69e congrès de l'IHAF à Saguenay

Les heureux détours de l'Histoire

Sherry Olson, de l'Université McGill.... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Sherry Olson, de l'Université McGill.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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L'Histoire prend parfois un détour surprenant pour dévoiler un pan de la vie d'une tranche de la population à une certaine époque, laquelle n'apparaît pas nécessairement dans les relevés officiels.

Pour lancer le 69e congrès de l'Institut d'histoire de l'Amérique française (IHAF), Sherry Olson, de l'Université McGill, a raconté l'heureux hasard qui a fait en sorte qu'elle a reçu un carton contenant les notes manuscrites et documents d'époque d'un aubergiste irlandais qui a vécu à Montréal de 1815 à 1849. Ce précieux recueil de témoignages lui a été remis, il y a 20 ans, par une archiviste du musée McCord qui connaissait son intérêt pour la communauté irlandaise. Pour cette géographe historienne, ce fut la découverte d'un volet de l'histoire d'un Montréal effervescent à travers le quotidien de l'aubergiste Bartholemy O'Brien, un Irlandais catholique, et son épouse, une protestante, dont l'établissement était situé à quelques coins de rue du port de Montréal.

Mme Olson s'est alors lancée dans « une recherche intermittente, presque un ouvrage de tricot que je reprends tous les quatre ou cinq ans. Il y a des mailles à rattraper et d'autres qui sont irrémédiablement perdues », a-t-elle relaté devant un auditoire venu l'entendre dans le cadre du congrès qui se déroule sous le thème « Transmissions et transferts ». Elle a donc partagé le fruit de ses recherches qui révèle une part d'histoire que l'on ne retrouve pas nécessairement dans les grands ouvrages officiels du Canada.

En plus de tenir le registre des hôtes qu'il accueille, O'Brien notait entre autres les arrivées et les départs de jeunes servantes émigrées à peu près chaque mois. « Ce roulement signale le statut fragile des quelque 3000 servantes, serviteurs et apprentis de la ville », dont une bonne part était des Irlandaises de Liverpool. L'aubergiste O'Brien faisait partie des témoins irlandais de la génération des précurseurs qui ont vu arriver, en 1847, le flot des milliers de réfugiés de la Grande Famine » qui faisait rage en Irlande. 

« C'est une façon d'aller chercher des relations d'échanges, de conversations et de solidarité entre des gens à d'autres niveaux. Ç'a commencé il y a bien longtemps. En démographie avec Danielle Gauvreau et Hélène Vézina, on étudiait les ensembles des trois populations de Montréal, soit les Canadiens-Français, les Anglo-protestants et les Irlandais catholiques. On voyait que les Irlandais semblaient un peu négligés dans les études. Par exemple, on ne connaît pas d'autres listes de livres d'une bibliothèque d'un Irlandais à Montréal à l'époque tandis que les autres groupes sont traités. Mais la démographie nous montrait que le taux de natalité, l'âge au mariage, les mortalités, les âges des décès, c'était comme trois régimes démographiques différents. On a poursuivi et je me suis intéressée aux Irlandais », raconte-t-elle lorsqu'interrogée sur ce qui l'a motivée à s'intéresser à ce volet moins bien connu de l'histoire de Montréal. Elle a d'ailleurs conclu en souhaitant à son auditoire d'avoir lui aussi la chance de trouver un jour un carton oublié.

Gérard Bouchard honoré

Quelque 175 personnes sont inscrites au congrès qui se poursuit jusqu'au 8 octobre (samedi). Vendredi, un hommage sera rendu au professeur et historien de l'UQAC, Gérard Bouchard, dans le cadre d'un cocktail tenu à l'hôtel Le Montagnais.

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