De Port-Alfred au Vatican

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Mgr Guy-Réal Thivierge a passé les 30 dernières années à Paris. Il vient d'être muté au Vatican.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Monseigneur Guy-Réal Thivierge, un prêtre originaire de La Baie, accède à de hautes fonctions à Rome. L'homme de foi, qui a vu le jour à Port-Alfred, vient d'être nommé secrétaire d'une nouvelle fondation pour l'éducation mise sur pied l'an dernier par le pape François.

C'est le Saint-Père lui-même qui a confié à Mgr Thivierge ce mandat de cinq ans.

Avant sa nomination, le Baieriverain agissait comme secrétaire général et directeur du Centre de coordination de la recherche de la Fédération internationale des universités catholiques (FIUC). À ce titre, il a passé les 30 dernières années à Paris. C'est tout récemment que le pape François a décidé de créer la Fondation Gravissimum Educationis. Administré par la Congrégation pour l'éducation catholique, qui est, en quelque sorte, le ministère de l'Éducation du Vatican, le nouvel organisme aura pour but de servir les besoins de l'enseignement dans des institutions primaires, secondaires et universitaires partout à travers le monde.

Cette nouvelle fonction sera jumelée à celle d'administrateur de l'Agence du Saint-Siège pour l'évaluation et la promotion de la qualité des universités et des facultés ecclésiastiques. Des centaines de maisons d'enseignement supérieur de confession chrétienne accueillent des étudiants aux quatre coins du globe. Or, toutes ne sont pas fréquentées par des jeunes catholiques. À titre d'exemple, Guy-Réal Thivierge cite l'Indonésie, où 13 universités regroupées sous l'égide de la FIUC ont pignon sur rue dans des régions où la religion musulmane prime.

«C'est un très beau défi de tenter d'amener les universités à travailler ensemble. Notre objectif est de servir les besoins de l'enseignement catholique. Le pape nous a dotés de fonds et il faut maintenant déterminer comment ils seront utilisés. Nous avons l'opportunité de créer un réseau de chercheurs et de les aider à mieux servir les communautés où les universités sont implantées. C'est aussi une belle occasion d'apprendre à mieux se connaître et à favoriser la cohabitation des religions», a expliqué le prêtre depuis son bureau du Vatican, où il vient tout juste de s'installer.

En jetant les bases de la Fondation Gravissimum Educationis, l'ancien élève du Séminaire de Chicoutimi croit qu'il contribuera à l'élaboration d'un laboratoire où les établissements et les citoyens des régions où ils sont implantés apprendront à construire ensemble. La fondation devra se doter d'une ligne politique et identifier ses champs d'intervention.

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Originaire de Port-Aflred, Mgr Guy-Réal Thivierge vient d'être nommé à la tête d'une fondation pour l'éducation au Vatican. C'est le pape François lui-même qui a choisi le Baieriverain pour cette fonction stratégique.

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«François n'a pas été élu pour rien»

Ce n'est pas un hasard si Mgr Guy-Réal Thivierge obtient ce poste de haut niveau. Il a bien connu François alors que le pontife portait le chapeau d'archevêque de Buenos Aires.

Les deux hommes se voient au moins trois fois par jour depuis l'arrivée du Saguenéen au Vatican. Interrogé jeudi, la journée même où l'émission Enquête, diffusée à Radio-Canada, rapportait un climat de méfiance à la basilique Saint-Pierre à l'égard de l'Évêque de Rome, Guy-Réal Thivierge a rappelé que le pape n'a pas été élu pour rien.

Dans son reportage, le journaliste Alain Crevier faisait état d'une situation de résistance au sein de la Curie, le gouvernement de l'Église, et de la méfiance des cardinaux face à ce pape révolutionnaire qui procède à un grand ménage des finances et des façons de faire du Vatican depuis son élection en 2013. Selon les échos en provenance d'Italie, le Saint-Père bouscule les façons de faire en menant une bataille de front pour éradiquer la corruption dans l'octroi de contrats et éliminer les dépenses superflues.

«Il est arrivé à Rome avec un mandat clair de rendre plus audible et plus proche le message de l'Église. Parmi les grands leaders moraux du monde, il est le plus écouté. Quand on compare Benoît XVI, l'intellectuel, et François, l'homme de terrain, c'est deux mondes. François a connu tous les problèmes des dictatures et de la grande pauvreté. Il est très proche du peuple», pointe Mgr Thivierge.

Fils d'ouvrier

Guy-Réal Thivierge, fils d'un ancien ouvrier de la Consol, ne perd pas de vue ses origines et en demeure très fier. Du collègue Saint-Édouard de Port-Alfred à l'Université Saint-Thomas-d'Aquin, à Rome, en passant par le Grand Séminaire de Chicoutimi, l'Université Laval et l'Institut catholique de Paris, le Baieriverain a parcouru le monde. Le prêtre détient toujours un pied-à-terre à Québec et revient dans sa région natale avec plaisir une fois l'an.

«Nos racines nous font vivre et grandir», note Mgr Thivierge, qui a visité l'Évêché de Chicoutimi cet été. Celui qui maîtrise plusieurs langues s'exprime dans un français aux nuances de la Mère patrie, un fait inévitable après 30 années passées à Paris. Au bout du fil, des notes québécoises sont cependant bien perceptibles dans la voix du religieux, qui a quitté le pays en 1972.

Guy-Réal Thivierge a été nommé Prélat d'honneur de Jean-Paul II en 1999, puis Chevalier de la Légion d'honneur par l'ancien président de la France, Jacques Chirac, en 2003. Entre autres distinctions, il a obtenu des doctorats honoris causa de l'Université catholique d'Australie et de l'Université catholique Nuestra Senora Reina de la Paz au Honduras.

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