Les travailleurs du centre jeunesse fatigués

Nancy Poulin est très inquiète de la détresse... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Nancy Poulin est très inquiète de la détresse que vivent les intervenants du Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

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Louis Potvin
Le Quotidien

Un sondage réalisé par la CSN démontre que les travailleurs du Centre jeunesse du Saguenay- Lac-Saint-Jean sont fatigués et démoralisés. Ils déplorent qu'ils passent plus de temps à rendre des comptes qu'à offrir des services à la population et protéger les enfants.

«Ça vient confirmer ce que nous entendions de la part de nos membres. Mais là, nous avons des chiffres éloquents qui démontrent que la situation est très grave. C'est un constat alarmant qui démontre que les gens sont épuisés. C'est très inquiétant!», déclare Nancy Poulin, porte-parole du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean - CSN.

Ce sont environ 125 techniciens ou professionnels sur les 300 travaillant dans la région qui ont complété ce sondage provincial. De ce nombre, seulement 2% estiment être en mesure de répondre adéquatement et en temps adéquat aux besoins de la clientèle. «C'est une proportion qui est extrêmement révélatrice de ce qui se passe et des répercussions des coupes budgétaires. Il y a eu des suppressions de postes et donc les gens ont plus de travail à faire surtout à remplir de la paperasse. Oui c'est normal de faire des rapports, mais la façon de les faire s'est terriblement alourdie. Les gens passent beaucoup trop de temps devant leur ordinateur. C'est la population et les enfants qui écopent», reproche Nancy Poulin. Selon le sondage, 60% des intervenants affirment que les multiples formulaires à remplir et la saisie de notes constituent un obstacle majeur à la qualité de leur intervention.

Cette situation a donc des répercussions sur la santé des travailleurs qui doivent s'absenter pour de l'épuisement ou de la maladie. «80% des personnes interrogées dans la région affirment effectuer des heures supplémentaires parce qu'elles manquent de temps pour faire leur travail. Le pire, c'est qu'une personne sur quatre a indiqué que les conditions difficiles d'exercice de leur pratique les ont forcées à prendre un congé de maladie. Ils s'absentent des semaines ou des mois! On leur demande de faire toujours plus avec moins et ils sont épuisés. Les intervenants tombent comme des mouches et ne disposent pas des ressources nécessaires pour bien exécuter leur travail», souligne la porte-parole syndicale.

Elle espère donc que les dirigeants politiques et en tête la ministre Lucie Charlebois prennent connaissance de ces résultats et rencontrent des travailleurs pour obtenir leur impression sur ce qui se passe sur le terrain. «Nous demandons au gouvernement la tenue d'états généraux afin de faire la lumière sur les problèmes dénoncés par celles et ceux qui oeuvrent auprès des enfants vulnérables et de leur famille. Nous réclamons aussi un moratoire sur les coupes budgétaires dans les centres jeunesse ainsi qu'un réinvestissement de l'ordre de six millions$ dans la région», conclut Nancy Poulin.

Dans les médias, la ministre Charlebois a mentionné que la situation n'était pas aussi dramatique que le laissait présager le sondage mené provincialement.

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