La biomasse s'avère efficace

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Bien que l'utilisation de résidus forestiers pour produire de l'énergie est souhaitable, les coûts pour les ramasser en forêt sont trop élevés.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Une étude confirme que l'utilisation de la biomasse forestière pour produire de la chaleur et de l'électricité au lieu de combustibles fossiles peut réduire l'émission de gaz à effet de serre.

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Jérôme Laganière démontre dans une étude que l'utilisation de la biomasse forestière pour produire de la chaleur et de l'électricité au lieu de combustibles fossiles réduit l'émission de gaz à effet de serre.

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Des chercheurs du Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada ont en effet évalué la réduction des gaz à effet de serre (GES) généré par l'utilisation des résidus forestiers, des bois de perturbation ou des arbres verts pour la production de l'énergie.

«Il est clair que les résidus de scieries et d'usines sont ceux qui génèrent le plus de réduction de GES. Le transport a été déjà fait pour cette matière. Ces résidus sont aussi souvent proches des usines existantes», souligne un de ceux qui a travaillé à l'étude, Jérôme Laganière.

Plusieurs entreprises utilisent déjà ces résidus pour les transformer en énergie. Dans le passé, ces résidus étaient enfouis et causaient des problèmes de pollution. Pour de plus petites entreprises, le chercheur pense qu'il pourrait être intéressant d'investir dans un système de chauffage à la biomasse plutôt qu'à l'énergie fossile.

C'est pour cette raison qu'un outil de calcul a été développé pour aider les compagnies à prendre une décision s'il est rentable d'un point de vue environnemental de se tourner vers l'énergie produite à partir de la biomasse forestière. Il est disponible à l'adresse suivante: https://apps-scf-cfs.rncan.gc.ca/calc/fr/calculateur-bioenergie.

Comme il y a plusieurs facteurs à tenir en compte, Jérôme Laganière n'était pas en mesure de chiffrer le nombre de tonnes de GES sauvés selon le nombre de tonnes de biomasse brûlées pour faire de l'énergie.

Rentabilité économique

Ainsi, des compagnies pourraient analyser la rentabilité écologique de ramasser les cimes et autres résidus qui sont laissés en forêt lors de la coupe des arbres. «Ce qui serait le mieux serait de laisser sécher pendant un an ces résidus en forêt. Ils deviennent moins lourds alors il y a des économies dans les coûts de transport et donc moins d'émission de GES», expose-t-il. Par contre, leur étude n'a pas évalué les coûts économiques de récolter la biomasse laissée en forêt. Les compagnies forestières disent que ce n'est pas rentable actuellement.

Jérôme Laganière souligne que les pays scandinaves ont adopté cette pratique depuis plusieurs années et qu'elle serait rentable.

FPInnovations travaille en collaboration avec Ressources naturelles Canada pour trouver des solutions pour rendre la récolte de biomasse plus rentable. «Les compagnies forestières ont la volonté de le faire, mais ce n'est pas rentable. On travaille pour développer des méthodes appliquées afin de rendre la récolte de biomasse rentable dans le but d'accroître la chaîne de valeur», exprime Sylvain Volpé, chercheur en approvisionnement en fibre chez FPInnovations.

Bois brûlé

L'étude a aussi permis d'évaluer l'intérêt de récolter le bois brûlé ou ravagé par la tordeuse du bourgeon de l'épinette. «C'est un peu moins intéressant que les résidus d'usine, mais il y a là aussi des gains dans la réduction de gaz à effet de serre à faire. Évidemment, la distance du bois de l'usine de fabrication d'énergie est à tenir en compte dans l'équation. C'est pour cette raison que nous avons développé l'outil de calcul», a souligné M. Laganière.

Sylvain Volpé de FPInnovations confirme que la distance est un frein. «Souvent les feux de forêt sont très éloignés des usines et la valeur à l'hectare n'est pas très élevée. Nous avons développé un programme de caractérisation des arbres touchés par la tordeuse du bourgeon de l'épinette pour déterminer sa valeur marchande; ce qui pourrait être utilisé pour le bois d'oeuvre, le papier et/ou la biomasse», informe-t-il.

Selon l'étude de Ressources naturelles Canada, la combustion de ces arbres impropres pour l'industrie forestière réduirait plus de GES que si on les lassait se dégrader en forêt. Par contre, pour inciter sa récolte, les gouvernements devraient peut-être songer à des incitatifs.

Jérôme Laganière avance que les forêts canadiennes regorgent d'un potentiel immense d'énergie. «On sent qu'il commence à avoir un intérêt pour ce type d'énergie. Il y a trois projets de bioraffinage au Québec, soit Port-Cartier, La Tuque et Parent», affirme-t-il.

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