Riverains Lac-Saint-Jean-2000: les discussions à reporter en 2017

Les Riverains Lac-Saint-Jean 2000 demandent à la société Rio Tinto de reporter... (Archives Le Quotidien)

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Les Riverains Lac-Saint-Jean 2000 demandent à la société Rio Tinto de reporter en 2017 les discussions entourant la révision du mode de gestion des actifs de sa filiale Société immobilière Alcan qui administre les baux de location de terrain en bordure du lac Saint-Jean et qui menace de refiler la facture des travaux de stabilisation aux propriétaires de chalets.

Le président de l'organisme qui regroupe les propriétaires de chalets et résidences permanentes, Claude Duchesne, affirme que l'inquiétude n'a pas été apaisée au Lac-Saint-Jean à la suite des déclarations des patrons de la multinationale, qui véhiculent différents chiffres sur les coûts pour chaque propriétaire de chalet en lien avec les travaux de stabilisation. Le conseil d'administration de l'organisme considère que Rio Tinto doit démontrer qu'il ne s'agit pas d'une menace alors que l'entreprise devra se présenter devant le Bureau des audiences publiques sur l'environnement pour l'obtention d'un nouveau décret de gestion du niveau du lac Saint-Jean et des travaux de stabilisation.

«Nous acceptons de participer à des discussions sur la gestion de la Société immobilière Alcan. On demande que cette discussion soit reportée de quelques mois. Nous allons faire le débat sur le décret de gestion du lac Saint-Jean et pour le susciter, nous allons discuter de la question de la gestion de la Société immobilière. Les gens reçoivent cette affaire comme une menace et il y a beaucoup d'inquiétude», insiste Claude Duchesne.

Les dirigeants de l'organisme n'ont toujours pas réussi à obtenir des précisions sur les chiffres évoqués par le directeur du programme de stabilisation des berges chez Rio Tinto, Jean Pedneault. Selon Claude Duchesne, plusieurs versions sont véhiculées en ce moment et personne n'a été en mesure de fournir des explications logiques à ces chiffres.

Dans un cas, il est question d'une subvention annuelle de 70 M$ pour les riverains. Dans un autre, l'entreprise faisait état d'une facture de 4500$ par année pour chaque riverain pour financer les travaux découlant du programme de stabilisation.

«On nous dit de ne pas nous inquiéter, que ce n'est pas ce qui va se passer. En même temps, personne n'a été capable de nous donner des explications», insiste Claude Duchesne. Il croit que l'entreprise a la possibilité de démontrer qu'elle est de bonne foi en reportant les travaux sur la gestion immobilière après le débat sur les berges.

L'autre aspect concerne une éventuelle vente des terrains aux actuels locataires. Il se trouve que plusieurs propriétaires riverains ont déjà acheté une première fois le terrain sur lequel se trouve leur résidence d'été ou chalet. Ces propriétaires devraient donc acheter une seconde fois le même terrain. La valeur du bail était surtout reliée au fait que l'entreprise avait pris l'engagement de racheter le contrat de location à la valeur marchande advenant le cas où elle aurait eu besoin de ses propriétés.

Rio Tinto a évoqué une révision du mode de gestion de ses propriétés en bordure du lac Saint-Jean alors qu'elle fait face à une véritable levée de boucliers du milieu sur la façon dont elle a géré le plan d'eau au cours des trois dernières années. Les MRC, municipalités et riverains exigent du gouvernement une gestion conjointe du niveau du lac. Rio Tinto veut de son côté conserver les privilèges accordés par le gouvernement du Québec en 1926 lors du rehaussement du niveau du lac Saint-Jean avec la construction de la centrale d'Isle-Maligne.

Les Riverains Lac-Saint-Jean... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 2.0

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Pas de réponse de Québec

Les Riverains Lac-Saint-Jean 2000 sont toujours en attente d'une position quant à la demande logée auprès du bureau du premier ministre Philippe Couillard pour obtenir des éclaircissements sur les droits et privilèges consentis à l'ancêtre de Rio Tinto en 1926 pour les droits de baignade.

La demande a été faite au bureau du premier ministre qui a répondu par un accusé de réception. Selon le président Claude Duchesne, le député de Roberval n'a pas jugé bon pour le moment de s'impliquer dans le dossier malgré les enjeux en cause. Les riverains croyaient avoir obtenu une meilleure écoute de l'appareil administratif du gouvernement du Québec.

«La sous-ministre Christine Tremblay du ministère du Développement durable et de l'Environnement considérait qu'il était tout à fait justifié pour les riverains d'obtenir des éclaircissements sur la nature des droits accordés à l'entreprise en 1926. Malheureusement, la sous-ministre qui avait cette analyse de la situation a quitté son poste», indique Claude Tremblay.

En plus des terrains qu'elle possède en bordure du lac Saint-Jean, Rio Tinto détient des droits de baignade jusqu'à la limite de 17,5 pieds. En principe, Rio Tinto peut causer des dommages aux propriétés jusqu'aux bornes de 17,5 pieds sans se soucier des recours judiciaires des riverains.

Toujours en lien avec ces droits de baignade, Claude Duchesne souligne que des représentants de l'entreprise ont d'autres interprétations des droits de 1926 et qu'il est donc justifié de la part du gouvernement du Québec d'avoir une interprétation précise de ces droits et surtout, de la partager avec les riverains et les pouvoirs locaux.

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