Le message d'Audrey Tremblay

Audrey Tremblay est bénévole au sein de L'AGL-LGBT.... (Photo Le Progrès-Dimanche, Isabelle Tremblay)

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Audrey Tremblay est bénévole au sein de L'AGL-LGBT. Elle a livré témoignage l'homosexualité au féminin, mercredi matin, au Centre de femmes au Quatre-Temps.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

Que l'homme ait l'air efféminé ou viril, que la femme soit « butch » ou ultra féminine, les personnes homosexuelles ne choisissent pas de le devenir. Elles naissent ainsi, le découvrent et font le choix de le vivre ou non. Tel est le message que porte Audrey Tremblay

Claudine Levasseur et Audrey Tremblay ont eu deux... (Photo Le Progrès-Dimanche, Isabelle Tremblay) - image 3.0

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Claudine Levasseur et Audrey Tremblay ont eu deux bébés. Déreck et Maélie sont maintenant âgés de trois ans.

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L'Almatoise de 29 ans est lesbienne. Bien humblement, elle a livré un témoignage sur son vécu, mercredi matin, devant quelque 25 femmes réunies au Centre de femmes au Quatre-Temps à Alma.

Autre temps, autres moeurs. Les temps changent et les préjugés liés à l'homosexualité évoluent. Le regard que posent les gens sur les gais et lesbiennes ne correspond plus à celui des années 60, où ce phénomène n'était pas le bienvenu. Il y a encore du chemin à faire, mais de gros pas ont été franchis, notamment, en matière législative.

L'homosexualité était vue comme une maladie. C'était illégal. Parfois, les gens attirés par des personnes du même sexe étaient perçus comme des criminels. Certains se voyaient même infliger des sévices en raison de leur orientation sexuelle.

En 2016, l'homophobie est encore présente, mais son acceptation est de plus en plus palpable. « Dans les années 60, l'homosexualité était un acte criminel. On pouvait aller en prison si on était vu dans des bars gais ou main dans la main avec notre conjoint dans la rue. En 1990, un projet de loi a vu le jour pour nous donner les mêmes droits qu'aux hétéros, comme le mariage et avoir des enfants », a raconté Mme Tremblay.

Cinq ans avec un homme, puis mariée avec une femme

Bénévole au sein de l'Association des gais et lesbiennes du Saguenay-Lac-Saint-Jean (AGL-LGBT), Audrey Tremblay a découvert son attirance à l'égard des femmes au cours de son adolescence. Elle a tout de même rencontré un homme avec lequel elle a partagé sa vie pendant cinq ans.

Puis, à l'âge de 23 ans, elle est devenue de plus en plus attirée par la gent féminine. Audrey a osé s'affirmer. C'est à ce moment qu'elle a eu sa première conjointe. La relation a duré quelques mois.

Elle a ensuite rencontré Claudine, qui est devenue son épouse et avec qui elle a eu des jumeaux. Un mariage digne de ce nom les unissait, pour le meilleur et pour le pire. «Nous avons procédé à une insémination. Ç'a collé la première fois et en double à part ça». Un petit garçon et une petite fille naissaient, des fruits de leur amour. La petite famille a fait les manchettes.

«Lorsque nous étions vues publiquement, les gens nous demandaient qui était la maman et on répondait que c'était nous deux. (...) On n'a pratiquement eu que de bonnes réactions, même si certains ont tourné le dos. Mais, comme les hétérosexuels, nous avons droit à notre respect», a partagé Mme Tremblay.

«Il y a beaucoup de stéréotypes. Les gens veulent savoir qui est le gars ou la fille. Je vous dirais que c'est comme dans un couple hétéro. Ça peut être le gars ou la fille qui fait la pelouse. C'est la même chose dans le couple homosexuel. Si un des deux préfère le lavage, le ménage ou s'occuper de l'intérieur de la maison, elle va le faire. Et si l'autre veut s'occuper de l'extérieur, ça lui appartient.»

Six mois après leur union, Audrey et Claudine se sont séparées. Elles préservent une relation harmonieuse et se partagent la garde de leurs enfants, à tour de rôle. Les bambins sont aujourd'hui âgés de trois ans. «On s'entend très bien. (...) Je suis très près de mes enfants.»

Quelques dates à retenir

- Durant les années 1960 (et antérieurement), les tribunaux considèrent l'homosexualité comme un acte de grossière indécence, passible de poursuites et de condamnation criminelle.

- Le 14 mai 1969, le gouvernement Trudeau réforme le Code criminel du Canada et décriminalise les actes homosexuels.

- Jusqu'au milieu des années 1970, l'homosexualité est considérée comme une maladie mentale au sein de la communauté médicale.

- En 1975, le PQ tente de faire adopter un article interdisant la discrimination des homosexuels dans la première version de la Charte des droits et libertés. Le PLQ refuse.

- En décembre 1977, pour la première fois en Amérique, le ministre de la Justice québécois Marc-André Bédard (PQ) fait adopter un amendement à la Charte des droits et libertés, interdisant toute forme de discrimination sur la base de l'orientation sexuelle.

- En 1994, le projet de loi 167 proposé par le gouvernement de Bob Rae, donnant aux couples homosexuels les mêmes droits que les couples hétérosexuels, est repoussé par l'Assemblée législative de l'Ontario. En 1995, l'arrêt Egan c. Canada refuse d'attribuer une allocation à un partenaire de même sexe, mais établit l'existence d'une discrimination envers les homosexuels.

- En 1999, une décision de la Cour suprême du Canada fait en sorte que les couples homosexuels soient inclus dans les unions de fait.

- En 2013, le don de sang par des personnes homosexuelles a été autorisé à condition de n'avoir eu aucun rapport sexuel homosexuel dans les cinq dernières années.

- Au Québec quelques personnalités politiques vivent leur homosexualité ouvertement, André Boisclair (PQ), Sylvain Gaudreault (PQ), Agnès Maltais (PQ), Manon Massé (QS) et André Boulerice (PQ).

- En juin 2002, André Boulerice (PQ) fait adopter la loi sur les unions civiles.

- Le 20 juillet 2005, le Canada légalise le mariage homosexuel en adoptant la Loi sur le mariage civil.

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