Confusion autour de l'entretien de l'ancienne église Saint-Joachim

Même si Saguenay a pris des précautions autour de l'ancienne église... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Même si Saguenay a pris des précautions autour de l'ancienne église Saint-Joachim à Chicoutimi, les préoccupations pour l'entretien à long terme du bâtiment aux prises avec des squatteurs demeurent. Gaz Métro, détentrice de l'hypothèque légale, ne s'estime pas responsable de sa gestion.

La semaine dernière, Le Quotidien s'est rendu au 740 rue Jolliet après que des voisins se soient plaints aux policiers de bruits provenant de l'ancien lieu de culte. Les représentants du journal ont facilement pu entrer par le sous-sol. Ils ont constaté de nombreux signes d'occupation non désirée, comme des graffitis, des bouteilles de bière cassées, des vêtements et d'autres détritus.

«J'ai contacté le directeur de l'arrondissement pour qu'il fasse barricader cette entrée. Il faut être très prudents, car on n'est pas chez nous. On surveille le coin quand même. J'ai fait une demande à la Sécurité publique pour qu'un passage devant l'église soit intégré dans la routine des patrouilleurs», indique le conseiller municipal du secteur, Jacques Cleary. Il précise que la Ville aurait aussi pu détenir l'hypothèque légale du bâtiment en raison de non-paiement de taxes, mais qu'elle a «refusé de la prendre».

En tant que détentrice, Gaz Métro analyse ses options. «On est en attente pour voir la valeur de l'immeuble. Nous avons eu un jugement bon pour 10 ans parce qu'il y avait des comptes impayés. C'est notre droit comme créancier, mais ça ne fait pas de nous les propriétaires. On peut juste vendre ou laisser la situation en état. Le gardien de l'immeuble, qui est responsable de sa gestion, reste le même qu'avant», explique la conseillère aux affaires publiques de la compagnie, Catherine Houde.

Celle-ci soutient que le propriétaire de l'ancienne église est la société 9213-1473 Québec inc. Une recherche dans le registre québécois des entreprises permet de voir que son immatriculation est toujours en vigueur et que ses actionnaires sont Louis Moisan et Grégory Bonnier. Ces deux musiciens et ingénieurs de son avaient acquis le temple religieux en 2010 de la Fabrique Sacré-Coeur pour en faire un studio d'enregistrement.

Lorsque M. Moisan a arrêté d'occuper les lieux en novembre 2014 parce qu'ils étaient trop lourds à entretenir, les problèmes de vandalisme et de squatteurs ont commencé. Il a tenté de vendre la bâtisse, sans succès, et a dû la faire placarder à quelques reprises.

«L'hiver dernier, j'ai cédé les droits à Gaz Métro, affirme-t-il. C'était clair pour moi, dans l'entente passée avec leurs représentants légaux de Montréal, que je n'avais plus besoin de m'en occuper. Je n'aurais pas donné un actif pour en être encore responsable civilement. Ça m'inquiétait au cas où il y aurait eu un accident. J'ai dit à la compagnie qu'elle pouvait prendre l'église sans problème. Gaz Métro doit avoir plus d'avocats que moi, si elle a trouvé un moyen légal de posséder le bâtiment, mais de se soustraire à ses responsabilités.»

Jacques Cleary s'attend à ce que la situation stagne et que le voisinage n'ait pas fini de déplorer le délabrement des lieux.

Un problème de société

Acquéreur de l'ancienne église Saint-Joachim en 2010, Louis Moisan considère que les squatteurs qui dérangent le voisinage sont le reflet d'un «problème social beaucoup plus large».

L'ingénieur de son assure qu'il n'a pas été confronté à des occupants non désirés, alors qu'il a opéré son studio d'enregistrement dans l'ancien lieu de culte pendant près de cinq ans, à part deux incidents mineurs comme un couple qui voulait revoir le lieu de son mariage. «Quelqu'un qui veut entrer parce qu'il voit que c'est abandonné, il va réussir même si c'est barricadé. Ces gens-là ont besoin d'un endroit pour se retrouver. Ils arrivent de quelque part, et quand on les chasse, ils vont ailleurs. On parle de Saint-Joachim parce que c'est une ancienne église, mais cette problématique-là existe dans des vieux bâtiments industriels et on n'en parle pas», confie Louis Moisan.

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