L'aide médicale à mourir expliquée par des médecins

Le neurologue Jean Mathieu estime que la loi... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Le neurologue Jean Mathieu estime que la loi concernant les soins de fin de vie est encore frileuse, mais que le Québec «doit se faire les dents» avant de faire évoluer la loi.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patricia Rainville
Le Quotidien

Depuis l'entrée en vigueur de la loi concernant l'aide médicale à mourir, une seule personne en a bénéficié au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Entre décembre et juin, trois demandes ont été acheminées au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS). Un sujet «épineux et émotif», décortiqué et expliqué par les médecins Céline Benoît et Jean Mathieu.

La médecin Céline Benoît ouvrait la conférence en... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 3.0

Agrandir

La médecin Céline Benoît ouvrait la conférence en expliquant ce que sont les directives médicales anticipées, c'est-à-dire la volonté de recevoir des soins. Par exemple, si un patient désire être réanimé advenant un arrêt cardiorespiratoire.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Environ 150 personnes ont assisté à la conférence des deux spécialistes, organisée au Calypso de Jonquière, lundi après-midi. «Il s'agit sans doute de l'acte médical le plus balisé et encadré», a fait valoir le neurologue Dr Jean Mathieu, qui est coordonnateur, en compagnie de Dre Céline Benoît, du groupe interdisciplinaire de soutien de l'aide médicale à mourir au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour les personnes déjà en fin de vie

L'aide médicale à mourir, au Québec, s'adresse exclusivement aux personnes qui sont déjà en fin de vie et qui souffrent d'une maladie incurable. Les personnes souffrant d'une paralysie, par exemple, ne sont pas admissibles. Et on ne parle pas de suicide assisté au Québec, comme c'est le cas au Canada. Ici, seul un médecin peut poser cet acte.

«Il faut que ce soit une personne en fin de vie biologiquement. Les personnes paralysées ne sont pas encore jugées admissibles, puisqu'aux yeux de la loi, elles ne sont pas en fin de vie. Un homme de 50 ans à qui on a diagnostiqué une sclérose en plaques et qui estime que sa vie est terminée ne sera pas admissible non plus. Par contre, un patient atteint de sclérose latérale amyotrophique le sera puisqu'il s'agit d'une maladie neurologique à évolution très rapide et sans soins possibles», précise Dr Mathieu.

Les personnes inaptes ne sont pas admissibles à l'aide médicale à mourir non plus. Prenez une personne souffrant de Parkinson ou d'Alzheimer, elle n'aura pas droit à l'aide médicale à mourir si elle est démente ou confuse.

«La loi est encore frileuse, mais c'est bien comme ça. Le Québec doit se faire les dents. La loi va évoluer et il y a déjà des discussions en ce sens», explique le neurologue. En effet, certains médecins aimeraient que les patients puissent signer une demande anticipée, advenant un diagnostic d'Alzheimer, par exemple.

Par ailleurs, le neurologue a avoué que plusieurs médecins ont un malaise face au geste, mais qu'il s'agit surtout d'un malaise d'ordre administratif.

«La plupart des médecins n'ont jamais fait ça et c'est beaucoup de paperasse. Ce n'est pas tout le monde qui est à l'aise, mais les médecins ont le droit de refuser et de recommander le patient à un collègue», a expliqué Dr Mathieu. Questionné à savoir s'il éprouvait personnellement un malaise face à l'aide médicale à mourir, le neurologue a affirmé qu'il devait justement en pratiquer une la semaine dernière.

«J'avais pris mon vendredi pour ce patient, mais finalement, il a décidé d'aller en soins palliatifs. Les patients peuvent toujours changer d'idée. Ce n'est pas un choix irréversible. Personnellement, je ne suis pas mal à l'aise face au geste et comme beaucoup de neurologues, j'espère que la loi évoluera. Mais il faut faire attention et il ne faut surtout pas banaliser l'acte», a-t-il expliqué.

C'était la première conférence sur l'aide médicale à mourir donnée à des gens du public dans la région.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer