Le partage du droit de gérance du lac Saint-Jean anime le débat

Le préfet André Paradis a demandé au directeur... (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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Le préfet André Paradis a demandé au directeur du programme de stabilisation des berges d'ouvrir le débat sur un scénario de gestion émanant du milieu.

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Le Comité de suivi de la gestion durable du lac Saint-Jean, formé des élus des trois MRC et de Mashteuiatsh, exige un débat devant le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui dépasse largement le cadre du programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean tel que déposé par la multinationale Rio Tinto.

Le comité a profité de la seconde séance d'information générale tenue par le BAPE devant un peu plus de 200 personnes réunies à Alma, mercredi soir, pour annoncer ses couleurs et surtout exiger le partage du « droit de gérance du lac Saint-Jean ».

Il s'agit d'un premier choc brutal entre le milieu et Rio Tinto qui a toujours refusé de mettre sur la table les droits obtenus en 1926 et renouvelés à quelques occasions par le gouvernement du Québec.

« Le consensus sur le scénario de gestion du lac Saint-Jean du milieu repose sur le vécu et l'expérience des citoyens vis-à-vis un patrimoine collectif. Une fois de plus, le milieu s'attend à ce que les audiences publiques portent sur une gestion durable du lac Saint-Jean et non uniquement sur un programme de stabilisation de ses berges comme ce fut le cas par le passé », stipule le communiqué signé par le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis.

Nouvelle gouvernance

Le comité du milieu enchaîne en rappelant « qu'en d'autres termes, le comité propose une nouvelle gouvernance de cette ressource naturelle particulière à la région, par la création d'une commission de gestion durable du lac Saint-Jean ».

Dès l'ouverture de la période de questions adressées au promoteur, le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, a demandé au promoteur de s'engager à débattre de la proposition du milieu dans le cadre des audiences publiques. Le directeur du programme de stabilisation, Jean Pedneault, a ouvert la porte à ce débat qui implique la participation du milieu dans la gestion effective du niveau du lac Saint-Jean.

Le sujet sera discuté, mais le promoteur explique que la demande initiale du milieu nécessiterait pour les MRC de se faire céder des pouvoirs par le gouvernement du Québec.

Jean Pedneault juge donc que le temps manque dans le cadre du processus actuel pour se lancer dans une telle aventure.

Les problèmes sérieux du territoire du parc provincial de conservation de Pointe-Taillon ne seront pas traités dans le cadre du programme de stabilisation 2017-2026. Selon Jean Pedneault, le gouvernement du Québec assume la responsabilité de ces terres. Dans ce cas spécifique, il existe une problématique spécifique avec la disparition de l'île Boulianne devant la municipalité de Péribonka.

Les représentants de Rio Tinto ont d'autre part été rattrapés par les déclarations passées du directeur du programme de stabilisation à l'effet qu'il y aurait une facture pour les riverains en lien avec les travaux de stabilisation. Jean Pedneault a assuré que les coûts de ces travaux seraient assumés par le programme de stabilisation sans autre explication.

En ce qui concerne la gestion immobilière des baux sur le pourtour du lac Saint-Jean, Jean Pedneault a assuré que Rio Tinto ne chassera pas les occupants. L'entreprise compte mettre en place un comité pour déterminer les solutions à cette volonté de l'entreprise de revoir le modèle en fonction des nouvelles réalités, dont le fait que le lac Saint-Jean ne recule plus.

Quant à une demande officielle d'excuse logée par Denis Trottier pour l'ennoiement illégal des terres en 1926, le porte-parole de l'entreprise a expliqué que ce sujet ne faisait pas partie du programme de stabilisation des berges 2017-2026.

Ces deux soirées d'information démontrent que le débat entre les riverains et Rio Tinto reprend exactement où il a été suspendu à la fin des audiences publiques du début des années 1980 sur la certitude des droits de l'entreprise consentis en 1922 par le gouvernement du Québec sur la gestion du niveau du lac Saint-Jean.

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