Tordeuse des bourgeons de l'épinette: un projet pilote prometteur

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Un hélicoptère appartenant à une firme de Trois-Rivières a arrosé environ 1100 hectares de forêt privée au Saguenay et dans le haut du Lac-Saint-Jean.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

C'est connu, la tordeuse des bourgeons de l'épinette fait des ravages dans la région depuis quelques années. Une lueur d'espoir subsiste toutefois pour les propriétaires de lots forestiers privés confrontés aux effets dévastateurs de l'insecte.

Un projet pilote d'arrosage mis en branle au début de l'été par le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean porte ses fruits. Les effets sont visibles sur le terrain, notamment dans le secteur de Ferland-et-Boilleau, où les peuplements de sapin sont sévèrement affectés par l'insecte défoliateur. C'est la première fois qu'une région du Québec réalise un tel projet en forêt privée.

L'ingénieur forestier Martin Lavoie et son collègue technicien Marc-André Dion, tous deux à l'emploi du Syndicat des producteurs de bois, ont invité l'équipe du Progrès-Dimanche à constater de visu les effets bénéfiques du programme d'arrosage, déployé sur 15 jours en juin. Les deux spécialistes étaient accompagnés de Mario Beaulieu, technicien forestier à la Société sylvicole du Saguenay. Aux fins de l'exercice, les trois hommes ont entraîné la journaliste et le photographe sur un lot privé témoin situé à proximité de l'usine Grande-Baie de Rio Tinto, une forêt appartenant à un particulier qui n'a pas participé au projet d'arrosage. Les dommages sont visibles d'emblée, particulièrement à la cime des arbres, où les chenilles s'en sont donné à coeur joie en mangeant les aiguilles.

«Les premiers signes de l'épidémie que l'on vit présentement se sont manifestés vers 2006-2007. Habituellement, les cycles sont d'environ dix ans. On pense qu'on est présentement dans le ''peak'', mais on ne sait pas si ça va tomber en décroissance», explique Martin Lavoie. Muni d'un long sécateur, l'ingénieur a procédé à la coupe de quelques branches en hauteur pour démonter à quel point les ravages provoqués par la tordeuse sont dévastateurs.

Un projet pilote mis de l'avant par le... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Un projet pilote mis de l'avant par le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean a permis l'arrosage aérien de 83 lots forestiers privés en juin. Quelques semaines plus tard, les effets sont visibles sur le terrain, comme en témoignent ces deux photos. Un propriétaire privé qui a pris part au programme peut se réjouir de voir ses conifères reprendre du poil de la bête grâce à l'insecticide biologique BTK.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

À quelques dizaines de mètres de là, on... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.1

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À quelques dizaines de mètres de là, on observe l'effert de la tordeuse sur les arbres qui n'ont pas été arrosés, dans le secteur de Ferland-et-Boilleau.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

À quelques dizaines de mètres de là, un autre lot privé, cette fois appartenant à un propriétaire regroupé sous l'égide du groupe de 83 producteurs qui ont accepté de prendre part au projet pilote. La différence est étonnante et certains conifères déjà attaqués par la tordeuse ont même commencé à se régénérer. La présence de nombreux bourgeons verts en fait foi. En fait, les échantillons prélevés sur le terrain sont si probants que les instigateurs du projet croient en la pertinence de le reconduire, voire même de l'élargir. De plus, son efficacité fournit de précieux arguments au Syndicat des producteurs de bois et à sa partenaire, l'Agence de mise en valeur de la forêt privée, pour convaincre le ministère des Ressources naturelles d'investir dans un vaste programme d'arrosage dans les régions québécoises les plus affectées par la tordeuse. Il s'agit du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de l'Abitibi.

«Si on ne fait rien, ces arbres-là vont mourir. Ce sont des pertes importantes pour les producteurs. Ça les force souvent à couper plus tôt», pointe Marc-André Dion, qui souligne qu'en plus de s'approvisionner en bois dans la forêt publique, certaines usines se tournent aussi vers des producteurs privés pour puiser leur matière ligneuse.

Les techniciens forestiers Mario Beaulieu et Marc-André Dion... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 3.0

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Les techniciens forestiers Mario Beaulieu et Marc-André Dion entourent l'ingénieur forestier Martin Lavoie.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Arrosage par hélicoptère

L'arrosage, par hélicoptère, des lots privés a été réalisé par la firme GDG Environnement de Trois-Rivières. La compagnie a utilisé l'insecticide BTK, un produit biologique qui s'attaque à la tordeuse lorsqu'elle est au stade larvaire (chenille). Environ 1100 hectares ont été protégés. Cette superficie représente moins de 1 pour cent du territoire régional en forêt privée affecté par l'insecte indigène. Les coûts du programme ont été financés à 40 pour cent par les propriétaires de lots. Le projet pilote a principalement ciblé des plantations d'épinettes blanches de 20 à 40 ans et des peuplements naturels de sapins.

«Nous sommes très satisfaits des résultats. On a réussi à montrer que le besoin est là et que c'est pertinent», met en relief l'ingénieur Martin Lavoie, qui invite la population à participer à la journée forestière du Syndicat des producteurs de bois. L'événement annuel aura lieu au Moulin des pionniers de La Doré samedi prochain. Un stand y sera érigé afin de diffuser les résultats du projet pilote d'arrosage.

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