Fronde syndicale contre Martin Gauthier

Président du Syndicat des professeurs et professeurs de... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Président du Syndicat des professeurs et professeurs de l'UQAC, Gilles Imbeault a fait part, mercredi, aux médias, du mécontentement ressenti au sein du corps professoral de l'institution d'enseignement envers le modèle de gestion prôné par le recteur Martin Gauthier.

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Le recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi, Martin Gauthier, nommé dans la controverse en 2011, n'est jamais parvenu à établir de canal de communication avec le personnel de l'établissement. Il fait face aujourd'hui à une fronde des syndicats alors qu'il tente d'obtenir un renouvellement de mandat.

Devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin, le président du Syndicat des professeurs et professeurs de l'UQAC (SPPUQAC), Gilles Imbeau est demeuré prudent dans son analyse de la situation actuelle tout en confirmant qu'il y avait en ce moment une véritable crise de gouvernance dans l'établissement d'enseignement. L'université «a mal vieilli», aux dires du président, et le recteur Martin Gauthier n'a jamais réussi à envoyer de signal sérieux pour une modernisation de structures comme d'autres universités ont réussi à le faire au cours des dernières années.

«L'université, c'est comme un gros bateau. C'est long à faire tourner. Nous avons encore les mêmes structures que lors de la création de l'UQAC en 1969», insiste Gilles Imbeau dont le syndicat pourrait mener sa propre consultation interne sur le renouvellement du mandat de Martin Gauthier. 

Les professeurs n'accordent pas une très grande crédibilité à la consultation que le recteur doit mener auprès du personnel, comme le stipulent les modalités de nomination.

M. Imbeau a fait état de deux niveaux d'insatisfaction des professeurs à l'endroit du recteur. Le premier concerne le modèle de gestion qui ressemble de plus en plus à celui d'une entreprise et qui n'est pas nécessairement adaptable à une université. «On entend maintenant parler de Lean à l'UQAC, un principe de gestion japonais amené chez nous par le vice-recteur aux ressources, Dominique Bouchard, qui a travaillé chez Rio Tinto. Lorsqu'une personne a un projet, elle est évaluée par des personnes selon cette technique», explique Gilles Imbeau.

Le manque d'indépendance de l'UQAC face à de grands partenaires de recherche du secteur privé semble aussi faire partie des critiques. Selon Gilles Imbeau, il y a toujours un problème de liberté en cause dans ces situations lorsque des entreprises bénéficient des infrastructures universitaires pour mener des travaux.

Le président du syndicat a profité de cette tribune pour annoncer que l'UQAC avait perdu le renouvellement d'une chaire de recherche canadienne en psychologie. Cette situation a été provoquée par une trop grande diminution des investissements de l'université dans la recherche en science sociale.

Toute cette dynamique de la gestion universitaire à Chicoutimi sera soumise aux participants du Forum sur la gouvernance qui aura lieu vendredi à l'UQAC. Il permettra aux participants de vérifier si ce virage «entrepreneurial» est le propre de l'UQAC. Selon Gilles Imbeau, la participation des représentants des autres universités québécoises permettra d'avoir une meilleure idée de la situation qui prévaut dans les établissements.

L'autre niveau d'insatisfaction concerne spécifiquement des décisions dans des dossiers plus sensibles pour le corps professoral. Selon Gilles Imbeau, plusieurs de ses membres considèrent que le recteur a adopté une approche très différente envers les cadres et les syndiqués. Il a cité en exemple le cas du congédiement d'un enseignant par le conseil d'administration (le dossier est en arbitrage), alors qu'il a rapidement passé l'éponge dans toute l'affaire des allocations de dépenses qui concernait plus spécifiquement des cadres supérieurs de l'établissement.

Selon Gilles Imbeau, il n'y a pas de mot d'ordre syndical réclamant la tête du recteur et de ses principaux bras droits. Les résultats d'un sondage réalisé auprès du corps professoral ont fait ressortir un certain nombre de problématiques et des malaises au sein de l'institution. Ces résultats ont comme par hasard été communiqués alors que s'amorce la procédure de renouvellement pour le poste de recteur.

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