Un prix pour un logiciel à Vienne

Le professeur de l'UQAC Raphaël Khoury se spécialise... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le professeur de l'UQAC Raphaël Khoury se spécialise dans la sécurité des programmes. Il a oeuvré à développer le logiciel récipiendaire du prix «Best Paper Award».

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PAGE UQAC / L'un des projets du Laboratoire d'informatique formelle a reçu le prix «Best Paper Award» lors d'une conférence à Vienne, il y a deux semaines.

Sylvain Hallé, le cofondateur du laboratoire, y est allé présenter un logiciel développé à l'UQAC, qui touche à la sécurité des documents. Ce dernier a été choisi, parmi tous les autres, comme étant le meilleur.

«L'article du projet que j'ai présenté à la conférence a été évalué par les pairs, comme tous les autres. Chaque année, il y a un article qui est sélectionné parce qu'il est le meilleur, et cette année, ç'a été notre présentation», explique M. Hallé.

Le programme en question a été développé de concert avec le professeur Raphaël Khoury. C'est un logiciel qui permet d'enregistrer l'historique de tous les changements qui ont été réalisés sur un document, de façon à s'assurer de sa légitimité. Par exemple, raconte M. Khoury, un médecin peut faire un document avec une prescription, et un pharmacien y a accès et peut y ajouter quelque chose. Tous deux peuvent voir quelles modifications ont été faites et qui en est l'auteur.

«Recevoir un prix comme celui-là, c'est un beau compliment. C'est aussi une belle carte de visite, car ça ajoute de la crédibilité lorsque quelqu'un va se renseigner sur nos projets et ce que l'on fait. C'est également une preuve de reconnaissance, parce qu'il y a beaucoup de travail qui a été fait en amont», conclut M. Hallé.

Quand les maths égalent fiabilité

Avec le nombre de nouvelles technologies et de leurs applications possibles pour celles-ci, il devient de plus en plus important de développer des logiciels plus stables et sécuritaires. C'est d'ailleurs le point de vue du personnel du Laboratoire d'informatique formelle de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Depuis quelques années, le professeur et cofondateur du laboratoire, Sylvain Hallé, développe des programmes et logiciels qui mélangent l'informatique et les mathématiques formelles. «Il n'y a pas d'ambigüité avec les mathématiques. Ça permet de démontrer des choses. On peut expliquer très clairement pourquoi quelque chose fonctionne ou non. Ce sont des techniques très fiables qui permettent de développer des logiciels fiables également», raconte M. Hallé.

«C'est utile, car les systèmes informatiques sont très complexes, alors si on peut raisonner mathématiquement sur les programmes, sur le fonctionnement de l'ordinateur, on peut éviter les vulnérabilités ou le mal fonctionnement», ajoute le collègue de M. Hallé, Raphaël Khoury.

Les projets du laboratoire ont des applications très concrètes. Par exemple, M. Hallé et ses étudiants ont créé un programme qui permet de détecter les bogues dans les interfaces des sites web.

«Ça analyse ce qu'on voit lorsqu'on est sur une page web. On explique au logiciel à quoi doit ressembler la page, et il l'analyse pour détecter les problèmes. Ça peut être très mineur comme ça peut être très gros. Et le programme ne fait pas que dire qu'il y a un problème, il l'identifie également», raconte Sylvain Hallé. Il ajoute que son équipe a analysé une cinquantaine de sites, et qu'ils ont trouvé des problèmes sur chacun d'entre eux.

M. Hallé ajoute que le plus souvent, les logiciels créés par le laboratoire sont accessibles gratuitement sur un site internet. De cette façon, tout le monde y a accès, peut voir les mises à jour, et peut les télécharger et les modifier selon leur intérêt.

Raphaël Khoury, quant à lui, se spécialise dans la sécurité des programmes, l'un des domaines qui touchent l'informatique formelle.

«C'est vraiment intéressant, car c'est un peu comme un combat. On suppose que le programme va être attaqué et on doit agir en conséquence», raconte M. Khoury.

Par exemple, il a conseillé l'université sur la création de mots de passe sécurisés. M. Khoury travaille également à développer un projet avec une compagnie d'assurance pour créer un logiciel qui permettrait de régler les bogues lors des transactions financières qui se font par internet. «Il y a des quantités d'informations, mais ce logiciel permettrait de remarquer plus rapidement s'il y a des fraudes», raconte-t-il.

Manque de personnel

En tout, entre quinze et vingt personnes, tant des étudiants que des professeurs, travaillent au Laboratoire d'informatique formelle. Toutefois, il n'y a pas assez d'étudiants qui y participent, selon Raphaël Khoury.

«On a quelque chose comme 7 millions de dollars en financement. On a plein de projets que l'on aimerait développer, mais on n'a pas assez de monde. On n'a personne pour utiliser les subventions alors que c'est à ça qu'elles servent. Elles permettent aux gens de faire des maîtrises et des doctorats», ajoute le professeur.

Selon Sylvain Hallé, le laboratoire va se concentrer davantage, au cours des prochaines années, à développer le plein potentiel des programmes qui ont été créés. «On veut donner un "boost", étendre les différentes applications possibles. On va récolter ce que l'on a semé», ajoute-t-il.

«On a les fonds, on a les idées. Alors on recrute. Ce qui nous manque, c'est vraiment les ressources humaines», conclut M. Khoury.

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