Chassé aurait bien tiré sur Goliath

Richard-Yves Chassé pourrait témoigner le 15 septembre.... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Richard-Yves Chassé pourrait témoigner le 15 septembre.

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Richard-Yves Chassé aurait bel et bien tiré le bouledogue américain Goliath parce qu'il venait de s'attaquer à l'un de ses boeufs et parce qu'il craignait d'être lui-même la cible du molosse.

Du moins, c'est ce qu'il a raconté à deux voisins au lendemain des événements du 10 octobre 2013, survenus à sa résidence du chemin du Cap, à Saint-Honoré.

Après près de trois années d'attente, le procès du client de Me Charles Cantin s'est ouvert au Palais de justice de Chicoutimi, jeudi matin, devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec.

L'homme de Saint-Honoré est accusé d'utilisation négligente d'une arme à feu, de l'avoir mal entreposée, d'avoir abattu volontairement un chien et de lui avoir fait subir des souffrances et des douleurs sans nécessité. Les événements reprochés au sexagénaire se sont produits le 10 octobre 2013 sur le chemin du Cap à Saint-Honoré.

Au cours de l'interrogatoire principal, Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a demandé à Richard Maltais et Réjean Gauthier ce qu'ils avaient entendu en lien avec la mort de Goliath.

« Réjean Gauthier et moi, nous préparions un méchoui. On est allé chercher du bois de poêle chez M. Chassé. C'est là que Richard-Yves nous a raconté ce qui s'était passé la veille. Il nous a dit que le chien s'était attaqué au boeuf. J'ai vu la morsure et le sang coagulé. Ensuite, M. Chassé s'est réfugié dans son garage et en sortant, le chien a foncé et s'est arrêté devant lui. On a vu les traces dans la garnotte. C'est là qu'il a dit qu'il avait tiré le chien », a mentionné M. Maltais, qui avait déjà fait connaissance avec les animaux du couple Julie Michaud et Jimmy Dorval.

« J'avais déjà eu la visite des chiens (Goliath et Bali) chez moi. J'avais voulu les faire partir, mais il n'a pas voulu. Il s'est montré réticent et j'ai été craintif. Comme j'avais des enfants près de moi, j'ai utilisé du poivre de cayenne pour le faire partir. Ç'a fonctionné. C'est en voyant la photo du chien dans Le Quotidien que j'ai appris qu'il appartenait à M. Dorval. On voyait souvent les chiens se promener dans le chemin », a ajouté Réjean Maltais.

Son compagnon, Réjean Gauthier, est venu raconter sensiblement les mêmes propos.

En bref

Depuis les événements d'octobre 2013, il va sans dire que les relations sont maintenant inexistantes entre les parties. Le couple Michaud-Dorval a intenté une poursuite de 229 000 $ contre M. Chassé pour la perte de l'animal, la perte de jouissance et la mise sur la glace de leur projet de zoothérapie.

En contrepartie, l'accusé s'est plaint du non-respect des règlements municipaux chez le couple Michaud-Dorval relativement à la présence des chiens. Plusieurs constats d'infraction ont été émis. Le dossier a été entendu en Cour municipale et une décision pourrait être rendue le 29 septembre.

Julie Michaud n'a pas caché avoir été en... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Julie Michaud n'a pas caché avoir été en colère contre Richard-Yves Chassé.

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Jimmy Dorval a vu Goliath mourir dans ses... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.1

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Jimmy Dorval a vu Goliath mourir dans ses bras. 

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Un chien laissé en liberté

Julie Michaud et Jimmy Dorval admettent qu'ils n'ont pas accordé la surveillance nécessaire à leur chien Goliath et qu'il a été laissé en liberté, le jour où le molosse a été abattu d'une balle de carabine à Saint-Honoré. Ils soupçonnent leur voisin, Richard-Yves Chassé, d'avoir commis le geste fatal, mais ne l'ont pas vu faire.

Lors de la fameuse journée, le couple travaillait à la construction de leur nouvelle demeure en compagnie de membres de la famille. À un moment donné, M. Dorval s'inquiète de ne pas apercevoir Goliath.

« Je l'ai sifflé, je l'ai entendu japper deux ou trois fois et j'ai ensuite entendu un coup de feu. Ma conjointe et moi sommes immédiatement partis en voiture pour voir ce qui se passait. J'ai vu Goliath tituber dans le chemin. Il était plein de sang. Je suis débarqué pour constater son état et ma conjointe a poursuivi son chemin en suivant les traces de sang. Goliath est mort dans mes bras. Il avait un trou dans le côté du cou et le sang coulait beaucoup », a mentionné Jimmy Dorval.

Pendant ce temps, Julie Michaud se rendait chez son voisin, M. Chassé. Rapidement, elle l'a accusé d'avoir tiré son chien.

« Je lui ai dit, tu viens de tirer mon chien. Le plus sereinement du monde, il m'a dit non, qu'il n'avait rien vu, qu'il n'était pas au courant », a mentionné la dame.

« J'ai pété ma coche. Je voulais savoir qui avait fait ça. J'étais en colère », a-t-elle repris, précisant que Goliath devait être la pierre angulaire de son projet de centre de zoothérapie.

Contre-interrogés par Me Cantin, les deux témoins ont avoué ne pas avoir respecté les règles municipales de Saint-Honoré, disant qu'un chien doit toujours être attaché ou en laisse.

« Les chiens ont échappé à notre surveillance. Ils n'avaient pas de médaille non plus et ils sont possiblement allés chez M. Chassé. Nous ne les avons pas surveillés comme nous aurions dû », a précisé Julie Michaud.

Questionnés sur les relations avec leur voisin, les deux plaignants au dossier les ont qualifiées de bon voisinage entre leur arrivée en août 2013 et jusqu'aux événements d'octobre 2013. Le couple avait autorisé M. Chassé à utiliser une partie de leur terrain pour faire un enclos pour ses boeufs, alors que M. Chassé avait donné le crâne de l'un des bovins pour orner la devanture d'un bâtiment du couple.

La vétérinaire Marie-Josée Guy a réalisé une autopsie, le soir des événements. Elle est venue montrer une radiographie du corps de Goliath, confirmant qu'une balle avait été tirée sur l'animal. Elle ne pouvait dire si le chien était de dos à l'agresseur, mais confirme qu'il n'était pas face à lui. Si elle ne peut confirmer la nature exacte du décès, elle précise tout de même que le chien n'avait aucune chance de survie.

Le procès se poursuit le 15 septembre.

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