Faible récolte de bleuets en forêt

La récolte de bleuets en forêt n'a pas été aussi prometteuse que prévu. Les... (Archives Le Quotidien)

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Louis Potvin
Le Quotidien

La récolte de bleuets en forêt n'a pas été aussi prometteuse que prévu. Les transformateurs de bleuets ont décidé de fermer les postes d'achats pour se concentrer sur la récolte en bleuetière.

«Cette année, il y a moins de cueilleurs que d'habitude et le bleuet est moins abondant. Nous avions loué 10 camions pour effectuer la récolte aux différents postes d'achat et finalement nous n'en avons utilisé que quatre, ça démontre la rareté du bleuet», mentionne le directeur de la division Azurco de Bleuets sauvages du Québec, Jean-Pierre Senneville.

La direction a donc pris la décision de fermer tous les postes d'achats en début de semaine. Une décision critiquée par Michel Dion, qui s'occupe d'un poste d'achat au kilomètre 60 du chemin Domtar au nord de Dolbeau-Mistassini. «Le bleuet commence à être prêt là. Il y en a en masse. Il a été mature plus tard cette année. Il y a plein de gens qui sont montés dans le bois ou voulaient monter et là ils ne pourront pas compter sur de l'argent qu'ils pensaient faire. Ce sont des revenus importants qui vont manquer à ces personnes qui s'en servaient pour payer la rentrée scolaire, des vêtements ou payer des dépenses importantes», souligne-t-il.

L'homme qui habite en forêt à l'année pense que les transformateurs veulent faire mourir la récolte en forêt. Le prix à 95 cents n'aurait pas aidé à faire «monter» des cueilleurs dans le «bois». «Ils fermaient beaucoup plus tard que d'habitude dans les années passées. Là, ils ferment pour prendre tous les bleuets dans leurs bleuetières. Ils font appel à la forêt quand ils manquent de bleuets. On est rendus des bouche-trous. Nous sommes pris en otages. C'est une tradition ancestrale qui va se perdre», critique-t-il.

Jean-Pierre Senneville ne s'en cache pas, son groupe privilégie la récolte dans les bleuetières appartenant à des producteurs partenaires de l'entreprise. «On veut récolter le plus que l'on peut avant que ça gèle. C'est certain que nous allons privilégier nos bleuets avant ceux en forêt. Surtout que nous avons un meilleur contrôle sur la qualité et nous disposons de plusieurs bleuetières biologiques», explique-t-il.

Ce dernier pense que la récolte en forêt à des fins commerciales pourrait disparaître dans le futur. La baisse du nombre de cueilleurs jumelée aux coûts importants liés aux transports des petits fruits sur de très longues distances est plus difficile à rentabiliser dans le contexte mondial des marchés des bleuets, ce qui entraîne son prix de vente vers le bas.

Association des cueilleurs

Le président de l'Association des cueilleurs, Clément Bélanger, concède qu'il s'agit d'une année très difficile. «Il y a des secteurs où les cueilleurs ne ramassaient que deux à trois boîtes par jour alors qu'habituellement c'était entre 12 et 15. Des agronomes m'ont dit que ç'a probablement gelé en forêt. De plus, les pollinisateurs n'auraient pas fait leur travail en juin à cause du temps frais et de la pluie», signale-t-il.

Année record ?

Certaines personnes avancent que la récolte 2016 pourrait dépasser les 100 millions de livres. Jean-Pierre Senneville, d'Azurco, se montre plus prudent. «La récolte n'est pas terminée. On ne sait pas ce qui peut arriver. Je pense que ça pourrait plus jouer autour de 75 millions de livres comme en 2014», mentionne-t-il.

L'abondance du bleuet a obligé les propriétaires d'usines de congélation à contingenter le nombre de boîtes disponibles par bleuetières afin que les usines soient en mesure de fournir pour transformer les quantités possibles. D'ailleurs, des boîtes utilisées en forêt ont été rapatriées pour la récolte dans certaines bleuetières.

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