Sains et saufs après l'écrasement de leur hydravion

Deux hommes ont eu toute une frousse quand... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Deux hommes ont eu toute une frousse quand leur hydravion est tombé en panne.

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Deux hommes ont été repêchés sains et saufs dans la rivière Saguenay par deux bons samaritains après que leur hydravion de type Aéronca AR15 soit tombé en panne, dimanche midi, à la hauteur de Saint-Félix-d'Otis.

«Le Centre de recherche et sauvetage de la Défense nationale à Trenton, en Ontario, a capté la balise d'un Cessna qui s'était écrasé dans le fjord. Une opération a été déclenchée et un message Mayday relay a été envoyé à tous les navires des environs. Il y avait un Zodiac à Sainte-Rose-du-Nord qui a répondu à l'appel, ce sont les deux hommes à bord qui ont secouru les passagers de l'hydravion», explique le porte-parole de la Garde côtière canadienne, Michel Plamondon.

Les rescapés ont été amenés au site de la Nouvelle-France, à Saint-Félix-d'Otis, municipalité où ils résident d'ailleurs. Ils étaient attendus par les policiers de la Sûreté du Québec et les ambulanciers, qui les ont transportés à l'hôpital pour vérification. Le pilote, âgé d'une soixantaine d'années, et son passager quinquagénaire souffraient seulement d'un choc nerveux à première vue.

L'opération a été rapide. À midi et demi, le Zodiac avait déjà rejoint les deux hommes en détresse, qui portaient heureusement leur gilet de sauvetage. Leur appareil a coulé après l'amerrissage, qu'il aurait été très difficile de réaliser de façon sécuritaire. Selon les informations recueillies par Le Quotidien, l'amerrissage était pratiquement impossible, malgré la grande expérience du pilote, en raison des vagues de quatre pieds sur la rivière. Les pièces se seraient disloquées en touchant l'eau et les flotteurs ont été presque les seules à rester à la surface. Un bris de moteur pourrait aussi être en cause.

Le remorqueur de la Garde côtière auxiliaire Le Grizzly, basé à La Baie, et le bateau de croisière La Marjolaine II ont aussi été sollicités.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a été avisé de l'événement.

«À ce moment, on ne prévoit pas d'envoyer un enquêteur, mais on cherche des renseignements sur l'accident. On va évaluer ce qu'on peut faire. Il est probable que l'assureur prenne en charge de récupérer les restes de l'épave», précise le porte-parole Chris Krepski.

Un sauvetage rapide

Pour avoir déjà été pris dans une petite avalanche, le Laterrois Régis Girard savait qu'il devait agir vite, dimanche, s'il voulait avoir une chance de secourir les passagers de l'hydravion qui s'est écrasé dans le fjord du Saguenay, à proximité de Saint-Félix-d'Otis.

«J'étais avec des amis en Zodiac et on a accosté à Sainte-Rose-du-Nord. Le bateau La Marjolaine II était aussi à quai. Son capitaine est venu me trouver après avoir reçu l'alerte de la Garde côtière canadienne et m'a montré les débris de l'hydravion au loin. Il m'a dit d'y aller, que je serais plus rapide que lui», explique le propriétaire de l'embarcation pneumatique qui peut accueillir une quinzaine de passagers.

M. Girard est donc parti à toute vitesse avec son neveu de 28 ans. Ils ont pris une vingtaine de minutes pour atteindre l'épave du petit appareil en train de couler.

«Il y avait des vagues hautes de quatre à cinq pieds, alors on n'était pas capable de voir s'il y avait des survivants. On a coupé les moteurs et entendu crier à l'aide. On a suivi la voix et trouvé le premier homme. Son ami avait dérivé au moins une centaine de mètres plus loin. Un règlement oblige les occupants d'un hydravion à porter un gilet de sauvetage, et c'est ce qui leur a sauvé la vie. Ç'a aidé aussi qu'on ait fait vite. Ils n'étaient pas en hypothermie, mais ils étaient vraiment gelés.»

Le passionné de sports extrêmes avoue avoir l'habitude des situations dangereuses, mais il a la chance de toujours se retrouver dans le rôle de secouriste, et non dans celui de la victime. «C'était presque de la routine», blague-t-il au téléphone. Régis Girard faisait partie de la bande de raquetteurs qui ont été surpris par un affaissement de neige sur la ZEC Onatchiway en janvier 2015, près de Saint-David-de-Falardeau. L'un d'eux avait été enseveli et s'était retrouvé gravement blessé. Deux personnes avaient été transportées en traîneau par les motoneiges des policiers, puis amenées à l'hôpital en ambulance.

«J'avais été enterré un peu aussi, mais j'ai pu me dégager et aider les autres», indique celui qui s'adonne entre autres au triathlon, au parachutisme et à la plongée sous-marine.

Le mécanicien de métier rappelle que l'arrivée rapide des secours est un facteur déterminant dans une opération de sauvetage. «Tout est une question d'exécution. Plus ça va vite, plus on est sûr de sauver les victimes.»

Le temps était maussade sur la rivière Saguenay dimanche, et le Zodiac de M. Girard avait juste la bonne taille pour naviguer sans être inquiété par les vagues. «C'est ça que ça prenait. Je n'ai pas croisé beaucoup de gens, seulement de grands bateaux. L'hydravion était seul dans son coin quand c'est arrivé.»

Selon lui, les occupants n'avaient pas de blessures apparentes et étaient seulement en choc. «Ils nous ont remerciés, mais ils ne réalisaient pas encore tout ce qui se passait», croit-il. Le Saguenéen a récupéré des morceaux de l'hydravion, comme les flotteurs, et les a rapportés à Saint-Félix-d'Otis. «Les hommes voulaient amerrir sur le lac Otis, mais ils ne se sont jamais rendus.»

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