Dossier Dany Harvey: Me Fradette interpelle le maire

Le policier Dany Harvey ronge toujours son frein... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le policier Dany Harvey ronge toujours son frein à la maison. Même s'il est payé, il a hâte de reprendre son travail.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le criminaliste Jean-Marc Fradette demande l'intervention de Jean Tremblay dans le dossier du policier Dany Harvey. Il s'interroge sur la position du maire face au «gaspillage des deniers publics» avec la suspension du policier, estimant qu'une vendetta est menée aux frais des contribuables.

Dans une entrevue accordée au Quotidien, Me Fradette admet qu'il n'en revient toujours pas que son client n'ait pas encore été réintégré dans ses fonctions, trois semaines après la décision du juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, de l'acquitter de voies de fait sur une mineure.

Selon nos informations, Saguenay devra faire un chèque d'environ 125 000$ à 130 000$ à M. Harvey pour le remboursement du salaire perdu au cours des 19 derniers mois (il recevait la moitié de son salaire) et pour les divers avantages sociaux (vacances, assurances, etc.).

De plus, comme M. Harvey est toujours suspendu de ses fonctions, il perçoit maintenant son plein salaire depuis trois semaines tout en étant à la maison.

«Et ce n'est pas fini. L'enquête disciplinaire se poursuit et pourrait durer quelques mois. Selon la décision finale, d'autres délais pourraient s'ajouter. Ça va coûter cher (une poursuite civile sera aussi déposée)», croit Me Fradette.

«J'interpelle le maire Jean Tremblay. Il dit avoir à coeur les deniers publics. Il doit intervenir dans ce dossier et poser des questions sur la façon de faire des membres de l'état-major de la police. Le maire devrait interroger le chef de la police, Denis Boucher, afin de comprendre ce qui se passe, car ce gaspillage des taxes des citoyens est inacceptable», lance Me Fradette.

L'avocat de la défense estime que son client a été assez patient. Il y a maintenant trois semaines que le jugement du tribunal a été rendu. Dany Harvey a été réintégré au travail la semaine dernière, mais a été immédiatement suspendu pour la suite de l'enquête interne sur les mesures disciplinaires.

«Mon client en a marre d'être chez lui à ne rien faire. Il veut retourner au travail. J'ai l'impression que les dirigeants cherchent des motifs pour le congédier. Une décision judiciaire a pourtant été rendue», indique Me Fradette.

L'enquête disciplinaire ne porte plus uniquement sur les événements de décembre 2014, mais aussi sur le témoignage du policier à son procès.

Le 28 juin, il avait été admis en preuve que des éléments de l'enquête de Marc Sénéchal (notes, brouillons et vidéos) étaient disparus ou avaient été détruits. L'information a été confirmée par M. Sénéchal.

Il avait aussi été précisé que M. Harvey avait eu une fin de non-recevoir de la part de Denis Boucher lorsqu'il demandait du renfort dans le secteur de La Baie. M. Boucher avait confirmé l'information, disant qu'il y avait eu une mésentente en raison de l'acharnement de Dany Harvey.

«Et ce sont ces deux mêmes personnes qui poursuivent l'enquête disciplinaire. Il y a conflit d'intérêts. Cette situation est inacceptable.»

«Toute cette histoire a les allures d'un règlement de comptes, car l'état-major n'est pas content de l'acquittement. On lui reproche d'avoir nui à l'image de la police de Saguenay. Ce n'est pas le cas. M. Harvey avait droit à une défense pleine et entière. Mon client a eu droit à un traitement vraiment spécial, car lors d'une enquête interne, on réaffecte les policiers à un autre poste. Mon client a été renvoyé chez lui», a conclu Me Fradette.

Du côté de la Sécurité publique de Saguenay, elle a fait savoir récemment qu'elle ne commentait plus le dossier de son policier. Quant à la Fraternité des policiers et policières de Saguenay, les dirigeants ne veulent pas faire de commentaires.

Jean Tremblay au courant du dossier

«Je connais très bien le dossier de M. Harvey. Pas plus tard que ce matin, j'étais en discussion avec l'état-major de la police et la direction générale de la ville pour en discuter. Et je ne fais pas que poser des questions. Mais je ne vais pas non plus étaler ça sur la place publique.»

Interrogé par Le Quotidien, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a bien voulu faire quelques commentaires dans cette affaire concernant un policier de Saguenay qui a été suspendu une nouvelle fois pendant une enquête disciplinaire interne.

L'avocat de Dany Harvey, Me Jean-Marc Fradette, demande l'intervention du maire dans ce dossier.

«Je suis au courant, mais je n'ai pas l'intention d'en dire davantage dans les médias. On va régler nos affaires à l'interne. Il n'est pas question de dire comment ça va finir dans le journal», ajoute le maire Tremblay.

Ce dernier précise qu'il n'est pas question pour lui de se mêler des dossiers judiciaires touchant ses employés, mais lorsqu'il est question de mesures disciplinaires, il veut y voir.

«Et ce n'est pas spécifique au corps policier. Si un employé des travaux publics fait l'objet d'une mesure disciplinaire, je veux être au courant et je vais y voir. C'est ce que je fais dans l'affaire dont vous me parlez.»

«Au cours des dernières années, il y a eu des changements à la police de Saguenay et je peux dire que nos policiers sont très efficaces», a conclu le maire Tremblay.

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