L'industrie du reboisement en changement

  • Le technicien forestier Bobby Côté affirme que le métier de forestier n'a toujours pas la cote au sein de la population. Malgré cette impopularité, le technicien considère que la foresterie québécoise est de très bonne qualité. (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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    Le technicien forestier Bobby Côté affirme que le métier de forestier n'a toujours pas la cote au sein de la population. Malgré cette impopularité, le technicien considère que la foresterie québécoise est de très bonne qualité.

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  • Les reboiseurs pourraient systématiquement dévorer un boeuf quand ils reviennent au camp pour le souper. Comme les soldats de Napoléon, ils peuvent avaler un peu plus que les calories qu'un individu normal doit manger pour vivre... (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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    Les reboiseurs pourraient systématiquement dévorer un boeuf quand ils reviennent au camp pour le souper. Comme les soldats de Napoléon, ils peuvent avaler un peu plus que les calories qu'un individu normal doit manger pour vivre...

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  • Le Baieriverain Serge Verreault a roulé sa bosse dans nombre de chantiers de sylviculture. Il a mis de côté la débroussailleuse pour la plantation. Fini l'odeur d'essence et le bruit. (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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    Le Baieriverain Serge Verreault a roulé sa bosse dans nombre de chantiers de sylviculture. Il a mis de côté la débroussailleuse pour la plantation. Fini l'odeur d'essence et le bruit.

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  • Le reboiseur Jean Nishirana a toujours le sourire aux lèvres. Il travaille dans la forêt québécoise depuis 7 ans et est toujours flanqué de son compagnon Joseph Oshinga. Les deux Africains originaire du Burundi estiment qu'ils ont la possibilité de gagner beaucoup d'argent en peu de temps avant de retourner passer l'hiver à Montréal. (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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    Le reboiseur Jean Nishirana a toujours le sourire aux lèvres. Il travaille dans la forêt québécoise depuis 7 ans et est toujours flanqué de son compagnon Joseph Oshinga. Les deux Africains originaire du Burundi estiment qu'ils ont la possibilité de gagner beaucoup d'argent en peu de temps avant de retourner passer l'hiver à Montréal.

    Photo Le Quotidien, Louis Tremblay

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  • Les Bretons Jonas Doris et Adrien Folli sont arrivés dans la région sans aucune adresse. Ils ont finalement trouvé des emplois de reboiseur pur Foresterie DLM et ont résisté aux conditions de travail difficiles pendant toute la saison. Ils prennent la direction de la Colombie Britiannique dans les prochains jours. (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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    Les Bretons Jonas Doris et Adrien Folli sont arrivés dans la région sans aucune adresse. Ils ont finalement trouvé des emplois de reboiseur pur Foresterie DLM et ont résisté aux conditions de travail difficiles pendant toute la saison. Ils prennent la direction de la Colombie Britiannique dans les prochains jours.

    Photo Le Quotidien, Louis Tremblay

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Le visage de l'industrie du reboisement a grandement changé au cours des 20 dernières années. Et malgré l'amélioration plus que notable des conditions de travail de l'industrie, la relève s'annonce de plus en plus difficile à recruter et les vétérans commencent à «tirer de la jambe» dans les montagnes de la forêt boréale.

Les «planteurs» ont accroché leurs bottines au cours des derniers jours dans pratiquement tous les camps forestiers de la région. Ils ont mis en terre au cours des 14 dernières semaines pas moins de 45 millions de plants dans des zones situées jusqu'à 250 à kilomètres au nord du Lac-Saint-Jean et du Saguenay.

Le copropriétaire de Foresterie DLM, Daniel Perron, qui est également propriétaire du Pavillon des Passes-Dangereuses, admet que l'ensemble de l'industrie forestière doit toujours composer avec des préjugés et que cette réalité a créé des problèmes de recrutement. Les jeunes Québécois sont de moins en moins nombreux à vouloir vivre l'expérience du reboisement malgré l'amélioration plus que notable des conditions de travail.

«Nous, les gens de la forêt, avons toujours le mauvais rôle», explique Daniel Perron qui aimerait bien que plus de Québécois soient conscients du «jardinage» de la forêt québécoise dans le respect de la biodiversité des territoires alors que d'autres pays bien en vue (les Scandinaves) ont choisi la sylviculture intensive.

Une entreprise comme DLM peut déjà compter sur une main-d'oeuvre à 98% d'origine africaine pour ses opérations de débroussaillage. Il s'agit en bonne partie de travailleurs qui habitent dans la région de Montréal et qui ont choisi de venir faire un «coup d'argent» pendant l'été. La situation change également pour la plantation d'arbres alors que de plus en plus de nouveaux arrivants au Canada, également des Africains, cognent à la porte des entreprises en travaux sylvicoles.

Pendant la dernière saison, Foresterie DLM comptait dans son équipe de reboisement quatre travailleurs originaires du Burundi et de la République démocratique du Congo ainsi que deux jeunes Français qui souhaitaient vivre l'aventure de la forêt québécoise. Daniel Perron affirme que l'expérience avec les travailleurs originaires d'Afrique a été concluante alors que celle avec des Russes et Polonais a été plus difficile.

Comme les papetières, les entreprises en travaux sylvicoles ont vu les conditions d'attribution des contrats changer significativement avec la mise en place du nouveau régime forestier.

