Déstabilisé par une tumeur au cerveau

Me Sylvain Morissette... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Me Sylvain Morissette

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louis Potvin
Le Quotidien

Bertrand Manzerolle n'avait peut-être pas toute sa tête quand il a commis un vol qualifié au Dépanneur Pierrette, en août 2015. C'est ce qu'a essayé de démontrer son avocat, Me Sylvain Morissette, à la reprise du procès, mercredi, au Palais de justice de Roberval.

Le premier témoin, la mère de Manzerolle, Sylvie Landry, a constaté que l'état de son fils avait changé, à l'automne 2014, alors qu'elle l'a hébergé. «Il n'était pas dans son état normal. Il était agressif. Il ne se souvenait plus de certaines conversations. Il a commencé à consommer beaucoup de boisson. Il disait qu'il sentait qu'il avait quelque chose dans la tête. On pensait qu'il prenait de la drogue, mais ce n'était pas le cas», a-t-elle dit juge Pierre Simard.

En raison de son état, Manzerolle a été hospitalisé et on lui a diagnostiqué une dépression. Il est resté chez sa mère à Saint-Thomas-Didyme jusqu'en mai 2015 avant de déménager en mai à Dolbeau-Mistassini, près de son frère Pascal, car sa mère ne pouvait plus l'endurer. C'est le 26 août qu'il a commis son vol.

Ensuite, alors qu'il était en liberté sous condition, on lui a diagnostiqué une tumeur au cerveau. Depuis cette opération, il avait complètement changé, affirme sa mère. «Le diagnostic m'a soulagée. Ça confirmait que mon fils avait quelque chose et que ce n'était pas à cause de la drogue. Maintenant, c'est l'fun de lui parler. Il est possible d'avoir une conversation soutenue», a-t-elle confié.

Son frère Pascal a raconté différents épisodes bizarres sur l'état de son frère. Il n'a pas compris pour quelle raison il a surgi en sous-vêtement dans son logement ou un autre jour quand il a fait le brigadier sur la route. «Je me suis dit "il est fou. Il est tombé sur la tête, je suis sûr qu'il est fou". J'ai coupé les ponts. J'avais pitié de lui, mais je n'étais plus capable. J'avais peur de lui», s'est-il exclamé.

Appelé à la barre, Bertrand Manzerolle a confirmé que son état s'est amélioré après qu'on lui ait retiré une tumeur bénigne. Auparavant, il y aurait eu de nombreuses crises qui lui causaient des chaleurs et des tremblements. Il ne se souvenait de rien à la suite de ces épisodes. Lui aussi avait l'impression de devenir fou. «Je me baissais la tête et je partais comme dans un autre monde, dans une autre réalité et puis je revenais et ne me souvenais de rien», a-t-il mentionné au juge. Après son opération, son état psychique est revenu à la normale.

Aucun souvenir

Bertrand Manzerolle affirme avoir été victime d'une crise le 26 août 2015. Il allait s'acheter des cigarettes au Dépanneur Pierrette et affirme ne plus se souvenir de rien.

«Quand je suis arrivé proche du dépanneur, j'ai comme eu peur de perdre connaissance et je me suis tenu après un mur. Après je ne me souviens de rien. Je me souviens que six policiers étaient derrière moi et voulaient m'arrêter», a-t-il exprimé.

Par contre, en contre-interrogatoire, la procureure Julie Villeneuve l'a désarçonné à quelques reprises et lui a fait avouer des choses surprenantes, notamment sur la vidéo qui a filmé le vol et où on le reconnaît clairement.

«Je ne me suis pas reconnu sur la vidéo. Je ne porte pas de calotte, je ne marche pas comme ça. Moi, je vois que ce n'est pas moi», a-t-il lancé sans sourciller.

Il n'a pas été en mesure d'expliquer pour quelle raison il s'est retrouvé avec une fausse arme sur lui. «J'ai peut-être trouvé ça à terre ou chez moi je ne sais pas. J'ai déjà vendu des armes de jeux vidéo, mais c'était surtout de Wii et elles sont blanches et pas noires», a-t-il mentionné en pointant la fausse exhibée sur une photographie.

Ensuite, la procureure l'a martelé de questions pour tester la mémoire de Manzerolle après son opération. Il n'a pas été en mesure de répondre clairement à des questions toutes simples.

Reconnu par le caissier

Plus tôt en matinée, le caissier du dépanneur a identifié Bertrand Manzerolle comme étant celui qui avait fait le vol qualifié. Il connaissait l'homme parce qu'il était un client régulier qui achetait de la bière assez souvent. Il a été étonné de son attitude cette journée-là et il a été surpris que Manzerolle montre la crosse d'un fusil pour faire un hold-up. Le caissier n'a pas hésité à lui remettre le contenu du tiroir-caisse. Il s'est même déplacé à l'autre caisse, mais n'a pas été en mesure de l'ouvrir. Manzerolle a pigé dans le tiroir-caisse pour dérober 271$. Manzerolle a été arrêté 15 minutes plus tard, assis derrière une machine de loterie vidéo au bar La Rencontre.

Le procès se poursuit jeudi avec le témoignage d'un médecin expert.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer