Rio Tinto présente les études d'impact pour Vaudreuil

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La direction du Complexe Jonquière a entrepris, mardi soir, le processus de consultations publiques Vaudreuil au-delà de 2022.

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Le directeur général du Complexe Jonquière, Jean-François Nadeau.

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Le projet vise l'optimisation du site actuel et l'ouverture d'un nouveau site de disposition des résidus de boues rouges à compter de 2030. Pour l'occasion, une centaine de citoyens se sont déplacés à l'hôtel La Saguenéenne afin d'assister à la présentation des études d'impact réalisées par quatre firmes externes portant sur les milieux physique, biologique, socio-économique et humain. Les citoyens ont pu interroger les experts pendant une bonne partie de la soirée.

Le directeur général du Complexe Jonquière, Jean-François Nadeau, a expliqué de nouveau que le projet est justifié par le fait que le site actuel arrivera à sa pleine capacité d'entreposage en 2022, d'où l'intention de l'entreprise d'optimiser le site actuel dans une première phase avec l'aménagement d'une usine de filtration qui permettra d'extirper la partie liquide des résidus. Ceci permettra d'augmenter sa durée de vie de sept à huit ans. Le centre du site sera élevé de 30 mètres supplémentaires à son point le plus élevé, mais devrait demeurer invisible par la conservation de la forêt existante ou la plantation d'arbres.

M. Nadeau a expliqué que le projet a quelque peu évolué puisque l'usine de filtration sera aménagée sur le site du Complexe Jonquière près de l'usine Vaudreuil. Originalement, l'usine devait être aménagée entre les deux sites d'entreposage, soit celui actuel et le futur site. « Ce changement permettra de minimiser l'impact de l'opération de pompage des résidus. Nous réduirons le bruit puisque nous utiliserons une courroie tubulaire qui se referme pour former un tuyau d'un diamètre d'environ huit pouces sur un kilomètre et demi. Une fois sur place, les résidus seront transportés par camion jusqu'à leur destination finale », explique-t-il.

Rio Tinto s'engage à restaurer les trois sites d'entreposage des résidus de boue rouge, soit les deux adjacents au Complexe Jonquière et l'ancien site de Laterrière. Ils seront recouverts d'un mélange (un pied d'épaisseur) de terreau synthétique composé de résidus de bauxite, d'autres provenant de l'industrie des pâtes et papiers, de paille et graminées spéciales dont les racines ne s'enfoncent pas très profondément dans le sol.

Impacts 

Le document synthèse remis au public établit une liste d'une quarantaine d'impacts finaux négatifs ou positifs du projet soit après l'application de mesures d'atténuation durant la présentation du projet.

On y mentionne que l'aménagement du site est susceptible de causer la détérioration de la qualité de vie des quartiers environnants (Panoramique et Côte-Réserve) qui pourra être atténuée par la mise en place d'un mécanisme de suivi et un engagement de RT à assurer la pérennité de la zone tampon de 500 mètres autour du site projeté. La restauration progressive des sites, la mise en place de moyens d'information et de consultation sont proposées par les études.

Le nouveau site entraînera la perte d'espaces récréatifs liés à la pratique du vélo de montagne, de la raquette, de la marche et de la motoneige. La relocalisation des sentiers de vélo et d'un tronçon de motoneige et le maintien de la zone tampon figurent dans les mesures d'atténuation.

En ce qui a trait à la qualité du milieu physique, tel que rapporté déjà, le transport par camionnage des résidus et la génération de poussières qui en découle constituent les principaux impacts. L'utilisation d'abat-poussières et la limitation de la vitesse des camions figurent parmi les mesures de prévention et d'atténuation.

La perte possible de valeur de propriétés résidentielles, les impacts psychosociaux liés à la proximité du site, l'héritage aux générations futures lié à l'augmentation de l'empreinte industrielle en milieu urbain figurent dans la liste des impacts.

Des citoyens s'interrogent

La soirée de consultation organisée par Rio Tinto mardi soir a été l'occasion pour certains citoyens de remettre en question les études produites et de s'interroger sur le caractère indépendant de la démarche.

Le premier citoyen à intervenir, Louis-Philippe Thibault, a interrogé le panel d'experts concernant les risques toxicologiques associés à l'émission de poussières fines susceptibles de causer des silicoses en s'interrogeant sur la valeur des indices. M. Thibault a demandé si l'indice tenait compte des quantités de poussières déjà existantes (bruit de fond) auxquels s'ajouteront de nouvelles émissions provenant du futur site. La docteure en toxicologie Marie-Odile Couchécourt a expliqué que toute la démarche permettant d'évaluer les niveaux de risque est basée sur des hypothèses prudentes et des modèles bien définis par les normes des ministères concernés. « Notre étude démontre que l'indice de risque dû au bruit de fond est surestimé puisqu'il tient compte de l'apport d'émissions des cuves précuites qui auront cessé leurs opérations au moment de la réalisation du projet et les apports moindres qui proviendront de la nouvelle usine AP60. »

La citoyenne Diane Brassard, une ex-chercheuse en sciences sociales, a interrogé le panel d'experts concernant les avertissements de limitations de l'étude Sanexen portant sur les risques toxicologiques. Sanexen présume que les données qui lui ont été fournies par RT sont exactes et bien fondées. Sanexen ne peut garantir l'exactitude des données disponibles dans les études antérieures servant de base à l'évaluation du risque.

Mme Couchécourt a mentionné que ce type d'avertissement est très courant et vise à limiter la responsabilité légale de l'entreprise, ce qui ne signifie pas que la qualité des données fournies par RT est douteuse. « Ce n'est pas moi qui ai généré ces données et c'est pour ça qu'on a limité notre responsabilité. Les données sont de qualité adéquate et s'il y a incertitude, nous avons pu en discuter avec le promoteur », a-t-elle mentionné.

Parmi les interrogations soulevées par les citoyens, il a été question de la perte de valeur des propriétés résidentielles entourant le futur site, les options étudiées par RT pour la détermination du nouveau site ainsi que les efforts pour tenter de revaloriser les boues rouges plutôt que leur entreposage.

En fin de soirée, le comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) et sa présidente, Lana Pedneault, a émis un communiqué dans lequel il ne remet pas en doute la compétence des firmes impliquées dans l'étude d'impact sur le milieu social et l'environnement, mais le lien d'affaires avec le promoteur soulève des questions.

Le CVD constate que les firmes ont reçu le mandat et les échantillonnages de Rio Tinto, ce qui crée un déficit de crédibilité.

« De plus, concernant l'étude sur la santé, réalisée par Sanexen, nous nous questionnons sur le niveau de risques pour la santé publique, notamment en regard des particules fines dans l'air et de la silice cristalline respirable. Nous surveillons attentivement la situation vécue présentement par les citoyens vivant à proximité de la mine de Malartic, alors que ces derniers remettent en doute les résultats d'une étude similaire réalisée par Sanexen. Le CVD sera plus rassuré lorsque la Direction de la santé publique donnera son avis sur cette étude. »

Interrogé un peu plus tôt sur cet aspect du processus, M. Nadeau a rappelé que dans tous les cas de consultations publiques, dont ceux encadrés par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), ce sont toujours les promoteurs qui paient pour les études.

Soulignons que la consultation de mardi soir a été suivie par quatre conseillers de Saguenay ainsi que par le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, qui n'est pas intervenu. La prochaine étape aura lieu le 26 octobre prochain avec le dépôt de mémoires.

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