Redonner une place aux régions

L'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois et l'agronome Claire Bolduc... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois et l'agronome Claire Bolduc mènent en ce moment une tournée du Québec dans le cadre de la consultation du groupe de réflexion «Faut qu'on se parle» lancée à l'initiative de représentants de la gauche québécoise qui se préoccupent de l'avenir politique du Québec et de son développement.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Le mouvement populaire «Faut qu'on se parle», lancé par des ténors de la gauche québécoise, entend redonner aux citoyens leur place dans le débat politique et accorder tout l'espace que les régions souhaitent occuper dans le cadre de ses consultations menées sous la forme d'assemblées de cuisine aux quatre coins de la province.

De passage devant le Cercle de presse jeudi matin, le leader de la contestation étudiante et membre du nouveau collectif, Gabriel Nadeau-Dubois, et l'agronome Claire Bolduc, bien connue pour son militantisme au sein de Solidarité rurale Québec, ont justifié la mise sur pied de cet autre groupe de réflexion. D'entrée de jeu, Gabriel Nadeau-Dubois a clarifié la position du groupe pour le futur et spécifié qu'il n'est pas question d'une mutation en parti politique.

Désaffection

«Les médias font état de la désaffection des citoyens aux élections avec une faible participation au vote. Nous allons poser la question aux citoyens afin de savoir pourquoi il y a une telle désaffection. Les gens nous disent dans nos réunions qu'ils en ont assez des chicanes politiques», a déclaré d'entrée de jeu l'ex-leader étudiant.

Les deux représentants du forum ne croient pas nécessaire de s'inscrire dans la politique traditionnelle avec le pouvoir législatif pour changer les choses. Gabriel Nadeau-Dubois a signalé que c'est toujours au Québec que les étudiants bénéficient des frais de scolarité les moins élevés en Amérique du Nord et qu'il s'agit d'une conséquence directe du «Printemps érable».

Une première assemblée de cuisine a eu lieu mercredi soir à Saint-Félicien. Les deux représentants ont ainsi eu droit à un premier contact avec les régions du Québec.

Des régions créatives

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, il est clair qu'elles ne manquent pas de créativité. C'est surtout de support dont les jeunes qui vivent dans ces régions ont besoin et surtout d'être en mesure de sortir des créneaux traditionnels de projets autres que la forêt et l'aluminium, croit-il.

L'agronome Claire Bolduc enchaîne sans attendre sur les décisions du gouvernement. Québec a volontairement diminué, soutient-elle, le soutien aux jeunes qui tentent de lancer des initiatives pouvant permettre le développement en région. Il s'agit d'une réduction de 42 millions$ du budget des Centres locaux de développement, dont le support aux nouvelles initiatives.

Dans la même foulée, Québec a injecté 84 millions$ dans le programme des Anges, une initiative qui vise des investissements dans des projets principalement dans la région de Montréal avec une antenne à Sherbrooke.

Claire Bolduc affirme que 25% de la population du Québec habite dans les régions. Les mêmes régions génèrent 60% du PIB et réalisent des activités d'exploitation de ressources naturelles qui font en sorte que bon nombre d'entreprises ont des sièges sociaux dans les grands centres qui créent des emplois de qualité.

Gabriel Nadeau-Dubois fait toutefois des mises en garde contre la mise en opposition des régions par rapport aux autres, des jeunes par rapport aux vieux ou autres tentatives de cette nature qui ne font que diviser le Québec.

Il assure que le lancement de ce nouveau mouvement de réflexion n'a pas été orchestré pour porter ombrage à la course à la direction du Parti québécois. Il explique que la réflexion a été amorcée alors que personne ne se doutait que Pierre Karl Péladeau allait quitter la politique. Les principaux acteurs refusent également de se faire accuser de devenir une option politique additionnelle à gauche qui ne va que favoriser le maintien du Parti libéral au pouvoir par la division du vote.

Gabriel Nadeau-Dubois apporte une autre précision au débat lorsqu'il mentionne qu'il ne faut pas confondre politique et démocratie. La grande consultation lancée par le groupe de réflexion vise à dégager des idées qui seront mises de l'avant au sein de la population. Claire Bolduc mise surtout sur une grande contamination au Québec par les idées véhiculées lors des assemblées de cuisine.

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