Forêt: contrer le discours des écologistes

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Martin Gauthier, recteur de l'UQAC et président du Groupe de travail forêt.

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Le Groupe de travail forêt créé au terme du Sommet économique régional propose une série de mesures visant à soutenir la possibilité forestière dans les unités d'aménagement de la région. Il propose également de faire de la lutte aux changements climatiques l'argument de base pour contrer les groupes environnementaux, lesquels «attaquent l'industrie québécoise sur la base d'une foresterie qui ne respecte pas l'environnement».

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Saguenay (Chicoutimi)UQAC Groupe de travail sur la forêt

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Le rapport du groupe composé d'experts du secteur a été présenté mercredi par le recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Martin Gauthier, qui en assumait la présidence. À l'exception des budgets accordés à la sylviculture, les 16 recommandations découlant des travaux de ce groupe ne coûteront rien au gouvernement du Québec puisqu'il s'agit dans la presque totalité de demandes d'ajustements administratifs sur les notions de protection du territoire et de calcul de la possibilité forestière.

Au départ, a insisté le président du groupe de travail, il est primordial que l'on mette de l'avant les avantages de l'utilisation du bois. Lorsqu'un arbre entre dans la construction d'une maison, il se transforme en carbone capté pour une période de 100 ans. Le même arbre, qui laisse un espace pour qu'un autre arbre repousse en forêt, permettra également de capter du carbone pour la croissance de la tige jusqu'à maturité. Selon le recteur de l'UQAC, il s'agit d'un argument de taille et l'on peut même avancer que la construction d'une résidence permet globalement la captation de 25 tonnes de C02.

1re recommandation

La première recommandation risque de froisser les écologistes puisqu'elle propose que Québec augmente la contribution du territoire forestier au-delà des forêts attribuables dans l'atteinte des objectifs de conservation avec les différentes formes juridiques de protection (caribou, vieilles forêts, aires protégées et autres). La seconde recommandation découle de la logique de la première et propose la création de ces espaces de protection au nord de la limite nordique des forêts attribuables.

Pour la région, il s'agit principalement d'une zone située dans le secteur des Montagnes blanches et qui fait déjà l'objet d'une protection administrative. L'ajout de cette vaste région permettrait à la région d'être très proche de l'objectif de 12% de protection visé par le gouvernement. C'est 10% du territoire régional qui serait protégé.

Un volet important des 16 recommandations concerne le Plan d'action provincial pour l'aménagement de l'habitat du caribou forestier. La même logique guide les auteurs. Ils demandent à Québec de tenir compte de l'habitat du caribou forestier situé au-delà de la limite nordique des forêts attribuables.

Nouveau modèle théorique

On soumet aussi le développement d'un nouveau modèle théorique ou une mise à jour du modèle utilisé sur la probabilité de subsistance des populations de caribou forestier, qui serait adapté aux particularités du territoire québécois, sans oublier les effets anticipés des changements climatiques sur ce cervidé qui est devenu l'icône des campagnes menées par Greenpeace contre l'industrie québécoise du bois d'oeuvre. De plus, le groupe note l'importance de réaliser rapidement des inventaires exhaustifs des populations de caribou forestier pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon l'ex-directeur du Consortium de recherche sur la forêt boréale, Réjean Gagnon, il n'existe aucune différence biologique entre les forêts boréales situées au sud et au nord de la limite nordique des forêts attribuables. Il s'agit de la même forêt. De plus, la forêt boréale sous aménagements est remplacée par une forêt boréale similaire dans une proportion de 75 à 80% puisque le Québec a fait le choix de la régénération naturelle pour la remise en état des zones récoltées. Ce qui explique, selon le spécialiste, qu'il est impossible d'identifier une seule espèce dont la disparition est attribuable à l'exploitation forestière. 

Les différentes mesures proposées par le groupe de travail ont des impacts mesurés sur la possibilité forestière pour les unités d'aménagement de la région. Il faudra toutefois attendre le calcul de la possibilité forestière par le forestier en chef pour obtenir des chiffres précis puisque certaines mesures constituent des doublons en matière d'impacts sur la possibilité forestière.

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