Desbiens s'adresse au MAMOT

Le maire de Desbiens, Nicolas Martel.... (Archives Le Quotidien, Isabelle Tremblay)

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Le maire de Desbiens, Nicolas Martel.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

Desbiens déroule le tapis rouge aux villégiateurs du secteur de Chambord qui réclament une annexion de territoire. Le maire Nicolas Martel compte demander l'agrandissement du périmètre urbain de la municipalité si le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) accepte la requête citoyenne.

La balle est dans le camp du gouvernement et une réponse est souhaitée entre le début et la mi-novembre. Des citoyens du chemin de la Pointe-aux-Trembles, des domaines des Marais et du Norois et du rang Desmeules veulent s'annexer à Desbiens.

Chambord refuse de les laisser partir alors que Nicolas Martel et son conseil travaillent d'arrache-pied pour qu'ils aient gain de cause. Ils veulent avoir des services d'égout et d'aqueduc, un besoin fondamental en 2016, selon ces derniers, qui accusent même les élus de Chambord d'avoir une «vieille mentalité».

«Le développement durable d'une communauté passe inévitablement par l'octroi de services de base à une population si on veut voir plus loin pour nos petites municipalités et nos régions. Quand j'amène l'eau et les égouts, je fais du développement intelligent et je sais qu'il va se greffer d'autres choses», ajoute le maire Martel.

«Le but est, vraiment, d'intégrer les citoyens à la communauté socio-économique de Desbiens, non seulement pour leur fournir des services, mais aussi pour les considérer comme des citoyens à part entière de façon permanente. Lorsqu'il y a une annexion, c'est l'intégration de la population qui permet de la réussir ou non», a commenté l'urbaniste Jean-Claude Lusinchi.

L'ancien urbaniste en chef d'Alma a été engagé spécialement pour se pencher sur l'extension du périmètre urbain de Desbiens, qui se trouve actuellement dans le noyau central de la municipalité.

L'extension souhaitée est tout à fait naturelle, selon les intervenants concernés. «Le territoire annexé, c'est un prolongement riverain au lac et géographiquement parlant, ça paraît très naturel d'aller chercher ce territoire-là et de l'intégrer à un périmètre urbain», a ajouté M. Lusinchi. Pour justifier ses dires, ce dernier a présenté un plan de cadastre original reconstitué du canton Métabetchouan datant de 1893 et qui allait dans la même veine.

Le rapatriement de quelque 165 résidences représenterait des investissements de quelque trois millions de dollars pour Desbiens. Lors d'une conférence tenue à l'hôtel de ville, mardi matin, Nicolas a rappelé que sa municipalité répond ici à une réponse citoyenne et que la démarche n'émane pas de son conseil.

«Ce n'est pas pour avoir de l'argent ou des taxes que nous avons répondu favorablement. C'est pour faire du développement socioéconomique. Le schéma d'aménagement de la MRC du Domaine-du-Roy interdit l'étalement urbain. Ça veut dire qu'une municipalité ne peut pas amener l'eau aux villégiateurs ou des personnes qui font du récréotouristique. Si on s'en va dans ce sens-là, nos régions vont mourir».

Afin d'agir en toute transparence, il a remis aux membres de la presse l'ensemble de la documentation que la localité a fait parvenir au MAMOT pour avoir gain de cause.

Il a martelé à quelques reprises que «toutes les démarches exhaustives ont été respectées à la lettre et selon les procédures administratives de la Loi sur l'organisation territoriale municipale».

En jaune, le périmètre urbain, incluant le territoire... (Photo courtoisie) - image 2.0

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En jaune, le périmètre urbain, incluant le territoire ciblé par la demande d'annexion. En rouge, le périmètre urbain actuel de Desbiens.

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«Ça n'a pas de bon sens»

L'annexion d'une partie de sa municipalité à Desbiens serait un vol pur et simple, selon Gérard Savard, maire de Chambord.

«C'est 330 000$ de taxes que l'on perdrait par année. Ceci représente 15% de notre budget. Ça n'a pas de bon sens. Nous perdrions 20% de notre territoire. La pire des raisons pour faire une annexion est de s'enrichir aux dépens des voisins», affirme l'élu, qui souhaite que le ministre Martin Coiteux donne suite favorablement à la position de sa localité.

«C'est impensable d'aller chercher la section d'une paroisse où l'évaluation municipale est très élevée et de ramasser les taxes qui vont avec.»

En juin dernier, Chambord a fait ses devoirs. Les autorités municipales ont fait parvenir un volumineux document au MAMOT pour éviter que le vent tourne en faveur de la ville voisine. Gérard Savard estime que cette alternative est impensable pour les citoyens qui ne sont pas touchés par la demande d'annexion.

«On ne peut pas surtaxer nos contribuables. Si le secteur visé est éventuellement annexé, on devra réaliser une série de calculs savants et faire suivre les dettes qui vont avec le secteur de villégiature visé», poursuit Gérard Savard.

Entente intermunicipale

Le conseil municipal de Chambord est ouvert à la discussion et ne ferme pas la porte à la mise en place d'une entente intermunicipale avec Desbiens. «Ça demandera de la bonne foi de la part des interlocuteurs touchés. Desbiens pourrait nous fournir les services et nous pourrions nous occuper de faire bâtir les infrastructures. Nous sommes ouverts à payer les coûts inhérents à la dispensation de ces services. Cette solution ne serait pas trop dispendieuse pour nos citoyens.»

Chambord a expédié une missive au député de Roberval et premier ministre, Philippe Couillard, ainsi qu'au ministre Coiteux pour s'assurer qu'un suivi lui soit rapidement effectué lorsque la décision sera prise par le gouvernement.

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