Un baume sur le coeur d'une maman

Michaël Girard est décédé en juin 2008, happé... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Michaël Girard est décédé en juin 2008, happé mortellement alors qu'il traversait le boulevard Talbot à Laterrière.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Le 26 juin 2008, Michaël Girard est mort. Il avait 13 ans. Huit ans plus tard, même si la peine ne partira jamais totalement, un baume vient d'être placé sur le coeur de sa mère, Christine Larouche.
Le baume a pris la forme d'une croix. Une croix que Martin Saint-Gelais, Chantal Lapointe et Denis Lapointe ont restaurée. Une croix située tout près de l'endroit où le vélo de Michaël a été happé par une voiture, en cette fatidique soirée d'été.

Michaël Girard venait d'appeler sa grand-mère pour lui dire qu'il arriverait «dans cinq minutes». Il était tout près de chez lui, au Pétrole RL à Laterrière. Il devait par contre traverser le boulevard. Il l'a traversé en diagonale, alors qu'une voiture arrivait. «Il a revolé 120 pieds dans les airs, 50 pieds plus loin. Quand tu es parent, ce sont tes enfants qui devraient t'enterrer, pas l'inverse. Quand on m'a appelée pour me dire qu'il s'était fait frapper, j'ai su tout de suite qu'il était mort. Je le sentais, affirme la mère de quatre enfants. J'étais sous le choc. Ça m'a pris six mois avant d'être vraiment capable de pleurer.»

Christine Larouche a ensuite pleuré. Pour vrai. «Depuis, je sens qu'il est là, avec moi. Je lui parle souvent. Ils disent qu'avec le temps, la douleur s'estompe. C'est vrai. Elle s'estompe, mais ne part pas. Elle est différente. Moi, Michaël, je le sens comme toujours vivant, même s'il n'est pas là. Je lui souhaite ''bon matin'' tous les jours en passant devant sa croix.»

Cette croix, usée par le temps, avait été brisée en trois morceaux. Sauf que de bons samaritains ont décidé de la restaurer. Martin Saint-Gelais, Chantal Lapointe et Denis Lapointe ont réalisé un petit aménagement paysager dans lequel ils ont placé une croix en aluminium et en bois. Et surtout, la photo de Michaël, avec une prière. «Nous serons séparés pour quelque temps. Laissez les souvenirs apaiser votre douleur, je ne suis pas loin, et la vie continue», peut-on en outre y lire.

«Les personnes qui ont fait cette croix sont des personnes qui rendent le monde meilleur. Elles rendent les gens heureux. C'était important que la croix soit là, avec le visage de Michaël. Depuis l'accident de mon fils, depuis que j'ai placé la première croix, il n'y a jamais eu d'accident mortel à cette intersection. Le fait que les gens puissent mettre un visage est important. La photo est importante. Les personnes qui ont fait la nouvelle croix se sont assurées que la photo ne changerait pas de couleur au soleil. Tout ça compte tellement pour moi.»

Quand tu perds un enfant, explique Mme Larouche, c'est une partie de toi qui part. Ton coeur se brise.

Et des gestes comme celui du trio Lapointe-Saint-Gelais contribuent à le réparer. Ne serait-ce qu'un petit peu.

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