Une technologie innovatrice pour la voie de contournement d'Isle-Maligne

Ce secteur situé au nord du cimetière d'Isle-Maligne... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Ce secteur situé au nord du cimetière d'Isle-Maligne est constitué d'argile compressible qui devra être drainé par une nouvelle tehcnique afin d'éviter que la route s'affaisse au fil des ans.

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Le projet, évalué entre 50 et 100 M$ par le MTQ, comporte plusieurs éléments techniques complexes en raison du tracé retenu. Il s'agit d'un tracé situé en bordure d'un ravin dans lequel s'écoule le ruisseau à Jack. On y retrouve de l'argile sur pratiquement toute la longueur de 4,5 kilomètres entre le site du cimetière de Naudville et la route 172.

L'ingénieur Guillaume Gravel, chargé de projet à la direction régionale, indique qu'il y avait une problématique plus importante sur une distance de 1,5 kilomètre. À partir des sondages de sol et des différentes analyses, le ministère est parvenu à restreindre la zone à un tronçon de 250 mètres situé juste au nord du cimetière de Naudville qui fera l'objet d'utilisation de drainages verticaux.

«Si nous n'avons pas recours à cette technique, nous allons nous retrouver avec une partie de route qui va constamment s'affaisser sur une très longue période. Ce qui va représenter des problèmes de sécurité et nécessiter des travaux de réfection régulièrement», explique le chargé de projet.

L'ingénieur-géologue Jean-Pierre Boivin ajoute que le type d'argile que l'on retrouve dans ce secteur de la région est gorgé d'eau. Le poids d'une structure routière le ferait s'enfoncer et par conséquent, descendre la route. Ce banc d'argile qui est d'une profondeur de 40 mètres rend impossible l'option de recourir à son excavation.

Technique

Jean-Pierre Boivin précise que plusieurs routes de la région ont été construites sur des terrains d'argile. Il s'agit toutefois d'argile non compressible qui offre une assise beaucoup plus stable que l'argile compressible que l'on retrouve sous le contournement d'Isle-Maligne.

«Nous allons effectuer, sur le tronçon de 250 mètres, des forages à plusieurs endroits. On va installer des drains verticaux en membrane dans chacun des trous et recouvrir la surface d'une couche de sable. Après cette étape, on va transporter sur toute la largeur de la route et sur 250 mètres de long une couche de trois mètres d'épaisseur de pierre», explique l'ingénieur-géologue.

Pendant une année, le poids de la couche de pierre va faire en sorte de mettre de la pression sur l'argile située sous la route. Les centaines de drains verticaux vont permettre à l'eau de sortir à la surface et d'être récupérée dans la couche de sable. Les drains verticaux vont d'une certaine façon devenir des cheminées par lesquelles l'eau va remonter à la surface sous l'effet du poids de la pierre.

«On croit que nous allons pouvoir obtenir pendant cette année une compression d'un mètre de l'argile sous le tracé. Dans le fond, on obtient en une année ce qui aurait pris 100 ans sans drainage vertical avec le poids de la route», reprend Jean-Pierre Boivin.

Les professionnels du ministère sont convaincus que cette technique de construction permettra d'obtenir une route stable. Selon l'ingénieur-géologue, cette façon de faire a déjà été utilisée dans d'autres régions du Québec où l'on retrouve de l'argile compressible.

Autre secteur, autre solution

Dans les autres sections de route problématiques, le ministère a décidé d'abaisser la chaussée en retirant une couche d'argile. Dans ces endroits, reprend le chargé de projet Guillaume Gravel, le poids de la structure routière ne sera pas suffisant pour faire compresser l'argile.

Cette solution d'abaisser le profil a de plus permis de limiter les dimensions de l'emprise globale de la route. Cela a eu pour effet de diminuer les impacts sur l'expropriation des terrains et évité d'amputer une partie du cimetière.

La présence d'argile nécessitera d'autres ajouts techniques spécifiques. Le ministère devra, sur une très longue distance, installer une couche d'isolant artificiel spécial pour les ouvrages de génie civil. Selon Jean-Pierre Boivin, cette couche d'isolant va permettre de limiter l'effet du gel.

Le chargé de projet de contournement d'Isle-Maligne, Guillaume... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse) - image 3.0

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Le chargé de projet de contournement d'Isle-Maligne, Guillaume Gravel (au centre) et l'ingénieur-géologue Jean-Pierre Boivin ont fait le point sur le projet de construction de la voie de contournement d'Isle-Maligne. Ils auront recours à une technique spéciale pour aménager une partie de la route sur un banc d'argile compressible. Il s'agit d'une première dans la région pour le ministère.

Photo Le Quotidien, Yohann Gasse

Bientôt de l'activité dans le secteur

• Les premières soumissions pour le projet du contournement d'Isle-Maligne seront publiées cet automne. Selon la responsable des communications au ministère, Véronick Lalancette, les échéanciers prévoient dans un premier temps la section de route qui ne sera pas reliée immédiatement à la 169. Il y a donc une programmation de l'ordre de 25 à 50 millions$ pour l'année financière 2017-2018 du ministère des Transports du Québec. Les gens vont tout de même constater une certaine activité dans le secteur puisque le ministère procédera au déplacement de certains services publics dès cet automne, de façon à ce que le chantier de construction puisse débuter au printemps. Pour le moment, il n'y a pas d'échéancier pour la mise en service de la voie de contournement.

• La nouvelle voie de contournement d'Isle-Maligne sera connectée à l'actuelle route 169 par un carrefour giratoire qui permettra aux automobilistes circulant en direction nord d'aller dans le secteur résidentiel ou de prendre la voie de contournement. Celle-ci sera connectée au nord à la route 172 par un second carrefour giratoire. À cet endroit, les concepteurs du projet ont prévu un aménagement assez vaste pour permettre aux convois hors norme de l'entreprise Proco Métal de transiter. La voie de contournement se dirigera vers la ressourcerie où elle sera connectée à la route 169. Selon le chargé de projet Guillaume Gravel, les carrefours giratoires sont utilisés en raison de leur sécurité en plus d'assurer une plus grande fluidité de la circulation.

• La construction de la voie de contournement d'Isle-Maligne va nécessiter la conclusion de 50 dossiers d'expropriation pour implanter le tracé. En ce moment, suivant les informations transmises par la porte-parole du ministère, 21 dossiers ont été réglés. Les discussions se poursuivent avec les propriétaires de terrains et d'immeubles. Tout indique que les expropriations seront complétées à temps pour le début des travaux.

• Les choses ne sont pas au beau fixe entre le gouvernement du Québec et ses ingénieurs. Interrogée à savoir si les moyens de pression de ces derniers auront un impact sur la publication des premiers appels d'offres, la porte-parole a indiqué que le sujet ne faisait pas l'objet de la rencontre d'information. Il n'est pas impossible qu'un conflit de travail éclate et provoque ainsi des retards dans la préparation des appels d'offres.

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