«Il y a eu beaucoup de critiques par rapport au nouveau régime. Mais pour les petites communautés forestières, c'est une bonne chose. La vente des lots aux enchères permet de répartir entre un plus grand nombre de communautés les retombées économiques des entreprises. C'est la même chose avec les contrats en appels d'offres du ministère pour la sylviculture.»

Daniel Perron estime que le Québec pourrait faire encore plus en matière d'aménagement forestier, et ce, tant pour la récolte que pour les opérations de reboisement et d'entretien mécanique avec le débroussaillage et la récolte précommerciale. «Ce n'est pas une dépense, c'est un investissement.»

Au plus fort de la saison estivale, l'entreprise DLM compte pas moins de 150 employés, incluant le personnel technique. Elle effectue des travaux de reboisement en plus de planter année après année de cinq à six millions d'arbres. L'entreprise opère le Pavillon des Passes-Dangereuses qui a une capacité d'accueil de 250 travailleurs du printemps à l'automne.

De bonnes conditions

L'exploitation éhontée de travailleurs qui devaient vivre dans des conditions dignes des années 50 dans les forêts québécoises est maintenant chose du passé. Au Québec, un système de certification obligatoire a été mis en place pour les entreprises qui désirent obtenir des contrats de sylviculture du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Lors du passage du Quotidien au Pavillon des Passes-Dangereuses, l'entreprise Foresterie DLM faisait l'objet d'un audit de certification sous la gouverne du Bureau de normalisation du Québec (BNQ). L'Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ), la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) et le Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec (RESAM) ont implanté le Guide des pratiques de gestion des entreprises sylvicoles.

La mise en place de ce guide a pour objectif de contrer le travail au noir, la non-conformité de la sous-traitance en cascade, le non-respect des règles de santé et sécurité au travail et le manque de transparence à l'endroit des travailleurs avec en finale le critère de la qualité d'exécution des travaux.

L'auditeur doit effectuer une vérification complète de l'administration des entreprises en croisant les informations à partir de différentes sources. Il se rend sur le terrain pour vérifier l'encadrement des travailleurs en matière de santé et sécurité, incluant des entrevues individuelles avec ces derniers. Cette visite lui permet aussi d'avoir une idée des conditions d'hébergement des ouvriers sylvicoles.

Le directeur général de l'AETSQ, Fabien Simard, admet que la situation n'est pas parfaite, mais que beaucoup de chemin a été parcouru depuis 2010. «On avait sous-estimé d'où on partait. Aujourd'hui, on peut dire que le grand gagnant de la norme a été le travailleur et aussi la professionnalisation des entreprises.»

Le travail au noir a également été en très grande partie enrayé.

Selon ce dernier, une nouvelle mouture de la norme sera mise en vigueur à partir de l'an prochain et permettra de passer à un autre niveau.

Les entreprises de sylviculture qui réalisent des travaux dans la forêt publique ont de plus l'obligation d'avoir la norme environnementale ISO 14 001 et détenir un Certificat d'environnement forestier du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, également audité par le BNQ.

«Les forestiers n'ont pas la cote»

Quinze ans après L'erreur boréale, le métier de forestier tarde toujours à retrouver ses lettres de noblesse, alors qu'une reprise vigoureuse s'amorce dans ce secteur économique frappé par une très longue crise qui a pratiquement vu disparaître les programmes de formation des cours professionnels au secondaire et au collégial.

Le technicien forestier Bobby Côté a à peine six ans d'expérience et supervise aujourd'hui des contrats de reboisement dépassant le million de dollars par année à la tête d'équipes de 25 à 30 personnes. Il reçoit régulièrement des offres des grandes entreprises forestières, mais préfère demeurer dans le domaine de la sylviculture avec l'idée d'avoir un jour sa propre entreprise.

«C'est pas compliqué, quand tu es avec du monde et que tu expliques que tu travailles en forêt, on te regarde comme si t'étais le dernier des cabochons. Les travailleurs forestiers n'ont vraiment pas la cote», insiste le technicien forestier qui ne s'indigne pas de ce traitement peu enviable.

Nonobstant ce qu'en pensent les gens, le principal intéressé considère qu'il fait un travail important et, surtout, qu'il jouit d'une grande liberté. Les conditions ne sont pas toujours faciles avec des distances importantes soir et matin pour atteindre les sites de plantation. Il faut ajouter à ce cadre la gestion des reboiseurs qui ont des histoires de vie, dans bien des cas, dignes des meilleurs romans.

La supervision des opérations de plantation n'est pas une mince affaire. Elle nécessite beaucoup de coordination puisqu'elle est directement reliée à toute l'étape de production de plants dans les pépinières du Québec. Ce qui signifie «d'aiguiller» tout le monde afin que les bons plants arrivent au bon endroit avec tout le matériel et les reboiseurs pour les mettre en terre rapidement. Lorsque le mercure grimpe à 30 degrés Celsius dans la journée, il est difficile de conserver chaque plant qui a coûté 5$ à l'État avant d'être mis en terre.

Malgré la poussière des routes forestières, l'éloignement, la vie en communauté, les contraintes de communications et l'incompréhension des gens sur l'importance de la foresterie, Bobby Côté est heureux comme un poisson dans l'eau quand il reprend la route des Passes-Dangereuses au printemps

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