Larouche: oui à l'aqueduc, mais pas à n'importe quel prix

Un référendum se tiendra le 11 septembre sur... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Un référendum se tiendra le 11 septembre sur le projet qui nécessite des investissements de 1,6 million$.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le prolongement du réseau d'aqueduc de Larouche vers le secteur de villégiature du Lac du Camp continue de susciter du mécontentement. Les résidants veulent être desservis par la municipalité, mais pas à n'importe quel prix. Un référendum se tiendra le 11 septembre sur le projet qui nécessite des investissements de 1,6 million$. Plus de la moitié des quelque 153 personnes inscrites doivent s'opposer pour faire reculer la municipalité.

Et si le projet va de l'avant, il en coûtera près de 14 000$ par nouveau client, payable sur 20 ans. Si les citoyens pouvaient faire un seul versement, la facture frôlerait les 10 200$, mais cette option, qui est présentée dans de tels projets municipaux, n'est pas offerte à Larouche. Sous les conseils de leurs avocats, les élus ont écarté cette façon de faire pour simplifier la gestion du règlement d'emprunt.

«Personne n'est contre le projet. On ne peut s'opposer à l'eau, mais le prix est beaucoup trop élevé. Du jour au lendemain, on a une facture de 1030$ par année qui s'ajoute au compte de taxes (incluant le coût du service d'aqueduc de 350$). Et on doit payer ça pendant 20 ans», dénonce France Tremblay, un des résidants du Lac du Camp.

«Ils n'ont pas offert de payer en un seul versement. Ils pensent qu'on n'a pas assez d'argent? Mais là, on doit payer des milliers de dollars en intérêts», renchérit un voisin, qui préfère conserver l'anonymat par peur de représailles.

Le Quotidien a rencontré six propriétaires de ce secteur qui dénoncent ces coûts «exagérés». Réuni chez un résidant, le groupe souhaite que la municipalité retarde le projet de quelques mois, en attendant de savoir si elle peut recevoir une subvention gouvernementale. À la mi-septembre, Québec dévoilera un tout nouveau programme d'aide pour financer les projets d'agrandissement d'aqueduc.

Référendum

«C'est vrai que le moment est mauvais. Le référendum se tient quelques jours avant le dévoilement du programme. Mais on ne peut retarder le référendum ou même changer la question pour préciser que le projet est conditionnel à l'obtention d'une subvention. L'avis public a été publié et on doit respecter le délai imposé par le DGE, précise Martin Gagné, directeur général de Larouche. Si on retarde, il faut tout recommencer», ajoute-t-il.

Le projet initial prévoyait un branchement de 250 maisons situées au Lac du Camp et dans la baie de Cascouia, mais les résidants du dernier secteur se sont retirés avant d'aller plus loin. Les citoyens de la rue Wilfrid-Bédard faisaient aussi partie du projet, mais neuf des 11 résidants ont voté contre lors de la signature du registre. Ce résultat a poussé le conseil à enlever ce secteur.

Les propriétaires des 120 autres résidences craignent de payer l'installation des infrastructures pour les futurs clients. «Les gens de la rue Wilfrid-Bédard vont pouvoir se brancher dans le futur sur notre réseau. Mais est-ce qu'ils vont payer le même montant que nous? Personne n'est en mesure de nous le dire», plaide un résidant.

Le maire de Larouche réside d'ailleurs sur ce chemin. Réjean Bédard ne peut toutefois commenter le dossier, car il se trouve en conflit d'intérêts. Il est propriétaire d'un terrain, dont une parcelle devra être vendue à la municipalité pour l'agrandissement du réseau d'aqueduc.

«Au départ, j'ai offert de donner la servitude, mais les avocats n'ont pas voulu. Dans un tel cas, il faut passer par une expropriation, donc je ne peux pas non plus négocier la vente du terrain», répond le maire.

Le projet est financé à 75% par les résidants du Lac du Camp. Le montant est le même pour tous. Les citoyens du village payent l'autre partie par une taxe spéciale qui devrait atteindre les 20$ par année pour une résidence moyenne.

Les membres du camp du non espèrent toutefois que si le projet ne reçoit pas l'aval de la population, la municipalité tentera tout de même de décrocher une subvention. «Ça pourrait tout changer», lance France Tremblay.

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