De la sensibilisation en classe

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Depuis trois ans Tamara Thompson inclut un module sur les dons d'organes dans ses cours d'anglais. La prise de conscience est fulgurante auprès des élèves.

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Louis Potvin
Le Quotidien

C'est parce qu'elle croit à l'importance du don d'organes que la professeure d'anglais de la Polyvalente Jean-Dolbeau Tamara Thompson a inclus un module dans ses cours et est devenue porte-parole régionale du mouvement Chaîne de vie.

«Je suis vraiment surprise des répercussions que génère ce module sur le don d'organes dans mes classes. Les jeunes constatent l'importance et en discutent avec leurs parents. Je sens que ça fait changer les choses. Il faut informer la population de l'importance de signer et d'accepter les dons d'organes», explique la professeure. On estime que près de 40% des familles de donneurs potentiels hésitent encore à autoriser le don d'organes, souvent parce qu'elles n'ont pas eu le temps d'aborder le sujet avec la personne avant son décès.

Il y a trois ans, Tamara Thompson a inclus dans son cursus scolaire de 4e et 5e secondaire ce module qui se déploie sur environ 10 périodes de 75 minutes.

«Au début, je m'aperçois que beaucoup de jeunes n'avaient pas signé leur carte. Plus le cours avance, ils le font. Ils saisissent l'importance du don d'organes grâce à des vidéos très poignantes sur le sujet et des démonstrations. Aussi, je fais une mise en situation où ils sont tous en attente d'une greffe. Alors, quand je les sépare et que seulement 30% d'entre eux vont recevoir un organe et que les autres n'auront pas cette chance et vont vraisemblablement mourir, l'image est très forte et ils saisissent toute l'importance du don d'organes pour accroître cette proportion», relate-t-elle.

L'enseignante est donc une «porte-étendard» du mouvement Chaîne de vie qui vise à rappeler aux gens l'importance du don d'organe. «Mes jeunes en discutent avec leurs parents à la maison et les convainquent d'accepter si jamais ça leur arrivait. Il faut démystifier les peurs et craintes entourant ce sujet», lance-t-elle.

Tamara Thompson n'est pas la seule dans la région à offrir ce module d'anglais spécial. Elle souhaite par contre que la majorité des professeurs le fasse.

«Les jeunes sont intéressés. En plus de les amener à réfléchir sur la question, comme ils sont intéressés, ils s'améliorent dans leur matière», indique-t-elle.

Gravir les monts Valin

Son implication va jusqu' à gravir le sentier montant au Pic de la Tête de chien des monts Valin le 16 octobre. «Au moins 15 élèves vont venir avec moi pour le faire. Ce sont des jeunes qui sont convaincus.»

Il s'agit d'une manière de financer le déploiement du projet dans d'autres écoles à travers le Québec.

L'explorateur Mario Bilodeau participe également à Chaîne de vie pour deux raisons; son implication à la Fondation Sur la pointe des pieds et pour son expérience comme grimpeur.

«Régulièrement, je constate les besoins en dons d'organes pour des jeunes atteints du cancer que je côtoie avec la fondation. Le temps d'attente peut être long, très long. Ce n'est pas évident pour eux. C'est pour cette raison que je m'implique et invite les gens à signer leur carte de don d'organes et surtout de dire aux proches de personnes décédées d'accepter le retrait des organes, ça sauve des vies. Je le constate souvent», a-t-il déclaré.

C'est le 16 juin prochain qu'aura lieu l'ascension d'un des secteurs des monts Valin.

Cathy Saint-Germain va être reconnaissante toute sa vie... (Photo courtoisie) - image 2.0

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Cathy Saint-Germain va être reconnaissante toute sa vie envers son frère qui lui a fait don d'un rein.

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Le cadeau d'une vie

Le plus beau cadeau de vie pour Cathy Saint-Germain a été un don d'organe; un rein provenant de son frère Jimmy.

«On dit qu'il y a toujours du positif dans une épreuve. Et bien moi, après tant d'années à vivre avec une insuffisance rénale, mon seul point positif, ç'a été le don de soi, le don de vie de mon frère qui m'a donné un rein pour que je vive mieux. J'en serai reconnaissante toute ma vie», s'exclame Cathy Saint-Pierre, cette femme de 50 ans originaire de la région.

Elle démontre par son témoignage toute l'importante des dons d'organes. «Dans mon cas, c'est mon frère qui a fait un don de son vivant. Mais ça aurait pu être un rein provenant d'une personne décédée. D'ailleurs, avant de recevoir celui de mon frère, j'ai eu un appel pour recevoir un rein, mais à la toute dernière minute avant l'opération ça n'a pas fonctionné, car le rein ne convenait pas. J'ai donc passé par une très grande joie et une totale déception. Plus il va y avoir de gens qui donnent, plus il y aura de personnes heureuses comme moi», témoigne-t-elle.

C'est en février 2016 que Cathy a reçu la transplantation. Son frère avait entrepris les démarches 18 mois plus tôt.

«Il a trouvé ça long et pénible les démarches. Le personnel soignant ne prend aucune chance. C'est un processus extrêmement rigoureux. Il faut que la personne soit en très grande forme physique et solide psychologiquement. C'est dans une réunion de famille en juin 2014 que j'ai annoncé que je devais suivre de la dialyse. C'est à ce moment que Jimmy m'a dit qu'il me donnerait un rein. Je ne le croyais pas et je pensais qu'il le faisait sur un coup de tête, mais non, il en avait parlé à ma mère quelques mois auparavant», relate-t-elle.

Nouvelle vie

La vie de Cathy a donc complètement changé depuis février. Elle est en très bonne santé et va recommencer à travailler bientôt. À part d'être affaiblie par les médicaments antirejet, elle se sent à merveille. Ce qui n'a pas été le cas pendant une grande période de sa vie. Elle a presque toujours vécu avec des problèmes rénaux. «Quand j'avais 11 ans, il y a eu du dépistage dans la région. On faisait passer un test d'urine aux enfants. J'habitais à Falardeau. C'est là qu'on a découvert que j'avais des taches sur les reins. J'ai donc eu une opération peu de temps après», raconte la femme qui vit en Outaouais depuis plusieurs années.

Malgré l'opération, une malformation à un clapet permettait à de l'urine de remonter jusqu'au rein, ce qui l'a obligée d'avoir une diète très stricte toute sa vie et de ne donner naissance qu'à un seul enfant. Cathy a dû composer avec des reins qui s'affaiblissaient au cours des ans jusqu'à être contrainte à des traitements de dialyse en 2014. Une greffe était inévitable.

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