Aucun comportement fautif selon la police

Stéphane Girard et Me Dominic Bouchard... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Stéphane Girard et Me Dominic Bouchard

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le motoneigiste Stéphane Girard n'aurait eu aucun comportement fautif pour causer la mort de son ami Michel «Gazelle» Gagnon, le soir du 27 mars 2015, dans un sentier de motoneige à Lac-Kénogami.

C'est ce qu'est venu dire le reconstitutionniste de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), Pierre Girard, au troisième jour du procès de Girard, accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort.

Le soir du drame, Stéphane Girard a tiré la motoneige de son compagnon en raison d'un bris de la transmission de son Artic Cat. Après avoir parcouru environ 21 kilomètres sans anicroche, le véhicule de la victime n'a pas suivi le Bombardier Mac Z LT de l'accusé à l'intersection du sentier 83 et de celui menant vers Cépal. Alors que Girard a poursuivi sa route normalement, Michel Gagnon n'a pas pris la courbe et a foncé dans un panneau de signalisation.

Durant l'interrogatoire principal mené par Me Sébastien Vallée, de la Couronne, Pierre Girard n'a pas caché qu'il s'est interrogé sur les raisons de la sortie de piste.

«Il a dû se passer quelque chose. La piste était damée, très dure et très tapée. Rien pour faire une fausse manoeuvre. Le remorquage a été fait dans les normes avec une corde de 25 pieds de longueur. Ils ont roulé comme ça sur environ 21 kilomètres. Il n'y a rien eu durant le trajet», explique M. Girard.

«Je n'arrive donc pas à comprendre ce qui a pu se passer. J'en déduis que la victime a été distraite et qu'elle n'avait pas les deux mains sur le volant. Sinon, elle aurait pu réagir dans le virage et aurait pu faire des efforts pour redresser sa motoneige. Celle-ci se serait alors renversée sur le côté. À la place, le véhicule a poursuivi son chemin et heurté le panneau de signalisation», a raconté le reconstitutionniste au juge Paul Guimond, de la Cour du Québec.

Questionné en contre-interrogatoire par Me Dominic Bouchard, Pierre Girard n'a pu s'avancer sur les raisons qui ont poussé Michel Gagnon à ne tenir son volant que d'une seule main.

«Était-il en train de se gratter? A-t-il laissé pendre sa main? Buvait-il de la boisson gazeuse ou une bière? Je ne peux m'avancer sur quoi que ce soit. Tout comme je ne peux dire s'il a été victime d'un choc vagal. Je n'étais pas là», a répondu M. Girard.

Ce dernier croit par contre que la motoneige de Stéphane Girard devait rouler à une vitesse minimale de 70 kilomètres à l'heure, mais ne peut la donner avec précision.

«S'il avait roulé moins vite, nous n'aurions pas le même résultat. Le parcours n'aurait pas été celui que nous avons. Il n'y a possiblement pas eu d'arrêt à l'intersection afin de ne pas avoir trop de difficulté à repartir. Le conducteur a probablement fait un stop américain comme plusieurs le font à cet endroit», a conclu le reconstitutionniste de la SPS.

L'accusé s'en voulait et était sous le choc

Quelques heures après l'accident qui a entraîné la mort de son ami Michel Gagnon, Stéphane Girard était encore sous le choc. Il s'en voulait.

L'enquêteuse Cathy Cantin, de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), a interrogé l'homme de 43 ans au quartier général de la Sécurité publique de Saguenay au cours de la nuit du drame.

Disant connaître l'accusé depuis de nombreuses années, Mme Cantin lui a posé des questions afin de comprendre ce qui avait pu se produire.

Mais Stéphane Girard ne voulait pas parler. Il voulait quitter la salle d'interrogatoire, précisant qu'il n'avait rien à dire.

Dans les heures précédentes, il avait discuté avec son avocat, Me Dominic Bouchard, et avait eu la consigne de ne pas parler, afin de ne pas dire des choses qui pourraient l'incriminer.

«Je sais que je vais aller croupir en prison pour le restant de mes jours. Ma vie est scrap», a-t-il seulement mentionné avant de reprendre le chemin des cellules du quartier général.

Le ministère public a conclu sa preuve, vendredi midi. Lorsque les parties se retrouveront, il restera à Me Dominic Bouchard de faire entendre ses témoins. Le criminaliste n'a pas encore décidé s'il fera entendre ou non son client.

Au cours de l'après-midi, Me Vallée et Me Bouchard ont débattu de certains articles de la Charte canadienne des droits et libertés afin de déterminer si les droits de Stéphane Girard ont été bafoués ou non.

Me Bouchard estime que son client n'a pas eu la lecture de ses droits, notamment le droit au silence, ni à un avocat dans des délais raisonnables et que son arrestation ne s'est faite que 45 minutes après l'arrivée des policiers, alors que l'un de ceux-ci avait les motifs pour le faire immédiatement.

Si le juge acquiesce aux arguments de Me Bouchard, il se pourrait que la preuve obtenue contre lui ne soit plus valide. Dans le cas contraire, le dossier se poursuivra jusqu'au verdict du juge Guimond.

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