Litige autour des sauvetages nautiques sur le lac Saint-Jean

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La Sûreté du Québec possède des équipements pour les sauvetages nautiques.

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Qui doit intervenir lors d'un sauvetage nautique sur le lac Saint-Jean ? Cette question demeure encore sans réponse précise aujourd'hui, en particulier pour la portion nord du plan d'eau.

Après que les autorités aient essuyé des critiques à ce sujet au cours des dernières années, des démarches ont été entreprises en vue d'établir un cadre d'intervention commun. Le dossier stagne toutefois depuis près d'un an, alors que les MRC et le ministère de la Sécurité publique croient chacun que la balle ne se trouve pas dans son camp.

Une table de discussion a été formée sur le sujet à l'hiver 2015. La Table de concertation sur les interventions nautiques sur le lac Saint-Jean avait été lancée à la demande du premier ministre Philippe Couillard. Lui-même riverain du lac Saint-Jean, le premier ministre souhaitait que les MRC de Lac-Saint-Jean-Est, du Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine, ainsi que le ministère de la Sécurité publique, se penchent sur la question, a expliqué le directeur général de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, Sabin Larouche, lors d'un entretien avec Le Quotidien.

Trois réunions de la table, coordonnée par le ministère de la Sécurité publique, ont eu lieu jusqu'à maintenant. La première rencontre s'est déroulée en février 2015, et la dernière s'est tenue à l'automne 2015. La Sûreté du Québec (SQ) a aussi assisté aux réunions.

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Sabin Larouche

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Une première

« Nous avons pu faire un inventaire des équipements des MRC, dresser la liste des rampes de mises à l'eau, discuter des expériences antérieures de chacun et échanger avec la SQ sur son mandat. Cette démarche est effectivement une première », ajoute M. Larouche, qui accueille favorablement la création de la table de travail.

La table de concertation a aussi permis aux MRC d'exprimer leur point de vue sur leur responsabilité à offrir une couverture de sauvetage nautique sur leur territoire (voir encadrés). Si l'intervention en cas de sauvetage nautique est claire pour la portion sud du lac Saint-Jean, la couverture nord demeure toutefois encore source de litige entre le ministère et la MRC du Domaine-du-Roy. La Sûreté du Québec régionale a d'ailleurs refusé de commenter ce dossier, visiblement délicat.

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Durant cette opération, la Base militaire de Bagotville avait collaboré.

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Protocole  d'entente

La prochaine étape du comité devait être d'étudier un premier modèle de protocole d'entente en vue d'établir un cadre d'intervention et de coordination pour le sauvetage nautique sur le lac Saint-Jean. Les directeurs généraux des MRC de Lac-Saint-Jean et du Domaine-du-Roy ont tous deux indiqué au Quotidien que le dossier n'avait pas avancé depuis la dernière réunion. Le directeur général de la MRC de Maria-Chapdelaine n'a pour sa part pas rendu l'appel logé la semaine dernière.

« On est en attente du protocole d'entente, le maître d'oeuvre de la table est le ministère de la Sécurité publique. Je m'attends à ce que ce soit eux qui convoquent une nouvelle réunion », a précisé M. Larouche.

Du côté du ministère de la Sécurité publique, on indique plutôt que des protocoles d'intervention ont été transmis aux MRC de Lac-Saint-Jean-Est et de Maria-Chapdeleine en décembre 2015. « Les protocoles [...] leur ont été transmis afin que les responsables régionaux les finalisent, les approuvent et ensuite les distribuent », a mentionné par courriel la chef du service des relations de presse du ministère, Alexandra Paré.

Mme Paré ajoute que la MRC du Domaine-du-Roy devait de son côté poursuivre les discussions sur « l'implication des intervenants d'urgence de son secteur et sur les possibilités de mettre en place une entente de couverture de sauvetage nautique avant que la rédaction d'un protocole ne puisse se faire. »

Dans tous les cas, le ministère se dit toujours disponible pour soutenir les MRC dans leurs démarches et assure qu'une réunion de la table aura lieu prochainement pour faire le suivi du dossier.

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La Sûreté du Québec est mise à contribution lors des sauvetages nautiques.

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Portion nord : positions divergentes

La couverture de la portion nord du lac Saint-Jean demeure un dossier « non prioritaire » pour la MRC du Domaine-du-Roy. Elle estime que les municipalités n'ont pas à acquérir des équipements de sauvetage coûteux, a mentionné le directeur général de la MRC, Mario Gagnon.

« Il y a un besoin, on le reconnaissait, mais ce n'est pas nécessairement au monde municipal de s'endetter pour acheter une embarcation d'un gabarit imposant, tandis que la Sûreté du Québec possède les équipements nécessaires, a-t-il exposé. [...] Nous ne sommes pas obligés d'offrir ce service, nous avons des budgets limités. Mais si on décide de rendre un service, il faut s'assurer de le rendre comme il faut, et donc avoir les équipements nécessaires. »

Mario Gagnon affirme que ce dossier n'est pas prioritaire aux yeux des membres du conseil de la MRC. « Nous ne sommes pas découverts actuellement en cas de situation d'urgence, et nous n'avons pas d'orientation du conseil de ramener ce dossier à l'avant-plan », conclut-il. La communauté de Mashteuiatsh possède aussi une embarcation qui peut être mise à contribution en cas de situation d'urgence.

Le ministère de la Sécurité publique estime pour sa part qu'il est de la responsabilité des municipalités et des MRC de voir à l'organisation des services d'urgence sur leur territoire.

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Les pompiers d'Alma couvrent la portion sud du lac Saint-Jean, qui va de Desbiens à Saint-Henri-de-Taillon (section hachurée).

Portion sud : une couverture claire

Lors des échanges à la Table de concertation sur les interventions nautiques sur le lac Saint-Jean, la Sûreté du Québec (SQ) avait expliqué que le sauvetage nautique ne faisait pas partie de son mandat, et que son rôle était plutôt de s'assurer de la coordination sur le site d'évacuation en vue de l'arrivée des ambulances, a rapporté Sabin Larouche, directeur général de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

Ce constat ne posait pas problème à la MRC de Lac-Saint-Est, qui avait déjà intégré en 2013 le sauvetage nautique et le sauvetage en espaces clos à son schéma de couverture de risques. Ces types de sauvetage étaient en fait déjà assumés sur le territoire par le Service de prévention des incendies d'Alma, a mentionné son directeur, Bernard Dallaire.

« Informellement, on le faisait depuis 2002-2003, environ. La révision du schéma a permis de l'officialiser », a-t-il précisé. Le Service de prévention des incendies d'Alma a d'ailleurs acquis un nouveau bateau de sauvetage pneumatique en 2015, plus adapté au sauvetage en rivière.

Les pompiers d'Alma couvrent la portion sud du lac, qui va de Desbiens à Saint-Henri-de-Taillon. Ils ont aussi la responsabilité de coordonner les opérations de sauvetage en communiquant avec la Sûreté du Québec et la base de Bagotville, selon les besoins de la situation.

Le directeur général de la MRC, Sabin Larouche, ajoute que la couverture d'autres secteurs du lac Saint-Jean par les pompiers d'Alma serait difficile, puisque le service ne doit pas « découvrir » son propre territoire en envoyant des effectifs dans le nord du lac Saint-Jean, par exemple.

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