Les défis du mandat de Guylaine Proulx

La directrice générale du Cégep de Jonquière, Guylaine... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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La directrice générale du Cégep de Jonquière, Guylaine Proulx, a fait le bilan de ses cinq années de mandat lors d'un entretien avec Le Quotidien. Elle prendra sa retraite le 20 décembre.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Déclin démographique et austérité budgétaire. Voilà la trame de fond avec laquelle l'ex-directrice des études du Cégep de Jonquière, arrivée à la barre de l'institution il y a cinq ans, a dû manoeuvrer pendant tout son mandat.

Pourtant dès les premières semaines après sa nomination, le dossier de l'exclusivité du programme d'art et technologie des médias a constitué le premier combat de Guylaine Proulx en raison de la décision du Collège André-Grasset de lancer un programme en production télévisuelle.

«Une petite brèche a été créée. Dès mon arrivée en poste, il y a eu une mobilisation au plan politique de la part des anciens professeurs pour éviter que cette brèche ne s'agrandisse. Ça démontre qu'il faut être constamment vigilants. Il y a toujours des compagnies privées qui peuvent arriver pour offrir diverses formations», explique Mme Proulx.

Cinq ans après les événements, elle estime que le tout a été un mal pour un bien puisque c'est à ce moment qu'un mouvement d'intégration entre les programmes radio, production et postproduction télévisuelle, journalisme et publicité a été amorcé afin d'offrir des formations plus convergentes, une façon de mieux concurrencer le privé avec ses enseignements.

Lorsqu'elle évoque le déclin démographique régional, Mme Proulx ne peut que constater que l'institution qu'elle dirige a déjà compté 4000 étudiants sur ses listes comparativement à 2900 aujourd'hui. Dans un tel contexte, un des défis était de conserver des niveaux d'inscriptions suffisants pour le maintien de l'enseignement des neuf programmes de techniques physiques où, pourtant, subsistent des pénuries de main-d'oeuvre.

«Avec l'aide financière de la Fondation Asselin, on est allés chercher deux millions de dollars pour la valorisation de ces techniques lors d'un forum et nous avons misé sur le recrutement international. Aujourd'hui, 300 étudiants y sont inscrits, un nombre qui pourrait facilement tripler puisque les installations physiques le permettent.

«Le déclin démographique, on n'y peut rien. Il ne faut pas pleurer sur son sort. La solution est d'investir en formation et en recherche. Je pense que le travail accompli dans le développement d'une expertise en recherche nous a permis de maintenir le corps professionnel en place.»

Le développement de la chaire de recherche TERRE et la recherche en sciences sociales avec la chaire VISAJ, en collaboration avec l'UQAC, fait en sorte que le collège est l'un de ceux qui comptent le plus de chercheurs, affirme Mme Proulx.

La mise en place d'une première cohorte dans un programme d'attestation d'études collégiales en extraction de minerai en vertu d'une priorité ministérielle obtenue, le recrutement de 200 étudiants internationaux provenant de l'île de La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, de la France et d'Afrique francophone figurent parmi les efforts pour augmenter la clientèle étudiante.

Coupes

Au plan administratif, Mme Proulx avoue que les compressions de trois millions$ sur un budget de 55 millions$ n'ont pas rendu son mandat facile, mais elle y trouve tout de même un motif de satisfaction. «Ça ne pourrait continuer comme ça avec les coupes. Il faut que ça cesse et il faut penser à un réinvestissement puisque ce sont les services aux étudiants qui vont écoper. On a fait des sacrifices, mais je suis satisfaite qu'on ait coupé en collégialité et dans un esprit de collaboration sans toucher aux services aux étudiants et sans que personne ne perde son emploi», évoque-t-elle.

Celle qui a oeuvré une quinzaine d'années au Cégep de Saint-Félicien croit que le maintien de quatre collèges dans la région est une nécessité pour le maintien de l'accessibilité des études collégiales aux étudiants de la région, ce qui n'empêche pas que des discussions puissent avoir lieu entre les institutions autour du regroupement de certains programmes. Elle considère que les collèges sont des moteurs économiques importants, d'ou l'importance de recruter une clientèle extrarégionale comme le fait déjà le Cégep de Saint-Félicien avec son programme de techniques du milieu naturel et celui de Chicoutimi avec le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA).

Au plan humain, l'épisode relié à la mort du directeur des affaires étudiantes, Pierre Dufour, est évoqué, mais Mme Proulx préfère ne pas commenter d'autant plus que le rapport d'autopsie n'a pas été déposé.

Pour conclure, Mme Proulx a tenu à souligner l'esprit de collaboration au sein du personnel. «J'ai réalisé un beau mandat dans un beau collège rempli d'avenir avec du travail d'équipe sans avoir de ''game'' de pouvoir».

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