Rio Tinto doit réintégrer un cadre congédié en 2015

Texte: Cette histoire remonte à septembre 2014 lorsqu'une... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Texte: Cette histoire remonte à septembre 2014 lorsqu'une dénonciation anonyme a été faite au chef des opérations en Amérique du Nord de RT, Étienne Jacques, à la Gendarmerie royale du Canada, à Revenu Canada et à Revenu Québec concernant un système de collusion et de fausse facturation. Cinq entreprises et six employés étaient visés, dont Claude Lapointe, un employé-cadre de niveau 2 à l'usine almatoise.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La juge Myriam Bédard, du Tribunal administratif du travail, infirme la décision de Rio Tinto (RT) d'avoir congédié l'un de ses cadres de l'Usine Alma, Claude Lapointe. Même si celui-ci a commis une faute, le tribunal décide de ramener la pénalité à une suspension de trois mois. La juge oblige la compagnie à réintégrer son employé et à lui remettre le salaire perdu depuis le 21 août 2015, soit depuis la fin de sa suspension, d'ici les 30 prochains jours.

Me Éric Lebel... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

Agrandir

Me Éric Lebel

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Cette histoire remonte à septembre 2014 lorsqu'une dénonciation anonyme a été faite au chef des opérations en Amérique du Nord de RT, Étienne Jacques, à la Gendarmerie royale du Canada, à Revenu Canada et à Revenu Québec concernant un système de collusion et de fausse facturation. Cinq entreprises et six employés étaient visés, dont Claude Lapointe, un employé-cadre de niveau 2 à l'usine almatoise.

Il appert que les personnes visées avaient obtenu du matériel et des objets à meilleur prix pour leur usage personnel. Claude Lapointe avait bénéficié de ces privilèges auprès d'Éric Gagnon, un employé de l'entreprise HPL, qui réalisait des affaires avec RT. Une pratique interdite selon le Code de conduite mondial de la compagnie.

Claude Lapointe a été congédié le 21 mai 2015 à la suite d'une enquête confiée à une firme externe de Québec afin de vérifier les allégations.

Quelques jours après son congédiement, M. Lapointe, par le biais de son avocat, Me Éric Lebel, a déposé une plainte basée sur l'article 124 de la Loi sur les normes du travail afin de contester la décision de la multinationale de l'aluminium.

Dans sa décision de 39 pages, la juge Bédard reconnaît que l'employé a commis une faute en faisant preuve d'insouciance et d'irréflexion dans son comportement alors qu'il aurait dû être prudent et vigilant avant d'effectuer des transactions avec Éric Gagnon. M. Lapointe contrevenait ainsi au Code de conduite mondial, mais la juge ne croit pas que ces infractions justifiaient le congédiement du cadre comptant 27 années d'ancienneté au sein de la compagnie.

«Les éléments présentés ne révèlent aucune préméditation dans les gestes reprochés. Les événements se produisent dans une petite localité où les gens se connaissent et là où le nombre d'entreprises avec lesquelles il est possible de transiger est limité», écrit-elle.

«Il n'y a aucun élément révélant une intention délibérée d'enfreindre les règles et politiques en vigueur. De plus, aucun avantage n'a été accordé au détriment de RT. Je retiens aussi que le dossier disciplinaire de M. Lapointe est vierge, que ses évaluations sont très bonnes et qu'il a toujours été dévoué à l'entreprise, notamment lors du lock-out. Et contrairement aux commentaires des enquêteurs, M. Lapointe a collaboré à l'enquête», poursuit la juge Bédard.

Il va sans dire que cette décision revêt un caractère important pour les autres cadres congédiés en lien avec cette affaire de collusion et de fausses facturations.

«Il s'agit effectivement d'une victoire importante. La compagnie a maintenant 30 jours pour réintégrer mon client. Sinon, elle devra déposer une requête en Cour supérieure. Il me reste à régler les dossiers de deux autres clients dans cette affaire. Je vais attendre la position de la compagnie avant d'aller plus loin», a mentionné Me Éric Lebel.

Du côté de la multinationale, la porte-parole régionale, Xuân-Lan Vu, n'a pas fait de commentaires sur la décision, rappelant que la compagnie ne traite pas les dossiers de ses employés sur la place publique.

«Nous allons prendre le temps d'étudier le jugement. Celui-ci fait environ 40 pages», a-t-elle indiqué.

Si l'obtention d'objets à bon prix a été reprochée à Claude Lapointe, le jugement laisse voir que le patron de RT, Étienne Jacques, a lui aussi reçu une commandite de la part d'Éric Gagnon, de HPL.

Par contre, cette commandite ne lui était pas destinée personnellement, mais plutôt au profit d'un organisme à but non lucratif.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer