Chassé acquitté d'avoir abattu le chien Goliath

Richard-Yves Chassé a été acquitté des quatres chefs... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Richard-Yves Chassé a été acquitté des quatres chefs d'accusation dont celui d'avoir volontairement tué le chien de ses voisins.

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Richard-Yves Chassé est acquitté de toutes les accusations déposées contre lui, notamment d'avoir abattu volontairement Goliath, le bouledogue américain de ses voisins.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a rendu son verdict vendredi après-midi au Palais de justice de Chicoutimi en présence de l'accusé et de sa conjointe, mais aussi des propriétaires du molosse et des membres de leur famille. Il retient que l'accusé a tiré sur un chien qui fonçait sur lui.

M. Chassé était accusé d'avoir, le 10 octobre 2013, abattu volontairement un chien, de lui avoir infligé volontairement des blessures, d'avoir utilisé une arme à feu de façon négligente et du mauvais entreposage de son arme dans son garage. Les événements s'étaient produits à la résidence de M. Chassé, sur le chemin du Cap, à Saint-Honoré.

Il faut se souvenir que le matin du 10 octobre 2013, M. Chassé est sur son terrain lorsqu'il aperçoit deux chiens, dont Goliath. Il tente de les faire fuir, mais le molosse fonce sur lui. Il se réfugie dans son garage.

Il a tenté de sortir à nouveau, mais Goliath s'est à nouveau élancé en sa direction. Quelques instants plus tard, Goliath s'est attaqué au veau de M. Chassé. C'est là qu'il est parvenu à sortir de son garage et à se rendre dans une pièce du bâtiment pour y prendre sa carabine de calibre .22.

Son intention était de tirer en l'air pour faire peur au bouledogue américain, mais celui-ci s'est encore une fois lancé en sa direction. Il n'a pas eu d'autre choix que de tirer vers l'animal.

Dans sa décision, le magistrat a d'abord rejeté les défenses de légitime défense (ça s'adresse aux humains), de la défense des biens (relatif aux personnes), à ce qu'un homme raisonnable aurait fait dans les circonstances et du fait qu'il ne voulait pas atteindre le chien (il a pourtant tiré en sa direction et non pas dans les airs).

«Mais je retiens l'excuse légitime. Il n'avait pas de fardeau contre lui et il devait uniquement susciter un doute raisonnable. Je sais que M. Chassé a menti aux propriétaires du chien en disant ne pas avoir tiré, que ça pouvait être une balle perdue. Même lorsque la policière lui a dit qu'il pouvait s'agir de légitime défense, il a continué à nier. Ce n'est pas très chic et ça n'honore pas M. Chassé. Mais la question n'est pas là. Est-ce que la version des faits est invraisemblable? Est-ce que je dois le punir pour avoir menti?», s'est interrogé le juge Daoust.

Le juge retient le témoignage du vétérinaire expert Yves Dubord, qui a confirmé que la balle était entrée par le museau et non par l'arrière de la tête, comme une autre vétérinaire l'avait dit.

Ce dernier a aussi expliqué que Richard-Yves Chassé est le seul témoin des événements. Il a été démontré que le chien Goliath est un gros chien qui pouvait être menaçant.

«La preuve de la poursuite démontre que le veau a été attaqué, même si le rapport de la police n'en parle pas. Même chose pour un amoncellement de roche dans l'entrée, qui aurait pu être fait par le chien. Ces éléments ont été corroborés par l'accusé dans ses témoignages et ceux des témoins.»

«Avec tout ça, je n'ai pas de preuve que M. Chassé a été négligent et qu'il a agi méchamment à l'endroit du chien des voisins», a ajouté le juge Daoust.

Me Charles Cantin croit que la version de... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Me Charles Cantin croit que la version de son expert Yves Dubord a été déterminante.

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Jimmy Dorval, le propriétaire de Goliath, a préféré... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.1

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Jimmy Dorval, le propriétaire de Goliath, a préféré ne pas émettre de commentaires à sa sortie de la salle du tribunal.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Me Cantin et son client soulagés

«C'est difficile à dire comment je me sens. Après trois ans, on se sent bien. Il y a un certain soulagement d'avoir été acquitté. Et même si on reste voisin, ce n'est pas tellement grave, malgré le harcèlement que nous avons subi pendant quelques années. Mais est-ce que l'on se laisse manger par un animal dangereux pour autant? Je pense que le juge vient de dire non.»

Un énorme poids vient de tomber des épaules de Richard-Yves Chassé. Il tourne la page et entend passer à autre chose.

M. Chassé sait très bien que sa bataille juridique n'est pas terminée. Il doit faire face à une poursuite de 229 000$ de la part de Jimmy Dorval et Julie Michaud.

Sans vouloir en dire davantage, M. Chassé a lui-même laissé voir que ce dossier n'était pas terminé, qu'il pourrait y avoir des suites.

Interrogé à savoir s'il voulait entamer une poursuite, M. Chassé a mentionné que ce n'est pas ce qu'il a dit.

Son avocat, Me Charles Cantin, était bien heureux de la tournure des événements. Mais il croyait fermement que son client serait acquitté de tous les chefs d'accusation.

«La question principale dans ce dossier, c'est que la scène de crime parlait d'elle-même. Tout était corroboré par les témoignages et notamment ceux de la défense.»

«D'ailleurs, le point tournant fut le témoignage de notre expert (le vétérinaire Yves Dubord) qui a été retenu. L'expert de la poursuite amenait l'hypothèse que le chien avait été tiré de dos, alors qu'en défense, on a fait la preuve qu'il avait été tiré par en avant, supportant la thèse que le chien pouvait avoir un comportement menaçant. Tout est là dans la scène de crime», a mentionné Me Cantin.

Du côté des propriétaires de l'animal, M. Dorval et Mme Michaud n'ont pas voulu faire de commentaires.

Au ministère public, Me Claudine Roy a mentionné que le juge a retenu la thèse de la défense voulant que l'accusé ait voulu se protéger du chien.

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