Pacte social de l'aluminium: premier forum vendredi

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Raphaëlle Blais et Louis-Philippe Morasse, agents de recherche, entourent le président du CRDT, Marc-Urbain Proulx

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Laura Lévesque
Le Quotidien

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Plus de 175 personnes se réuniront à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), vendredi, pour le tout premier Forum régional sur les composantes du pacte social de l'aluminium. Des chercheurs, des riverains, des élus, des gens d'affaires, des citoyens et différents experts se pencheront sur cette industrie qui fait vivre plusieurs turbulences au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Organisé par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) de l'UQAC, l'événement vise à faire la lumière sur une foule d'enjeux liés à l'industrie de l'aluminium.

Mais le personnage principal de cette industrie, Rio Tinto (RT), ne participera pas activement à l'événement. L'entreprise a tout de même confirmé la présence d'observateurs.

«Il se passe des choses très importantes dans le monde de l'aluminium. Ç'a commencé dans les années 80 avec la modernisation, mais ça s'est accéléré avec la crise financière. Les grandes entreprises ont rationalisé pour gagner de la productivité. Il y a aussi plusieurs autres enjeux, dont l'énergie renouvelable, la gestion des berges du lac Saint-Jean. Il y a aussi la question entourant la Vallée de l'aluminium. On est en train de perdre l'exclusivité de cette spécialisation régionale, car Québec a créé une grappe d'aluminium. Et certains outils ont déménagé vers Montréal. Ça aussi, ça inquiète les gens», énumère Marc-Urbain Proulx, codirecteur du CRDT, ajoutant que la transformation et la fiscalité des installations hydroélectriques seront également abordées durant le forum.

Ces enjeux sont clairement identifiés par les intervenants régionaux et groupes de pression. Il n'existe cependant pas de lieu commun pour accueillir ce débat élargi.

«Il y a plusieurs enjeux soulevés par des groupes dans la région, mais il n'y a pas de vision globale et d'interrelations entre les groupes. L'événement vise à faire la lumière sur ce qui nous arrive dans la région. Comment le milieu régional peut se repositionner ou optimiser sa place dans cette industrie mondiale qui est en forte croissance? Où va notre industrie régionale? Est-ce qu'il y a un avenir dans la région? On veut trouver des solutions pour mieux maîtriser ces enjeux», exprime M. Proulx.

La journée de réflexion culminera avec une séance plénière pour statuer sur les diagnostics et les solutions proposées. Et le suivi de ce forum d'une journée dépendra des acteurs régionaux.

«Il n'y aura pas de conclusions définitives, car notre apprentissage collectif à comprendre cette industrie ne sera pas terminé après le forum. Le forum veut créer de nouvelles lumières, à partir d'où nous sommes. Et ce sera aux acteurs régionaux et aux élus de voir ce qu'ils peuvent faire pour poursuivre la discussion et faire avancer les choses», détaille M. Proulx.

Des intervenants de différents milieux se sont inscrits à l'événement. Des gens de la Côte-Nord participeront également au forum. Mais peu d'entreprises se sont inscrites, admet le président du CRDT.

«Il y en a qui se sont inscrites. On aimerait cependant en avoir plus, car ils vivent au quotidien les difficultés de cette industrie», rappelle le chercheur.

Vue aérienne du lac de boues rouges à... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 4.0

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Vue aérienne du lac de boues rouges à Arvida

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

Le CVD réplique à Pierre Charbonneau

(Jonathan Hudon) - Le comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) réplique à Pierre Charbonneau, qui vient de lancer une pétition en appui au projet d'agrandissement du lac de boue de Rio Tinto. La présidente du CVD, Lana Pedneault, réfute les allégations de l'enseignant de l'UQAC qui affirme que le groupe fait de la désinformation.

«Nous constatons qu'il fait ce qu'il reproche au CVD et à tous ceux qui cherchent des solutions plus viables que l'entreposage: il ne donne pas l'heure juste, exprime Mme Pedneault dans un communiqué. Lorsqu'il parle d'emplois qui risquent de se perdre, il reprend le même discours que Rio Tinto qui ne peut garantir ces emplois directs et indirects, dont le nombre est moins élevé que ce qu'il avance. En effet, lorsque l'usine fermera ses portes en 2047, aucun emploi ne survivra, mais elle laissera dans sa cour des déchets industriels comme legs pour la région.»

Lana Pedneault précise que le CVD n'est pas contre le projet d'agrandissement du site de résidus de bauxite, mais bien contre l'emplacement choisi. Elle soutient participer «de bonne foi» au Groupe de travail mixte initié par Rio Tinto. Le boisé Panoramique est présentement le site envisagé par la multinationale.

«Le CVD a proposé une autre alternative que le boisé Panoramique pour l'entreposage des résidus de bauxite, et cela, dans une optique de développement durable et créatrice d'emplois, peut-on lire dans le communiqué. Cette proposition est présentement étudiée au sein du Groupe de travail mixte qui réunit le promoteur, le CVD et d'autres organismes concernés.»

Le comité Citoyens pour un Vaudreuil durable invite tous ses membres ainsi que les intervenants associés au dossier à s'inscrire au Forum social, vendredi. Lana Pedneault sera présente, acceptant ainsi l'invitation de l'économiste Marc-Urbain Proulx, du Centre de recherche sur le développement territorial.

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