Le réseau routier de Saguenay en mauvais état

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Près de 40 % du réseau routier municipal de Saguenay se trouve en piteux état.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Près de 40% du réseau routier de Saguenay est en mauvais ou très mauvais état. C'est ce qui ressort du dernier rapport du vérificateur général (VG), déposé lundi à la séance du conseil municipal. Les quelque 1150 kilomètres de voie publique se sont dégradés au cours des dernières décennies. Et la vétusté s'est accélérée depuis 2006.

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Alain Girard, vérificateur général par intérim à Saguenay, a déposé son rapport lundi à la séance du conseil municipal.

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Le VG pointe le manque d'investissement dans le réseau routier municipal et recommande l'élaboration d'un plan à long terme pour stopper la dégradation de l'état des routes. «Au Québec, il n'y a pas eu d'investissements importants en infrastructure au cours des 40 dernières années. Ce qui fait en sorte que toutes les municipalités sont aux prises avec un important déficit d'infrastructure. Évidemment, Saguenay n'y fait pas exception. Maintenant qu'est-ce qu'on doit faire? Une des recommandations importantes, c'est de dire à Saguenay de se donner un plan d'investissements à long terme. Un plan qui permettra de freiner la désuétude qui est amorcée depuis des dizaines d'années et qui s'est accélérée dans la dernière décennie», commente Alain Girard, VG par intérim à Saguenay. Jean Tremblay n'est pas surpris du rapport qui fait également état de la piètre condition du parc immobilier municipal, mais le maire préfère voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide.

«J'endosse complètement ce rapport. On le savait que nos routes n'étaient pas fameuses. Mais le problème des infrastructures est étendu à tout le Québec. Et quand on se compare, on se console. Je le dis souvent qu'on est meilleurs. Mais le rapport le montre encore», exprime le maire.Ce dernier fait référence au déficit d'entretien pour l'ensemble des villes du Québec qui s'élève à plus de 34 milliards$ (données de 2011). «Saguenay compte moins de 2% de la population provinciale. Si on calcule 2% du déficit, ça fait 680 millions$. On est loin d'avoir un déficit de ce montant à Saguenay», calcule le maire. Le déficit actuel de la ville n'a pas été identifié par le VG. Alain Girard, qui en est à son quinzième rapport en tant que vérificateur général, estime toutefois que Saguenay ne peut se comparer aux autres villes de cette façon. «Une règle de trois, ça serait trop simpliste», commente le VG.

Il admet toutefois que l'importance du territoire saguenéen représente une difficulté supplémentaire pour l'amélioration constante du réseau routier.

Le maire a également tenu à préciser que la ville a déjà augmenté les investissements dans le réseau routier. Saguenay injectait, bon an mal an, un peu plus de 10 millions$ dans ces infrastructures. En 2016, le budget a doublé pour atteindre près de 21 millions$.

Méconnaissance du parc immobilier

Le VG blâme Saguenay dans sa gestion de l'entretien du parc immobilier dont l'âge moyen est de 47 ans. Les façons de faire actuelles ne permettent pas de prévoir les besoins en rénovation, note Alain Girard, reprochant ainsi à la ville de ne pas avoir évalué le déficit de maintien des actifs.

Il n'existe pas non plus de plan d'investissements et de financement pour assurer la pérennité des quelque 443 sites répertoriés. Le parc immobilier est évalué à 600 millions$. Une valeur qui remonte à plusieurs années et qui n'a pas été mise à jour, déplore aussi Alain Girard dans son rapport d'une centaine de pages.

«Il existe peu d'informations permettant de dresser un portrait de la situation et de quantifier la vétusté des immeubles dans le logiciel. Il s'agit d'une importante lacune», constate le VG.

«Il y a un système de gestion, mais il est sous-utilisé et il ne permet pas d'extraire les données qui permettraient de prendre des décisions éclairées sur les montants à investir pour rattraper le déficit de maintien d'actifs. On parle de la période des années 60 aux années 2000, où il n'y a pas eu d'investissements», explique Alain Girard.

À l'instar de la majorité des villes du Québec, Saguenay a en effet délaissé l'entretien de son parc immobilier. Mais de plus en plus de municipalités s'en préoccupent, à la suite d'accidents survenus dans des immeubles municipaux.

«Il n'y avait pas d'investissements dans les dernières décennies, car les édifices semblaient en bon état. Il n'y avait pas d'incident, il n'y avait de risques. Ce n'était pas une source d'inquiétude pour les pouvoirs municipaux. On n'a pas fait comme on voit dans les édifices à condos qui possèdent des fonds de réserve, de prévoyance. Au niveau municipal, ça n'existe pas. Cela a eu pour effet de créer un déficit de maintien d'actif. Une "baloune" dans lequel on a accumulé l'usure, la désuétude. Et en 2005, lorsqu'il y a eu des accidents dans la province, comme des pans de murs qui sont tombés, c'est là que le monde s'est réveillé», rappelle le VG.

Malheureusement, ce retard dans l'entretien risque de coûter cher à Saguenay. Une intervention planifiée permet de réduire les coûts pour maintenir la valeur et le niveau de services des immeubles, écrit Alain Girard, rappelant qu'une intervention réalisée en urgence est plus dispendieuse.

Alain Girard salue toutefois la récente prise de «conscience municipale» qui a fait grimper le budget réservé pour les travaux de rénovation des immeubles, passant de 1,3 million$ à 3,2 millions de 2007 à 2015

La faute aux députés, dit Jean Tremblay

Les députés n'ont rien fait pour aider Saguenay à améliorer son réseau routier. Le maire s'est montré cinglant à l'endroit des trois élus à l'Assemblée nationale, soit Serge Simard, Sylvain Gaudreault et Mireille Jean. Jean Tremblay estime que les députés n'ont pas joué leur rôle pour trouver du financement nécessaire à l'entretien des quelque 1150 km du réseau municipal.

«On a un territoire deux fois et demie l'île de Montréal. C'est une situation particulière qui demande une aide particulière. Je demande de l'aide depuis longtemps», a martelé le maire, en rappelant ses nombreuses interventions publiques sur le sujet.

«Je n'ai jamais eu d'aide des députés. Je n'ai jamais entendu un député dire qu'il allait nous aider. Des fois je me demande ça fait quoi un député?», a-t-il renchéri.

Le maire a répété qu'il mettait tous les députés dans le «même sac». Même Serge Simard, qui était autrefois conseiller municipal et président du conseil d'arrondissement de La Baie, n'a pas contribué davantage, selon Jean Tremblay.

Au printemps dernier, le maire de Saguenay a rencontré le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust, pour réclamer une aide financière pour la réfection du réseau routier.

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