Le conflit«mal géré» par la CSD

Daniel Gagnon... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Daniel Gagnon

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La gestion par la CSD du conflit de travail au sein d'un groupe de concessionnaires d'automobiles de la région a toujours soulevé des questions pendant la durée du lock-out. La campagne de solidarité pour rembourser l'emprunt contracté par le Syndicat démocratique des employés de garage confirme en partie ce questionnement, soulève Daniel Gagnon.

Le professeur du département d'administration de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a suivi de près ce conflit de travail à titre d'observateur spécialisé dans le domaine des relations de travail. Il n'a pas l'intention de participer à une guerre de centrale syndicale, mais constate aujourd'hui un certain nombre d'éléments qui ont été soulignés pendant le conflit.

«J'ai déjà expliqué que le problème du fond de grève allait un de ces jours rattraper le syndicat. C'est ce qui se passe en ce moment avec la campagne pour aider le syndicat à rembourser l'emprunt réalisé pour supporter la grève», insiste Daniel Gagnon.

Le professeur ne comprend pas pourquoi, au moment de faire l'emprunt, le syndicat n'a pas jugé nécessaire de faire signer des reconnaissances de dette à chacune des personnes bénéficiant des prestations de conflit. Il s'agissait selon Daniel Gagnon d'une précaution de base pour l'avenir.

«Au moment de contracter l'emprunt, le syndicat devait sûrement savoir qu'à la fin du conflit, des travailleurs auraient quitté pour un autre employeur et ils avaient même la possibilité d'avoir une idée du nombre de travailleurs qui étaient sur le point de prendre leur retraite. On se retrouve avec un groupe de 450 personnes qui ont profité du fonds de grève et seulement le tiers qui rembourse aujourd'hui. Cette affaire va avoir des conséquences pendant plusieurs années sur les relations de travail.»

Daniel Gagnon est persuadé que la signature d'une reconnaissance de dette par chacun des membres du syndicat en conflit aurait eu un effet sur la stratégie syndicale. Il croit que les syndiqués auraient été plus conscients des implications de la stratégie déployée par la direction syndicale avec un conflit de 24 mois et un retour au travail du tiers des membres seulement.

Le professeur fait malgré tout la comparaison entre la CSD et d'autres grandes centrales syndicales. Ces dernières possèdent des fonds de défense qui évitent ce genre de situation. Les conflits reposent sur des centaines de milliers de membres au lieu d'un petit groupe. En même temps, les centrales peuvent influencer les choses puisque Daniel Gagnon rappelle que la raison d'être d'un syndicat, selon ce que mentionne la loi, est de veiller au bien-être des membres.

«Ce n'est pas en laissant vos membres passer trois hivers dans des cabanes à pêche sur le bord de la route que vous veillez au bien-être de vos membres.»

Daniel Gagnon affirme que c'est la gestion de l'ensemble du conflit qui a été problématique du côté syndical. Lorsqu'on lui mentionne que la partie patronale avait l'objectif d'éliminer ses départements de service, l'analyste rétorque que le syndicat aurait très bien pu modifier sa stratégie de façon à s'adapter à celle du patron.

Selon Radio Énergie, la CSD a fait parvenir au cours des derniers jours des mises en demeure à d'ex-travailleurs afin de leur réclamer le montant de 45 240$. Les travailleurs qui ont été rappelés dans les ateliers doivent rembourser 145$ par semaine pendant les six prochaines années.

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