Pas d'excuses de Jean-François Lisée

Les candidats Alexandre Cloutier, Martine Ouellet, Paul St-Pierre-Plamondon... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Les candidats Alexandre Cloutier, Martine Ouellet, Paul St-Pierre-Plamondon et Jean-François Lisée ont croisé le fer dimanche devant plus de 500 militants souverainistes réunis au Cégep de Jonquière.

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Sans jamais admettre avoir commis une erreur de jugement grave ni même présenter des excuses pour avoir associé Alexandre Cloutier à l'imam radical Adil Charkaoui, le député de Rosemont est demeuré particulièrement poli à l'endroit du favori dans la course, multipliant les références à l'unité et au ralliement pendant le long débat organisé par le mouvement Oui Québec au Cégep de Jonquière. Un débat qui n'a pas permis de faire de vainqueur à deux semaines du vote des membres, lequel aura surtout donné l'occasion aux militants souverainistes de la région de découvrir le potentiel du nouveau venu, Paul St-Pierre-Plamondon.

Les candidats ont ainsi eu l'occasion d'expliquer en long et en large la façon dont ils entrevoyaient toute la mécanique menant à un éventuel référendum sur la souveraineté, incluant les stratégies qu'ils entendent mettre de l'avant pour atteindre l'objectif, ainsi que le travail de convergence avec les autres formations souverainistes.

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Alexandre Cloutier

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Jean-François Lisée

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La candidate Martine Ouellet est visiblement la candidate dont la stratégie est la plus simple: «Le Parti québécois a remporté l'élection de 1976 avec la promesse de tenir un référendum. Il a pratiquement atteint l'objectif en 1995 en remportant l'élection de 1994 avec Jacques Parizeau. On a assez d'études et il faut mobiliser les gens», croit la candidate qui juge que le temps des études et autres stratégies de mise en attente est révolu.

Elle veut toutefois appuyer sa stratégie sur une grande opération de convergence avec les autres formations à l'Assemblée nationale, sans lesquels il sera difficile de battre les libéraux de Philippe Couillard en 2018. Elle juge donc primordial de réussir à ramener au Parti québécois l'ensemble des souverainistes.

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Martine Ouellet

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Paul St-Pierre-Plamondon

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Alexandre Cloutier mise pour sa part sur la stratégie des chantiers, lesquels devront fournir au parti un certain nombre de documents de réflexion. Pour le député de Lac-Saint-Jean, il appartiendra aux militants du PQ de trancher. Alexandre Cloutier n'a toutefois pas voulu s'avancer sur l'hypothèse voulant que les militants votent contre la stratégie proposée par la direction du parti. Il fera toutefois de Véronique Hivon son émissaire pour négocier avec les autres formations souverainistes une stratégie de convergence.

Le candidat Paul St-Pierre-Plamondon a une vision différente de la place de la souveraineté dans l'histoire du PQ. Il affirme que la formation politique doit se reconstruire sur les grandes valeurs de René Lévesque qui sont regroupées sous trois ou quatre éléments, dont la notion du service public et l'idée de la sociale démocratie. Il s'agit selon lui du «socle» de la formation politique et la souveraineté en est une conséquence. Il veut donc laisser la possibilité aux citoyens de choisir quand il sera temps de tenir un référendum sur la souveraineté.

Jean-François Lisée est beaucoup moins pressé de soumettre aux Québécois une question sur la souveraineté. Il a rappelé pendant le débat les résultats des sondages démontrant que la souveraineté est loin d'être au goût du jour. Il entend avant tout battre le Parti libéral aux prochaines élections.

Le développement régional, point faible des libéraux

Les militants souverainistes rassemblés dimanche pour le débat de la course à la direction du Parti québécois, au Cégep de Jonquière, voulaient surtout entendre parler de l'avenir des régions, d'exode des jeunes et d'agriculture. Les candidats ont rapidement sauté sur l'occasion pour attaquer la politique du gouvernement libéral en matière de développement régional.

«Le Plan Nord du Parti libéral, c'est comme l'époque de la colonie-comptoir, quand la colonie fournissait les matières premières. C'est l'exploitation des ressources sans aucune forme de création de richesses pour les régions. Le Plan Nord s'approche beaucoup du fer à un cent la tonne de Duplessis», a martelé le candidat Paul St-Pierre-Plamondon.

Quant à l'agriculture, le candidat croit qu'il est maintenant temps de revoir en profondeur la Loi sur la protection du territoire agricole ainsi que différentes notions commerciales entourant les produits du Québec. Il a rappelé qu'il se ferait un devoir d'obliger la mention «Produit au Québec» que l'actuel gouvernement a abandonné.

Pour Alexandre Cloutier, le gouvernement libéral a pratiquement tout fait pour couper les jambes des régions avec la fermeture des Conférences régionales des élus, lesquelles permettaient aux décideurs locaux d'orienter le développement. Il considère que la souveraineté du Québec donnerait un élan aux régions qui seraient les premières à bénéficier du rapatriement de 50 milliards$ qui est en ce moment géré par le gouvernement canadien.

