LIARA: améliorer l'autonomie par la technologie

Sébastien Gaboury et Kevin Bouchard.... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Sébastien Gaboury et Kevin Bouchard.

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PAGE UQAC / Compte tenu des troubles cognitifs de plus en plus fréquents dans la population, le Laboratoire d'intelligence ambiante et de reconnaissance d'activités (LIARA) de l'Université du Québec à Chicoutimi essaie de développer des technologies d'assistance qui permettraient d'améliorer la vie des personnes autonomes et semi-autonomes.

Le LIARA travaille à créer des appartements intelligents, qui seraient capables de reconnaître les actions que posent les personnes grâce à des dizaines de capteurs placés un peu partout dans l'habitation.

« En fait, on veut suivre et reconnaître ce que quelqu'un fait en temps réel dans un endroit donné. Pour le faire, on peut utiliser des tapis tactiles, des contacts électromagnétiques qui détectent l'ouverture et la fermeture des tiroirs ou les antennes RFID (Radio Frequency Identification), qui envoie des ondes à de petites étiquettes placées sur toutes sortes d'objets qui renvoient de l'information à un récepteur, qui l'emmagasine », raconte le directeur du laboratoire, Sébastien Gaboury.

En amassant ces informations, les chercheurs sont capables de mettre en lumière les caractéristiques du comportement d'une personne. « La clé est de reconnaître des activités en recueillant des données, qu'on peut analyser à l'aide d'algorithmes », poursuit M. Gaboury. Si quelque chose cloche avec ce qui est censé se produire, car le client fait un oubli, par exemple, ils peuvent envoyer des signaux lumineux, des sons, des vidéos ou même des robots pour rappeler à la personne de terminer son action. Dans les cas extrêmes, ils pourraient eux-mêmes intervenir, en coupant l'électricité d'un four resté allumé, par exemple.

« On essaie de limiter les actions qui sont faites sans l'accord de la personne, mentionne l'un des professeurs du laboratoire, Kevin Bouchard. On s'est rendu compte, en travaillant avec des neuropsychologues, que c'était mieux pour les gens de faire eux-mêmes les actions. »

Compte tenu du genre de recherches, plusieurs personnes travaillent sur ce projet. Sur la trentaine de professeurs, d'étudiants et d'assistants de recherche, on en retrouve qui sont spécialisés en informatique, en mathématiques, en génie électrique et informatique ainsi qu'en neuropsychologie, entre autres.

Ce genre de technologie, qui a été créée au départ dans le but d'aider les personnes souffrant d'Alzheimer, n'est pas encore disponible sur le marché. « On avance quand même rondement, mais on a encore beaucoup d'avancement à faire. Peut-être qu'un jour, l'un de nos étudiants ou une compagnie va se pencher sur la mise en marché du produit. Toutefois, au laboratoire, on se concentre plus sur la recherche fondamentale. Il y a des problèmes fondamentaux, alors on doit obligatoirement les régler pour avancer », explique M. Gaboury.

« Je crois, surtout dans ce qu'on fait, qu'on doit absolument se pencher sur le côté éthique du produit avant de le rendre disponible, ajoute M. Bouchard. On doit aussi travailler sur l'acceptabilité dans la population. On doit trouver des moyens pour le présenter et l'apprendre aux personnes âgées, par exemple. On doit également voir avec quel genre d'intervention les personnes réagissent le mieux. »

Des recherches coûteuses et des applications poussées

• Les recherches effectuées au LIARA coûtent très cher, avoue le professeur Sébastien Gaboury. En effet, les différents équipements ne sont pas encore très accessibles. «Plus les données qu'on recherche sont précises, plus ça coûte cher, ajoute M. Gaboury. En fait, pour la technologie RFID de base, on parle d'à peu près 8000$. Par contre, même si les prix sont chers, ça baisse très rapidement.» Le laboratoire a également reçu deux bourses de financement dans les dernières années. La première, en 2010, d'une valeur de 650000$, a permis d'installer un prototype d'appartement dans le laboratoire pour faciliter la recherche. La deuxième bourse, obtenue l'année passée, de 250000$, permettra à Sébastien Gaboury d'acheter de nouveaux équipements, comme des capteurs. Il a également commandé deux robots NAO, de forme humanoïde, pour développer de nouvelles interventions. «On peut recevoir des bourses des gouvernements, mais près de 80% de ces montants vont aux étudiants pour les rémunérer», conclut le directeur du laboratoire.

• Le laboratoire n'est pas le seul à travailler sur ce genre de technologies d'assistance, mais il est l'un des seuls à pousser la recherche à ce point. «On a été dans les premiers à essayer d'évaluer quel type d'émetteur fonctionnait mieux selon le profil de la personne lorsqu'il y avait besoin d'une intervention», raconte le professeur Kevin Bouchard. L'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) travaille également dans ce domaine, mais vise plutôt un «transfert technologique», c'est-à-dire une application commerciale de leurs recherches. Toutefois, expliquent MM. Bouchard et Gaboury, ces applications ne sont pas aussi poussées que ce qui est fait à l'UQAC. «Le plus loin où s'est rendu UCLA, c'est de travailler sur des outils de support à la décision. Ils n'analysent pas ce qui se passe dans l'appartement, mais ils l'affichent, et c'est un professionnel qui intervient», conclut M. Bouchard.

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