuration de tout le volet du développement régional par le gouvernement Couillard.

Caisse de dépôt

Pour ce qui est des outils à la disposition de l'État, le chef péquiste entend modifier la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec afin d'en modifier le mandat. Il admet que la caisse réalise en ce moment des investissements dans certains projets régionaux. «C'est différent lorsque vous avez l'obligation de faire du développement régional. Nous allons modifier le mandat de la caisse pour ajouter le volet régional. La Caisse a des bureaux partout dans le monde et elle n'a aucun bureau dans les régions. Ce n'est pas normal.»

Pour s'assurer d'un suivi permanent de la situation des régions et surtout des projets importants, le gouvernement du Parti québécois remettrait en place la structure déployée par Jacques Parizeau. Chaque région compterait un sous-ministre sous la responsabilité du Conseil exécutif. À l'époque, le premier ministre Parizeau avait poussé plus loin le modèle en procédant à la nomination de délégués régionaux. M. Lisée n'est pas contre l'idée, mais il assure cependant qu'il faut évaluer l'expérience des délégués régionaux avant de la renouveler, car cette structure additionnelle avait soulevé une certaine méfiance chez certains ministres.

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