Des ossements vieux de 710 ans inhumés

James et Mendy Valin et leur mère Kate... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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James et Mendy Valin et leur mère Kate Robertson ont déposé la voûte au fond de la fosse.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Un silence respectueux. Des branches de sapins et de cèdres dans la fosse. Du tabac sur la voûte. Mashteuiatsh a rendu un hommage senti à l'être humain dont les ossements vieux de 710 ans ont été retrouvés en 2013. Preuve indéniable de la présence autochtone au pays du Piekuagami.

Le jeune James Valin ne pensait pas que son fusil de fortune trouvé dans un tas de terre près de sa nouvelle maison le ferait voyager autant dans le temps. «C'est quand ma mère a vu ce que j'avais dans les mains qu'elle a trouvé que ce n'était pas normal», a lancé le jeune garçon, âgé de 4 ans quand il a fait cette découverte, le 28 août 2013. Sa mère s'est rendu compte qu'il s'agissait d'un bout d'os. La police a été avisée et d'autres ossements ont été retrouvés. Puis l'année suivante en mai. Le Conseil de bande a décidé de les faire analyser au Bureau du coroner du Québec. Grâce à la technologie du Carbone 14, les spécialistes ont déterminé que les ossements appartenaient à un homme de 30 ans et qu'ils avaient 710 ans avec une marge d'erreur de 30 ans.

Quelques dizaines de personnes sont venues se recueillir au cimetière de Mashteuiatsh pour assister à l'enterrement de ces ossements à l'entrée du lieu. Signe qu'il s'agit du plus vieil aïeul à y reposer.

«C'est très émouvant cette découverte. C'est une preuve de l'existence de notre nation depuis plus de 700 ans. Aujourd'hui, c'est une rencontre avec notre passé, un tremplin dans le temps qui nous rappelle toute l'importance de l'héritage de notre peuple et que nous sommes les enfants de la terre. C'est un très beau signe que le jeune James ait fait cette découverte. Je pense même que c'est un message pour démontrer l'importance de garder le cap sur ce que nous sommes», a prononcé le chef Gilbert Dominique.

Sur ces mots, James, sa soeur Mendy et leur mère Kate Robertson ont pris la petite voûte et l'ont déposée dans la fosse. Par la suite, des membres de la communauté ont défilé en se recueillant pour déposer une branche et du sable afin que cet aïeul repose en paix. Justement, cette phrase est écrite sur l'épitaphe: «Milu Aluepi».

«Ce qui nous a surpris, c'est l'âge des ossements. C'est avant la découverte du Canada. Ça démontre que la présence autochtone était vraiment ici à Mashteuiatsh. Est-ce qu'il avait été enterré par des gens de la famille qui était en voyage? On sait que l'été, la pointe était un point de rassemblement pour les nomades qui vivaient partout sur le territoire. Ça soulève bien des questions et surtout ça m'émerveille», a déclaré au Quotidien Gilbert Dominique.

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