Donald Tremblay, président de l'AQRP

La réforme Barrette vivement dénoncée

Le président de l'Association québécoise des retraités des... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Le président de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic, Donald Tremblay, a énuméré un certain nombre de lacunes décelées dans la réforme du système de santé québécois et réclame l'intervention du premier ministre Philippe Couillard pour freiner le ministre Gaétan Barrette.

Photo Le Quotidien, Yohann Gasse

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L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) dénonce vigoureusement la transformation du système de santé québécois laissé entre les mains du ministre Gaétan Barrette et dont les résultats sont toujours «anémiques» en terme d'accès à un médecin de famille et de soutien à domicile.

Les dirigeants de l'AQRP ne sont pas tendres à l'endroit du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. En tournée mardi dans la région, la direction de l'association a fait ressortir les lacunes du virage imposé par le ministre et surtout l'incapacité du premier ministre à le rappeler à l'ordre pour qu'il cesse de «marchandiser» sur le dos des aînés du Québec.

Le président Donald Tremblay cite en exemple la multiplication des créations d'entreprises privées spécialisées dans le maintien à domicile.

«Le privé a horreur du vide et il s'empresse de le remplir», a indiqué le président. Québec n'alloue que 1,2% du PIB pour la portion du budget de la santé au maintien à domicile. L'OCDE recommande aux États qui font face à une augmentation du vieillissement de la population d'injecter 3% du PIB dans ce service.

Pour contourner la difficulté, les critères d'admissibilité au soutien à domicile ont été resserrés encore plus. Les gens n'ont d'autres choix, selon l'association, que de se tourner vers le privé pour obtenir des services.

L'AQRP voit donc d'un bon oeil l'intention d'Ottawa d'investir massivement dans le soutien à domicile en accordant aux provinces des montants additionnels. L'AQRP, qui représente 1800 personnes dans la région, espère que cet engagement politique ne sera pas freiné par une querelle fédérale-provinciale puisque le gouvernement central a l'intention d'imposer aux provinces un cadre dans lequel les montants seront accordés. Québec a déjà fait savoir qu'il refusait catégoriquement cette approche.

Des CLSC vers les GMF

Dans cette foulée de privatisation, Donald Tremblay accuse le ministre de transférer des millions de dollars de ressources du réseau des CLSC vers les cliniques de médecine familiale qui appartiennent au secteur privé. Selon le président, le gouvernement ne fait que défaire la mise en place de ce réseau qui devait dispenser des soins de première ligne dans les collectivités.

«Il y a encore au Saguenay-Lac-Saint-Jean 13 000 personnes qui n'ont pas de médecin de famille. Même si vous avez un médecin de famille avec votre nom inscrit sur une liste, qu'est-ce que ça donne quand vous n'êtes pas en mesure d'obtenir un rendez-vous avant deux ou trois semaines», ajoute le président provincial. Son collègue et vice-président régional a de son côté attiré l'attention sur toute la question des frais accessoires que le gouvernement canadien interdit, selon le cadre de la Loi fédérale sur la Santé. Ghislain Girard affirme que le ministre Gaétan Barrette a rejoint les préoccupations de l'AQRP en éliminant ces frais. Toutefois, il a pratiquement annulé les bienfaits de cette décision en confirmant que les pharmaciens allaient pouvoir imposer des frais de service. Or, les personnes âgées sont de grands consommateurs de médicaments.

Un autre élément du domaine de la santé inquiète la direction de l'association. Il y a toujours au Québec un problème d'attente pour les placements en Centre hospitalier de soins de longue durée. Dans la région, selon les chiffres fournis par le ministère, il y a toujours 50 personnes en attente d'une place. Il s'agit de cas lourds qui nécessitent des soins importants. 

L'ensemble de l'oeuvre du ministre de la Santé du Québec se résume, selon l'association, à tout faire passer par les médecins, écartant du même coup une foule d'autres travailleurs de la santé et des services sociaux qui pourraient dispenser des services nécessaires à la population. L'association voit la santé d'une tout autre façon et croit que Québec fait fausse route en laissant au ministre toute la latitude dans la mise en place de cette réforme.

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