Maison Le Chêne: le fruit de 15 ans de travail

La première pelletée de terre a eu lieu... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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La première pelletée de terre a eu lieu vendredi.

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Il aura fallu un peu plus de 15 ans entre le premier geste posé pour l'érection d'une maison de soins palliatifs sur le territoire de Jonquière et la première pelletée de terre de la nouvelle Maison Le Chêne.

Elle comprendra 12 chambres et offrira les services en soins palliatifs pour tout le territoire du Saguenay dans le cadre de la fusion avec la Maison Notre-Dame de Chicoutimi qui fermera ses portes dès que le nouvel établissement sera en mesure d'accueillir ses premiers patients.

L'événement a été souligné vendredi matin sur le terrain de la Maison Le Chêne, situé à Arvida, au même endroit que le centre d'hébergement hospitalier de soins de longue durée Des Chênes. Les présidents des conseils d'administration des deux organisations ont tour à tour fait le point sur l'évolution du projet de quatre millions $ qui sera financé par des corvées, des dons de matériaux, une subvention du gouvernement du Québec de 350 000 $ sur une période de sept ans et une vaste campagne de financement populaire qui sera lancée sur tout le territoire de Saguenay.

Le président du conseil d'administration de la maison Le Chêne, André Tremblay, a estimé à approximativement 2,5 M $ la valeur des montants accumulés sous différentes formes jusqu'à maintenant. Il a souligné que le montage financier avait été accepté par Desjardins qui assure le financement du projet.

Son collègue de la Maison Notre-Dame, Guy Harvey, a de son côté souligné l'apport de gros entrepreneurs en construction qui ont accepté de fournir des biens et services pour la première phase qui aura lieu pendant l'hiver avec l'excavation et l'érection des fondations. Les autres structures de la maison seront réalisées en usine pendant l'hiver de façon à être installées au printemps.

La maison comptera 12 chambres pour accueillir des patients. Selon ce qui a été révélé vendredi, 10 chambres seront disponibles à l'ouverture. André Tremblay a indiqué que les deux autres lits seront offerts pour des périodes de répit, afin d'accueillir des personnes qui ont choisi de mourir à la maison et dont les aidants naturels ont besoin de repos. Malgré le fait qu'il n'y ait pas de programme de subvention pour l'exploitation de ce type de lit, le président André Tremblay explique que la future maison entend financer elle-même ce service.

En plus des 15 000 pieds carrés de surface pour les chambres, salons, bureaux et autres services administratifs, l'immeuble érigé au cours des prochains mois comprendra un sous-sol aménagé. Ces espaces additionnels permettront d'accueillir dans le futur un centre de jour en plus de deux chambres qui seront mises à la disposition pour dépanner des parents de l'extérieur qui doivent séjourner au Saguenay pour accompagner un proche en fin de vie.

L'immeuble qui abrite en ce moment les six chambres de la Maison Notre-Dame dans le quartier du même nom à Chicoutimi verra sa vocation changer. Si jamais les administrateurs ne parviennent pas à lui trouver une nouvelle utilisation, il sera mis en vente et les sommes obtenues seront investies dans la nouvelle maison de soins palliatifs.

Quant au personnel actuel, il sera transféré en bloc à la nouvelle maison d'Arvida, ainsi que les bénévoles. Il est précisé que les méthodes de travail développées à Chicoutimi seront déployées dans la nouvelle résidence de 12 chambres. Quant au nom, il s'agit d'un choix temporaire et les administrateurs verront à évaluer un nouveau nom au cours des prochains mois. Il n'est pas écarté de mener une campagne auprès du public pour obtenir des recommandations.

La présidente et directrice générale du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Martine Couture, a participé au point de presse. Les représentants du CIUSSS ont assisté les deux conseils d'administration dans les discussions en vue de la création d'une seule maison de soins palliatifs et de fin de vie sur le territoire de Saguenay à la demande du premier ministre Philippe Couillard et du ministre Gaétan Barrette. Le gouvernement du Québec accorde une subvention de 850 000 $ par année pour le budget de fonctionnement de la maison.

Le président André Tremblay a souligné que la création d'une seule maison permettait de réaliser des économies d'un million de dollars pour la construction des infrastructures en plus d'économies récurrentes de 250 000 $ pour le budget de fonctionnement.

Des discussions sur l'aide à mourir

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean n'a visiblement pas l'intention d'influencer la future Maison Le Chêne quant à la possibilité qu'elle offre les services d'aide médicale à mourir, et ce, malgré le fait qu'elle accorde une subvention de 850 000 $ par année pour supporter les services aux personnes qui vont accepter d'aller finir leur vie dans ce centre spécialisé.

La présidente et directrice générale du CIUSSS, Martine Couture, a refusé de répondre à cette question lors du point de presse de vendredi. Elle a mentionné que ce n'était pas le moment de soulever cette question même si le point de presse concernait un protocole pour la mise en place des soins de fin de vie sur le territoire de Saguenay.

Les administrateurs de la Maison Notre-Dame du Saguenay, dans une mouvance provinciale, ont choisi de ne pas offrir ce service qui est maintenant accessible aux Québécois qui en font la demande à un professionnel de la santé. Le choix fait par les administrateurs avait été précédé d'une discussion entre les membres de l'équipe médicale dirigée par la docteure Chantale Tremblay.

Vendredi, la médecin a indiqué que la nouvelle maison de soins palliatifs allait dans un premier temps mettre en place les pratiques de la Maison Notre-Dame. Elle a toutefois confirmé que de nouveaux médecins du territoire de Jonquière se joindraient à l'équipe médicale et que la question d'offrir ou non le service d'aide médicale à mourir reviendra à l'ordre du jour et fera l'objet d'une discussion entre les médecins qui ont la responsabilité de dispenser ce service avec la collaboration d'une infirmière et d'un pharmacien qui acceptent de poser les actes nécessaires.

« On a déjà de la difficulté à convaincre les patients que lorsqu'ils choisissent de venir à la maison de soins palliatifs, qu'ils ne mourront pas plus vite qu'à l'hôpital. C'est un peu une contradiction si on offre l'aide médicale à mourir. Par contre, lorsqu'une personne fait cette demande, nous nous devons de l'accompagner pour qu'elle puisse obtenir ce service », a insisté la docteure Tremblay qui ne présume pas pour l'instant du résultat des discussions de la future équipe médicale.

En fait, la médecin affirme que l'offre de ce service amplifierait la perception d'un centre « d'euthanasie » auprès de la population.

Au Québec, de nombreux centres de soins palliatifs ont été critiqués pour leur refus d'offrir l'aide médicale à mourir au même titre que des soins de confort. Les centres se défendent de ce choix en affirmant qu'ils sont régis par un conseil d'administration autonome qui a le droit de choisir les services dispensés aux patients.

D'autre part, le président André Tremblay a confirmé que l'idée d'offre des soins de fin de vie dans le domaine spécialisée de la pédiatrie n'a pas été retenue. Il s'agit selon M. Tremblay de services très spécialisés nécessitant des équipements dont les coûts sont importants. Il a aussi mentionné que d'autres organismes se chargeaient d'offrir ces soins de pointe.

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean disposera de 29 lits de soins palliatifs répartis sur le territoire avec l'ouverture de six lits supplémentaires dans la nouvelle Maison Le Chêne.

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