Une victoire, selon l'ERD

Même si le nombre de signatures récoltées est... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Même si le nombre de signatures récoltées est insuffisant pour empêcher Saguenay d'aller de l'avant avec son projet d'investissement de 4,5 millions au quai de croisière à La Baie, Josée Néron estime que les 1100 signatures représentent une victoire.

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Josée Néron, la chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), considère comme une victoire la signature du registre, contre un investissement de 4,5 millions de dollars au quai des bateaux de croisière à La Baie, par 1100 citoyens.

Malgré tout, cela n'aura pas été suffisant et Saguenay peut aller de l'avant avec son projet, car il aurait fallu 1977 signatures pour forcer la tenue d'un référendum.

En point de presse vendredi matin, Mme Néron ne considère pas ce résultat comme une défaite, bien au contraire.

«Nous avons pris connaissance du chiffre. Ce sont 1100 personnes qui se sont déplacées pour démontrer leur désaccord avec le règlement d'emprunt. Nous remercions la population qui a pris le temps de se déplacer. Car il n'était pas évident de se rendre à l'arrondissement de Chicoutimi pour exprimer son opinion. Nous avions demandé au greffe d'avoir des registres ouverts dans les deux autres arrondissements. On nous a dit non, même si cela avait été possible. La prochaine fois, nous allons demander à ce que ça puisse se faire», mentionne Mme Néron.

«Nous envisageons d'ailleurs nous adresser au ministre (des Affaires municipales) afin d'envisager de modifier la loi afin de permettre aux citoyens de voter par Internet ou par pétition. Il faut s'ajuster avec la réalité actuelle et donner l'occasion d'avoir un accès plus facile aux gens pour donner leur opinion», de préciser Mme Néron.

Celle-ci souligne que le fait de pouvoir signer le registre à un seul endroit n'est pas la seule raison du manque de signatures pour amener Saguenay à revoir sa position.

«Une de nos bénévoles nous a dit avoir fait plusieurs appels téléphoniques, mais que ce n'était pas évident. Les gens sont encore en vacances, dans les chalets ou dans la rentrée scolaire.»

«De plus, trois jours pour signer, c'était très court. Le momentum n'était pas le meilleur, mais c'est tout de même une victoire pour l'ERD», indique Mme Néron.

Celle-ci ne croit pas que ce revers puisse nuire à la prochaine campagne électorale du parti politique. Elle estime qu'il était nécessaire d'agir de cette façon et qu'il fallait dénoncer cette situation.

«Nous ne pouvions rester assis et laisser passer la chose comme une lettre à la poste. On devait se lever, de dénoncer et d'appeler la population à se mobiliser.»

«Dans les circonstances, les 1100 signatures sont une réponse claire. Nous avons ébranlé le régime. M. le maire ne pourra pas dire que la population n'a pas exprimé son désaccord, de façon significative, dans la façon dont les décisions sont prises, soit derrière une porte clause et obligeant ensuite les élus à prendre une décision avec l'information obtenue sur une feuille 8,5 X 14 sans discussion et sans consultation», a repris la chef de l'ERD.

Si l'ERD s'oppose au projet, c'est que les deux élues au conseil municipal de Saguenay s'interrogent sur la nécessité d'investir 4,5 millions de dollars au quai des bateaux de croisière à La Baie.

«Nous ne sommes pas contre le développement économique, bien au contraire et nous allons le démontrer avec notre plate-forme électorale pour 2017. En nous opposant au règlement d'emprunt, nous voulions forcer le maire à ramener le conseil ensemble, à rediscuter le dossier, à ouvrir les livres et à expliquer l'achat des pontons stabilisateurs. Pourquoi faire des travaux majeurs sur le quai? Est-ce que le quai a des problèmes? Nous n'avons aucune réponse et nous voulions les avoir avant de voter sur l'emprunt», a conclu Josée Néron.

... et selon Luc Blackburn

Le maire suppléant de Saguenay, Luc Blackburn, se dit rassuré que les citoyens aient compris «toute l'importance de l'industrie des croisières internationales», après que les investissements au quai des croisières de La Baie n'aient pas été bloqués par la signature du registre. Il critique dans ce dossier l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) et sa chef, Josée Néron, qui «font perdre un temps précieux dans des causes perdues».

Luc Blackburn s'est dit «très heureux» du résultat obtenu, après les trois jours d'ouverture du registre, aux bureaux d'arrondissement de Chicoutimi. Au total, quelque 1100 personnes ont signé le registre pour s'opposer au règlement d'emprunt de 4,5 M$ visant à acquérir des pontons flottants et à assurer la réfection des infrastructures du secteur des croisières en aménageant un brise-lames.

Il aurait fallu 1977 signatures pour obliger Saguenay à reculer ou à tenir un référendum sur le projet.

«Il s'agit d'un projet porteur financé en très grande partie par les deux paliers de gouvernement. On ne pouvait passer à côté d'une telle opportunité!» a souligné M. Blackburn, par voie de communiqué. Il remercie les citoyens qui ont fait preuve de «réalisme et de clairvoyance» en appuyant ce projet.

«Entêtement injustifié»

Celui qui est aussi membre du Parti des citoyens de Saguenay critique la chef de l'ERD et son parti, pour leur attitude dans ce dossier. Ils n'ont pas voulu, selon lui, saisir l'importance de cet enjeu économique, étant «aveuglés [...] par leur partisanerie négative».

Il ajoute plus loin que «l'ERD et Mme Josée Néron, sous couvert de démocratie, nous font perdre un temps précieux dans des causes perdues».

«L'entêtement injustifié de l'ERD à décrier ce projet structurant aurait pu conduire à la tenue d'un référendum, a-t-il tenu à rappeler. Cela aurait coûté au bas mot aux citoyens la somme de 1,2 M$!».

Il estime que 1500 personnes auraient dû travailler de façon ponctuelle au référendum, et que l'exercice aurait demandé à une quarantaine d'employés permanents et à une dizaine d'occasionnels de travailler sur le dossier pendant cinq mois.

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