CLSC: le syndicat dénonce le transfert de personnel

Des militants ont organisé une activité de visibilité... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Des militants ont organisé une activité de visibilité devant le CLSC de Chicoutimi.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La décision du CIUSSS-02 d'appliquer une directive ministérielle visant à transférer 17 travailleurs sociaux présentement à l'oeuvre au sein des CLSC de la région pour les replacer dans les Groupes de médecine familiale (GMF) est dénoncée par le Syndicat des techniciens professionnels de la santé et des services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (STPSSS02-CSN).

Lundi, un groupe de militants a organisé une activité de visibilité devant le CLSC de Chicoutimi, sur la rue Racine, afin de protester contre la décision qui aura pour effet de rendre moins accessibles les services destinés à une clientèle vulnérable, explique Nancy Poulin, porte-parole du STPSSS02.

Selon les explications fournies, près d'une vingtaine de travailleurs sociaux sur la quarantaine que compte la région seront toujours rattachés à leur CLSC, mais relèveront de médecins pratiquant dans les GMF auprès de personnes fréquentant ces cliniques.

Clientèle vulnérable

Ce faisant, le syndicat craint que les personnes vulnérables, surtout celles n'ayant pas de médecin de famille, ayant l'habitude de se présenter dans les CLSC lors de périodes de crises psychologiques, soient les grands perdants de cette décision. « Les services des CLSC ont été fondés pour desservir une clientèle avec des équipes multidisciplinaires. Maintenant, on prend la décision de les envoyer en GMF. On craint que désormais, ce soit l'approche médicale qui prenne le dessus. La population se doit d'avoir le même niveau de services partout dans la province. »

Le syndicat estime qu'en appliquant la décision, on fait un pas supplémentaire vers la privatisation des services professionnels tout en augmentant le financement des GMF, ce qui équivaut à une augmentation du financement aux médecins.

Le STPSSS02 demande la tenue d'une rencontre avec le CIUSSS-02 afin d'analyser la situation et pour trouver des pistes de solution. « À Québec, des syndicats ont été capables de trouver des solutions. Si on était capables de transposer des solutions adoptées là-bas... » En attendant cette rencontre, le syndicat demande à ce que le CIUSSS ne procède pas.

L'objectif syndical est de dresser un portrait de la situation, déterminer les besoins de la population, les ressources disponibles et l'organisation du travail afin d'éviter que les populations fragilisées n'aient plus accès aux services appropriés, selon Mme Poulin.

L'action de visibilité a pris la forme de pose de pancartes aux couleurs syndicales devant l'établissement du centre-ville.

CIUSSS-02

Du côté du CIUSSS-02, Serge Lavoie, directeur des services multidisciplinaires, explique que ce n'est pas d'hier qu'un mouvement de décentralisation des professionnels est entrepris. En 1986, explique-t-il, deux expériences du genre ont eu lieu à Alma et Chicoutimi. « Ce qui est nouveau, c'est que comme il n'y a pas de nouveaux budgets, il faut prendre des professionnels en CLSC, mais ils demeurent des employés de l'établissement. Historiquement, on a toujours eu des travailleurs sociaux rattachés. Il faut apprendre à les rapprocher des besoins de la clientèle. Ce n'est pas nouveau. »

Il ajoute qu'en vertu de l'approche ministérielle, chaque GMF qui inscrit un certain nombre de patients a droit à un certain nombre de professionnels.

Le directeur ajoute que le transfert de travailleurs sociaux ne constitue que la première étape du processus puisqu'en janvier prochain, une autre étape sera franchie avec les nutritionnistes, kinésiologues, etc.

M. Lavoie convient avec la partie syndicale qu'un équilibre doit être atteint entre les ressources présentes en GMF et en CLSC. Il a mentionné que des discussions ont lieu avec la partie syndicale à ce sujet. 

Parmi les avantages liés à la décentralisation, M. Lavoie affirme qu'on assiste présentement à une diminution des listes d'attente dans le secteur Alma surtout du côté de la clientèle masculine qui hésite à se présenter en CLSC.

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