Assermentation au féminin

Tania Mateus, Stéphanie Pelletier, Katrine Martel et Roxanne... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Tania Mateus, Stéphanie Pelletier, Katrine Martel et Roxanne Claveau ont joint les rangs de l'armée canadienne, vendredi.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Quatre femmes de la région ont porté allégeance à la reine, vendredi matin. Roxanne Claveau, Katrine Martel, Tania Mateus et Stéphanie Pelletier se sont enrôlées au sein des Forces armées canadiennes lors d'une cérémonie d'assermentation toute féminine.

La cérémonie au caractère bien spécial avait lieu vendredi matin, au Centre de recrutement des Forces armées canadiennes de Chicoutimi. L'armée avait voulu souligner l'implication des femmes dans ses rangs.

Les quatre jeunes femmes et leur famille étaient fébriles lorsqu'elles ont pénétré dans la salle. Tour à tour, elles ont porté allégeance à la reine Élizabeth II, jurant solennellement de la servir.

Âgée de 21 ans, Roxanne Claveau est originaire de Saguenay. Elle s'est engagée comme manoeuvrière. Âgée de 18 ans, Katrine Martel demeure à Saint-Ambroise deviendra technicienne médicale. Tania Mateus a 35 ans. Originaire de Montréal, elle vit à Bagotville depuis un an et demi avec son mari, qui est militaire. Elle s'est enrôlée comme commis de gestion des ressources. Mère d'un petit garçon, Stéphanie Pelletier a 26 ans. Elle est originaire de La Baie et occupera un poste de technicienne en approvisionnement.

Mais qu'est-ce qui a poussé ces quatre femmes à rejoindre les rangs de l'armée canadienne?

«Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je trouve que c'est un beau défi de dépassement de soi. Je suis prête», a fait valoir Stéphanie Pelletier, qui était accompagnée de son jeune garçon, Eddy. Évidemment, s'enrôler dans les Forces demande son lot de sacrifices. Surtout que la mère partira le 8 octobre pour un camp de recrues de 12 semaines.

«Je ne vous dirai pas que je ne pleurerai pas! C'est sûr que je vais m'ennuyer, mais c'est un coup à donner pour une belle carrière», a affirmé Mme Pelletier. Eddy aussi va s'ennuyer de sa mère. «Oui, j'ai de la peine, mais je suis fier de ma maman et elle va faire ce qu'elle aime», a confié le petit homme, ajoutant avoir hâte de voir sa mère en uniforme de militaire.

De son côté, Tania Mateus songeait à l'armée depuis de nombreuses années. Son mari étant militaire, elle a finalement fait le saut cette année. Elle est d'ailleurs fière de voir d'autres femmes faire la même chose. «C'est encourageant de participer à une cérémonie féminine, ça va peut-être montrer à d'autres femmes que c'est possible», a affirmé Mme Mateus.

Pour les deux plus jeunes, Roxanne Claveau et Katrine Martel, l'armée offre des conditions de travail avantageuses et une possibilité de carrière intéressante.

«Ça nous permet aussi de faire bouger les choses, à notre manière. Je trouve que c'est une bonne cause», a affirmé Katrine Martel. «J'y songeais depuis longtemps et je ne savais pas trop quoi faire comme carrière alors j'ai décidé de m'enrôler», a ajouté Roxanne Claveau.

Les quatre femmes vivront leur camp de recrues à Saint-Jean-sur-Richelieu, après quoi elles étudieront leur métier respectif. Elles ne savent pas encore sur quelle base elles seront postées par la suite. Mais les déménagements et les missions à l'étranger ne font pas peur aux quatre nouvelles militaires.

Inconduite et agressions sexuelles

Questionnées sur les nombreux cas d'inconduite sexuelle subis par les femmes militaires au sein des Forces, les quatre militaires ne sont pas inquiètes.

«Ce n'est plus ce que c'était. Et il y a plus de ressources maintenant si nous avons des problèmes», a affirmé Katrine Martel.

«Les femmes sont de plus en plus acceptées dans l'armée», a ajouté Tania Mateus.

De la place pour 4400 personnes

Chaque année, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, environ 120 personnes s'enrôlent au sein des Forces canadiennes. Cent-vingt autres personnes deviennent réservistes, c'est à dire militaire à temps partiel, en plus de leur carrière de civil. Selon le capitaine Pierre Pelletier, 4400 personnes de la région pourraient décider de rejoindre l'armée. «Nous aurions de la place pour 4400 Saguenéens et Jeannois, puisqu'il n'y a pas de quotas», a indiqué le capitaine Pelletier. Évidemment, toutes ces personnes ne travailleraient pas à Bagotville, mais sur l'une ou l'autre des bases canadiennes.

Objectif: une femme sur quatre militaires

Les Forces canadiennes espèrent que d'ici dix ans, un militaire sur quatre soit une femme. «L'armée canadienne poursuit ses efforts afin de mieux refléter la société», a affirmé le capitaine Pierre Pelletier. D'ailleurs, la directrice générale d'Accès-Travail-Femmes, Thérèse Belley, était l'invitée d'honneur de la cérémonie de mercredi. Elle s'est dite ravie de souligner l'implication de quatre femmes qui se lancent dans une carrière traditionnellement masculine. «Au-delà de cet accomplissement personnel, c'est le domaine des Forces qui se trouve enrichi par la venue et l'augmentation de la présence féminine dans ses rangs.»

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