Jonquière-Médic commence à couper les services

Le Dr Roger Gagnon, porte-parole de Jonquière-Médic, a... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le Dr Roger Gagnon, porte-parole de Jonquière-Médic, a mentionné que la décision de ne pas remettre sur la route un deuxième véhicule s'explique aussi par la volonté de bien gérer les ressources humaines qui continuent à tenir le fort.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

En raison d'une baisse de revenus, mais aussi pour des motifs de gestion des ressources humaines découlant de l'application de la loi 20, le conseil d'administration de Jonquière-Médic a décidé de retirer de la circulation un deuxième véhicule qui devait reprendre le service de soins médicaux à domicile à compter de lundi matin.

Par voie de communiqué, la direction de l'organisme explique que la décision fait suite au rejet, le 27 septembre dernier, de la pétition signée par 22 000 citoyens par la commission parlementaire sur la santé formée en majorité de députés libéraux. La pétition a été déposée par le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault. Jonquière-Médic explique que, malgré plusieurs demandes logées au gouvernement Couillard pour tenter de trouver une solution, aucune rencontre n'a pu avoir lieu.

En entrevue, le docteur Roger Gagnon, porte-parole de Jonquière-Médic, a mentionné que cette décision de ne pas remettre sur la route un deuxième véhicule s'explique aussi par la volonté de bien gérer les ressources humaines qui continuent à tenir le fort. M. Gagnon précise que jusqu'à 12 médecins ont déjà été impliqués dans les opérations de l'organisme, un nombre qui est descendu à neuf et puis à six actuellement.

L'organisme croit que le retrait du deuxième véhicule se traduira par une diminution d'environ 3300 visites pour la période du 3 octobre au 31 mai 2017. M. Gagnon ajoute que ces personnes étaient vues à domicile dans des périodes de grande affluence lors de la période grippale, ce qui se répercutera ailleurs aux urgences et les autres services du réseau de la santé.

Il note que dans le secteur de Jonquière, un total de 6000 patients sont déjà inscrits au service de guichet unique parce qu'ils n'ont pas de médecin de famille. Selon lui, le nombre de personnes sans médecin de famille est beaucoup plus élevé. «Nous savons que Jonquière-Médic dessert une partie de la population qui ne veut pas nécessairement avoir un médecin de famille et à qui on sert de dépanneur parce qu'ils ne veulent pas subir d'examen complet. «Le ministre Barrette ne veut pas qu'on les dépanne», affirme M. Gagnon.

Il a déploré que le ministre Barrette soit en train de créer un mouvement de délaissement des services publics pour les tourner vers le secteur privé dans les groupes de médecine familiale (GMF), une façon de faire qui coûtera très chef au trésor public. Malgré tout, le conseil d'administration s'engage à travailler au maintien du service offert à la population. M. Gagnon prévient la population que ce ne sont pas toutes les personnes appelantes qui pourront recevoir des services à domicile.

De son côté, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, déplore la décision qu'a été obligée de prendre Jonquière-Médic, à défaut pour le premier ministre Philippe Couillard de lancer un signal clair de conserver ce service que s'est donné la population il y a 34 ans. «Les libéraux ont refusé d'entendre une pétition signée par 22 000 citoyens.» Le député ajoute que le gouvernement aurait une belle occasion de faire exception pour la région comme il l'a fait pour une clinique de superinfirmières dans la région de Québec. «On ne demande pas d'établir des Jonquière-Médic dans toutes les régions du Québec jusqu'au Nunavut, mais de faire exception pour un service financé en partie par la population.»

M. Gaudreault croit que la position du gouvernement est justifiée par une profonde méconnaissance du dossier par le premier ministre Couillard. Selon lui, le premier ministre semble croire que Jonquière-Médic est une organisation de campagne de l'époque d'Émilie Bordeleau avec des médecins qui se promènent dans les campagnes avec des valises noires à la recherche de patients à soigner.

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