Le député de Lac-Saint-Jean s'est aussi montré critique sur la question de l'accaparement des terres. Pour les candidats, il est paradoxal de vouloir l'indépendance du Québec alors que les agriculteurs se retrouvent locataires.

Jean-François Lisée est disposé à faire encore plus en matière de décentralisation du pouvoir afin que les régions puissent avoir un impact sur leur développement. Il propose la tenue de référendums locaux pour trancher dans des projets de développement comme l'ouverture d'une mine ou l'exploitation des hydrocarbures. Qu'un rapport du BAPE soit favorable ou non, il appartiendrait aux communautés locales de trancher, contrairement à ce qui se passe dans le projet Énergie Est alors que Justin Trudeau affirme qu'il y a un peu d'opposition au Québec, mais que les Canadiens appuient le projet.

En raison de son passé à Hydro-Québec, Martine Ouellet a une bonne connaissance de tout le secteur du développement régional. Elle a été témoin du changement majeur survenu chez Rio Tinto Alcan lorsque l'entreprise canadienne est passée sous contrôle britannique. Pour la candidate, il est nécessaire de doter le Québec d'une politique d'accès interne à haute vitesse afin de permettre aux jeunes qui le souhaitent de travailler en région et développer des entreprises. En matière d'agriculture, elle considère qu'il y a lieu dans ce domaine de défendre les intérêts des producteurs d'ici. Selon elle, il est temps que l'on cesse de céder au gouvernement fédéral notre pouvoir de négocier les grandes ententes internationales comme ce fut le cas avec l'Europe alors que les producteurs laitiers d'ici ont été sacrifiés pour favoriser l'exportation du boeuf de l'Ouest canadien.

En bref

Cloutier en colère

Alexandre Cloutier aurait apprécié des excuses de son collègue Jean-François Lisée. Après le débat, le député de Lac-Saint-Jean a expliqué aux journalistes avoir ébruité cette affaire afin que les gens soient conscients de l'importance de ce qu'ils disent. Selon Alexandre Cloutier, l'affaire circule sur les médias sociaux depuis vendredi et personne dans son entourage, incluant sa famille, n'a apprécié cette affaire. Il a déclaré devant les caméras être disposé à passer à autre chose et respecter son adversaire.

Le camp du député de Lac-Saint-Jean a informé la Sûreté du Québec, mais Alexandre Cloutier a assuré ne pas avoir exploité cette affaire à des fins politiques. Malgré les propos tenus devant les caméras, des membres de l'entourage du député de Lac-Saint-Jean ont confirmé au Quotidien que leur patron était toujours aussi en colère. Il a toutefois été impossible de savoir quel sort serait réservé à Jean-François Lisée si Alexandre Cloutier remporte la course à la direction.

Pas d'excuses

Jean-François Lisée s'est présenté en point de presse en indiquant qu'il n'avait pas l'intention de s'excuser pour l'incident Charkaoui, et que vendredi dernier avait été une mauvaise journée pour le Parti québécois.

Il a signalé aux journalistes que celle de dimanche était une belle journée alors qu'il a lancé « l'appel de Jonquière », qui est dans les faits un engagement des quatre candidats à se présenter aux prochaines élections, nonobstant le résultat du vote. Le député de Rosemont a retiré de ses différents outils de communication les allusions au support de l'imam à son adversaire. Dimanche, il a répété que les faits étaient quand même vérifiables.

La qualité du débat d'abord

Paul St-Pierre-Plamondon a dit souhaiter que les militants fassent un choix sur la qualité des idées pendant la course à la direction. En point de presse, il s'est contenté de revenir sur l'importance de mener des débats de qualité portant sur les projets et les idées des candidats.

Il n'a pas hésité à pointer les médias qui, selon ses commentaires, ont tendance à s'attarder sur les attaques personnelles qui surviennent à l'occasion entre les candidats. Le candidat, de l'extérieur de la formation politique, espère que sa contribution à la course aura justement permis de faire avancer les idées dans le camp souverainiste.

Changement de salle

L'organisme Oui Québec a été dans l'obligation de changer de salle à la dernière minute. Au départ, l'organisme a réalisé toutes les démarches pour tenir le débat à la salle Pierrette-Gaudreault. Ils avaient le statut d'OSBL en plus de la carte nécessaire à Saguenay pour avoir le droit de réserver une salle.

Selon Michel Roche, responsable régional de Oui Québec, tout était en règle jusqu'à ce que l'on informe les organisateurs de l'événement qu'il y avait eu erreur et que la salle avait déjà été louée à un autre organisme. Oui Québec a effectué des vérifications et personne n'était à la salle Pierrette-Gaudreault, dimanche. Une journaliste s'est même rendue sur place pour se heurter à une salle vide. Michel Roche ne sait pas qui a donné l'ordre d'annuler la location en prétendant que la salle est louée.

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