Des touristes français dénoncent les frais médicaux à l'hôpital

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Un couple de Français qui élira bientôt domicile dans la région se souviendra longtemps de son premier passage dans les rouages du système de santé québécois.

Nicolas Tavernier et sa conjointe, Marie Vitel, ont dû se rendre à l'urgence de l'hôpital d'Alma à deux reprises la semaine dernière avec leur fils de 18 mois, Hugo. Ils étaient en visite chez des amis à Saint-Gédéon. Outre l'attente, un phénomène auquel les citoyens de l'Hexagone sont peu habitués lorsqu'ils ont un problème de santé, le couple Tavernier-Vitel a été surpris par l'ampleur des coûts qu'ils ont dû assumer.

Les parents d'Hugo se sont rendus à l'hôpital pour une première fois mercredi parce que leur bambin faisait de la fièvre depuis plusieurs jours. Ils ont dû patienter trois heures avant d'être vus par un médecin. L'attente ne les a toutefois pas contrariés outre mesure. Au terme d'une brève consultation, l'urgentologue a évoqué une rougeur à l'intérieur de l'oreille d'Hugo et a recommandé aux parents de revenir le lendemain ou le surlendemain si la situation se dégradait. Puisque la famille ne détient pas de carte d'assurance-maladie, Nicolas Tavernier a dû sortir sa carte de crédit avant de quitter l'urgence. Un montant de 2000$ a été bloqué sur sa Visa. Le lendemain, il a reçu, par courriel, une première facture de 697,47$ émise par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS).

Vendredi, Hugo n'avait pas la forme. Ce jour-là, le couple avait prévu une visite à Chicoutimi et a fait un détour par l'urgence de l'hôpital d'Alma pour tenter de revoir le médecin. Marie Vitel a été «dégoûtée» de devoir attendre huit heures avec un bébé de 18 mois. Quand il a réalisé que les délais seraient aussi longs, Nicolas Tavernier a demandé si le dossier d'Hugo pouvait être transféré à l'hôpital de Chicoutimi. Un préposé lui a répondu que s'il choisissait cette option, le couple devrait retourner à la case départ, en plus d'acquitter une facture de 640$ en frais administratifs pour l'ouverture de dossier à Alma. Abasourdis, les visiteurs français sont demeurés sur place. Un médecin a finalement diagnostiqué une otite à Hugo. Dix minutes et un autre 697,47$.

Outrés

Nicolas Tavernier et Marie Vitel ont voulu témoigner pour deux raisons. Dans un premier temps, ils trouvent aberrant que des montants aussi élevés soient facturés aux touristes. Leur hôte à Saint-Gédéon, Guy Migaszewski, a donné un petit coup de fil à la clinique Opti-Soins de Jonquière. On lui a dit que la facture aurait atteint 140$ au privé.

«Nous, on est chanceux. On a des assurances qui vont bien et on a un compte en banque qui est en ordre. Les gens qui viennent en voyage avec leurs enfants au Québec doivent être prêts financièrement. Pourtant, c'est ouvert à tous, le Québec, et on n'a pas nécessairement besoin d'être fortuné pour venir ici. Mais si t'as pas les fonds disponibles sur ta carte de crédit, alors on oublie ça!», lance Nicolas Tavernier, qui souhaite fonder une entreprise d'hébergement touristique au Lac-Saint-Jean.

Dans un deuxième temps, nos cousins français n'ont pas apprécié l'interdit de transfert à Chicoutimi, une situation qu'ils jugent aberrante.

«Quand on y pense, pendant ces huit heures d'attente, on aurait eu le temps de prendre l'avion sur Paris et de voir un médecin dans la demi-heure», martèle le papa d'Hugo.

L'expérience vécue par la famille Tavernier ne l'a pas dissuadée d'élire domicile en sol québécois. Toutefois, les événements ont convaincu le couple de se tourner vers le système privé lorsqu'il sera installé ici.

Trois fois plus cher pour les étrangers

Les tarifs imposés à un touriste pour une prise en charge à l'urgence sont trois fois supérieurs aux coûts qui seraient facturés à un Québécois non détenteur d'une carte d'assurance-maladie.

La facturation des services en santé est définie par une circulaire du ministère. En consultant le document, on comprend que pour chaque visite à l'urgence d'un Québécois assuré, il en coûte 232,49$ à l'État. Cette somme est majorée de 200 pour cent lorsque le bénéficiaire est un non-résident canadien. C'est ce qui explique pourquoi Nicolas Tavernier et Marie Vitel ont dû payer 697$ pour chaque visite à l'urgence.

Comme l'explique la porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), Joëlle Savard, les tarifs imposés aux non-résidents incluent des frais relatifs à l'acquisition d'équipements médicaux et de mobilier. C'est donc dire que le gouvernement a choisi de refiler une partie des coûts en immobilisation aux visiteurs qui se prévalent de services en santé.

Quant au fait que le couple n'ait pu transférer le dossier d'Hugo dans un autre hôpital de la région, Joëlle Savard explique que la règle est la même pour tous, incluant les Québécois, et cela malgré la fusion des établissements de santé.

«Si on décide de quitter l'urgence pour s'en aller ailleurs, ça devient une nouvelle prise en charge. Les coûts sont fixés en fonction de chaque dossier pris en charge», a-t-elle expliqué.

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