Alexandre Cloutier va de l'avant sans amertume

Alexandre Cloutier... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Alexandre Cloutier

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Normand Boivin
Le Quotidien

Alexandre Cloutier ne regrette rien. Et il n'en veut pas aux membres du PQ de lui avoir préféré Jean-François Lisée. Même qu'il ne met pas un trait sur une prochaine course à la direction du PQ. Mais pas tout de suite. «Une chose est certaine; j'ai fait deux courses en deux ans, mais je n'en ferai pas trois en trois ans. Alors Jean-François, s'il te plaît, ''toffe'' un peu», nous lance-t-il à la blague lorsqu'on lui pose la question.

C'est vrai qu'à 39 ans, il a encore beaucoup de temps devant lui. Mais d'ici là, il préfère tout mettre ça derrière et lui et regarder en avant, sans amertume, malgré les coups qui lui ont été portés.

«Je reste avant tout député de Lac-Saint-Jean et c'est la tâche qui me comble le plus. La région vit des difficultés importantes et ce ne sont pas les dossiers qui manquent», affirme l'élu.

Non, il ne regrette rien, car il n'a pas cédé sur ses principes et peut garder la tête haute. Aussi, il dit avoir obtenu l'appui des personnes les plus importantes pour lui, le caucus des députés, majoritairement en sa faveur, et les électeurs de la région. Alors, comment se fait-il que les membres de la base, ceux qui votaient, n'ont pas suivi?

Lui même ne peut le dire. Mais il explore des pistes d'explications. Évidemment, il y a les lieux communs, comme celui voulant que partir en tête d'une course est plus difficile. «Au sommet de la pyramide, tu es seul et il vente fort», dit-il.

Qu'est-ce qui l'a coulé? L'étiquette de candidat de l'establishment n'a certes pas aidé. Et s'il a un regret, c'est bien de ne pas avoir réagi. Lui qui se présentait comme un renouveau, un candidat de la jeunesse, s'est fait coiffer d'un titre susceptible de miner son plan de campagne. «J'aurais dû me défendre, d'autant plus que c'était complètement faux. On m'a accusé d'être appuyé par l'establishment, car j'avais récolté le plus d'appuis, mais ça ne m'empêchait pas de remplir mes salles avec des jeunes qui n'avaient même pas le droit vote au référendum de 1995. J'aurais dû me battre contre ça, l'expliquer, mais je ne l'ai pas fait. Ce fut un ''spin'' très négatif.»

Il y a quand même un paradoxe de constater que le député de Lac-Saint-Jean, associé à la «vieille garde», s'est fait battre par le candidat de 20 ans son aîné, qui fut conseiller de Lucien Bouchard et de Jacques Parizeau.

«Je n'embarque pas là-dedans, met-il en garde. Je n'ai pas fait campagne contre quelqu'un, mais pour mes idées.»

L'autre coup dur, il l'admet, est venu du débat sur l'identité qui a miné sa fin de campagne.

Il sait que son discours ne plaisait pas, comme l'ont prouvé les huées qu'il a essuyées lors d'un débat houleux devant les membres du parti, mais si c'était à refaire, il ne changerait rien. Ces huées n'ont pas égratigné ses convictions profondes, ce qu'il appelle son carré de sable. «Il ne s'agrandit pas ou ne rapetisse pas selon les besoins. Il n'était pas question pour moi d'avoir un discours pour me faire élire et un autre une fois au pouvoir. Quand je suis entré dans la course, j'ai offert au parti Alexandre Cloutier tel qu'il est.» C'était à prendre ou à laisser.

Ça lui permet de sortir de cette course animé par deux sentiments: l'humilité, mais aussi la fierté. Celle de s'être tenu debout, sans renoncer à ses convictions. «Quand on m'a hué sur l'affichage, je n'ai fait que donner la seule position possible, celle conforme à la loi, celle que défendaient Lucien Bouchard et Jacques Parizeau et que Jean-François Lisé, maintenant chef, devra défendre. Agir autrement pour dire aux militants ce qu'ils voulaient entendre aurait été étirer pas mal l'élastique et ce n'est pas moi. Mais ç'a dû faire mal, puisque six jours avant le vote, j'avais encore deux points d'avance sur Jean-François.»

Berges du Lac-Saint-Jean: prêt à déposer un projet de loi privé

Alexandre Cloutier est ferme: jamais il n'acceptera que Rio Tinto envoie une facture aux locataires des berges du lac Saint-Jean. «JAMAIS je ne vais accepter ça. S'il le faut, je déposerai un projet de loi privé. Mais avant d'en arriver là, j'interpelle le premier ministre qui a déjà émis des réserves.» Le député garde aussi à l'oeil les audiences du BAPE. «Avec Rio Tinto, on reconnaît de moins en moins Alcan. Ce n'est pas seulement le nom qui est disparu. On sent qu'Alcan n'existe plus. Ils sont même en conflit avec Hydro-Québec (pour les frais d'utilisation de ses lignes de transport d'énergie).»

Maintenant que la course est derrière lui, le député de Lac-Saint-Jean entend consacrer toute son énergie à ses électeurs. Et les dossiers, selon lui, ne manquent pas.

Toujours au lac, il s'indigne des retards pris dans le dossier de l'agrandissement du parc de la Pointe Taillon, lequel piétine depuis cinq ans parce que Québec tarde à construire quelques kilomètres route d'accès menant au terrain de camping projeté à Saint-Gédéon, près de la Petite Décharge.

«C'est un immense et beau territoire qui donnera accès (par un chapelet d'îles entre Saint-Gédéon et Saint-Henri-de-Taillon) à plusieurs des plus belles plages de la région. On manque d'emplacements de camping autour du lac Saint-Jean, et les touristes n'attendent que ça pour installer leurs motorisés et leurs caravanes à sellette sur les bords du lac. Le lac, ce n'est pas une gestion comptable de gouttes d'eau. Ce sont des millions en retombées touristiques qui nous échappent.»

Bois d'oeuvre: appel à la mobilisation

Alexandre Cloutier appelle à une mobilisation régionale dans le dossier du bois d'oeuvre. Une mobilisation sans précédent, souhaite celui-ci, pour sauver une industrie qui s'apprête à traverser une crise qui risque de coûter des dizaines d'emplois.

«Il faut envoyer un message clair au gouvernement du Québec et au premier ministre qui ne fait rien actuellement. Même si c'est Ottawa qui négocie, le Québec doit se faire entendre. Il faut que Philippe Couillard aille rencontrer les Américains. Qu'il leur fasse visiter nos chantiers forestiers pour leur montrer que notre régime respecte les ententes. Il y a un travail de pédagogie à faire. Promenez-vous dans les scieries de la région et demandez-leur le nom du ministre de la Forêt. Ils ne le connaissent même pas. Pourtant, le premier ministre représente l'un des comtés les plus forestiers du Québec», dénonce M. Cloutier, qui demande également que Québec prépare un plan d'aide pour soutenir financièrement les propriétaires de machinerie forestière qui risquent d'être acculés à la faillite.

Le député veille également sur les agriculteurs et presse Ottawa de régler le litige du lait diafiltré qui mine les revenus des producteurs laitiers. Il espère aussi voir une législation pour limiter la superficie des terres agricoles que les spéculateurs peuvent acquérir, faisant grimper artificiellement les prix.

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