Plusieurs commerçants de la région sonnent l'alarme

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Maxime de Varennes fait présentement l'objet d'une enquête. Plusieurs plaintes ont été portées contre lui à la Sûreté du Québec.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

Chèques sans fonds, arrêts de paiement, promesses en l'air, propos mensongers; de nombreux commerçants du Saguenay-Lac-Saint-Jean sonnent l'alerte.

Prétextant avoir été fraudés par le nouveau propriétaire de la Pourvoirie des Laurentides, Maxime de Varennes, des gens d'affaires et particuliers avancent qu'ils perdront de centaines de milliers de dollars.

L'histoire débute avec le cauchemar de l'ancien propriétaire de la pourvoirie, la famille Thivierge, qui a commencé après la vente. Ses membres risquent de tout perdre, selon leurs dires.

Joints par le journal, les membres de la famille préfèrent demeurer discrets pour le moment et ne sont pas prêts à parler publiquement de cette affaire aux multiples facettes. Des sources dignes de foi confirment qu'ils ont déposé une plainte à la Chambre des notaires du Québec.

En revanche, d'autres victimes ont accepté de parler de leurs déboires.

La compagnie Pétrolex de Saint-Félicien dit avoir été flouée pour une somme de près de 50 000$.

«Ils ont commandé des produits pétroliers à quelques reprises. Nous sommes allés faire des livraisons et n'avons pas encore été payés. Nous avons tenté de nous entendre, mais en vain. Nous avons entamé des procédures judiciaires en mars dernier et nous avons eu gain de cause», témoigne la copropriétaire, Chantale Simard.

Dans un jugement du 4 mai 2016, la Pourvoirie des Laurentides est condamnée à payer un montant de 45 780,78$ à l'entreprise félicinoise. Or, la décision a été contestée par la partie défenderesse.

Dans un autre document de la cour, daté du 9 août dernier, le Tribunal «rejette la demande» du pourvoyeur et le condamne à payer la somme due à Pétrolex. «Nous avons gagné par défaut puisqu'il ne s'est pas présenté à la cour. Notre procureur continuera les démarches s'il ne règle pas les factures.»

À Dolbeau-Mistassini, un entrepreneur en construction vient de publier un avis d'hypothèque légale sur la pourvoirie. Il préfère taire son identité.

«Nous avons fait des travaux pendant deux semaines et nous n'avons pas été payés. Ils me doivent 24 000$ plus taxes. J'ai été embarqué dans le bateau», confie l'homme d'affaires.

À Saint-Prime, le propriétaire de l'entreprise Évolution X, Gino Fortin, en a également gros sur le coeur. La pourvoirie lui doit 17 000$ pour la location de bateaux et l'achat de moteurs.

«M. de Varennes s'est présenté ici avec 1500$ en argent pour repartir avec deux bateaux en location. Nous avons eu des chèques postdatés et il s'est avéré que l'un d'eux était sans provisions. Il a fait une mise de côté de matériel, dont la valeur est de plus de 130 000$», raconte M. Fortin. «La stratégie est évidente. J'ai rencontré un enquêteur des crimes économiques et ça ne restera pas là».

D'autres commerçants du Lac-Saint-Jean disent aussi avoir goûté à la médecine de M. de Varennes.

Une compagnie de location de Dolbeau-Mistassini soutient avoir perdu 9000$. Son dirigeant, qui préfère conserver l'anonymat, a entamé des poursuites au civil. «Je suis allé aux petites créances et j'ai fait rire de moi. Le monsieur connaît les lois par coeur.»

Une entreprise du Lac-Saint-Jean qui oeuvre dans le domaine de l'excavation a eu un peu plus de chance que les autres. Le propriétaire soutient avoir effectué un premier contrat à Girardville pour M. de Varennes. «Quand l'ouvrage a été terminé, il nous a demandé d'aller à la pourvoirie. Il faisait son millionnaire. Nous avions été prévenus à son sujet alors je lui ai demandé de me payer avant d'aller à la pourvoirie. J'ai eu mon argent, mais je ne suis pas retourné travailler pour lui. Il a mis des photos de nous sur sa page Facebook, comme si nous étions à la pourvoirie, mais ce n'est pas le cas du tout.»

Confronté

Le Quotidien a joint M. de Varennes par téléphone pour lui soumettre les griefs des entrepreneurs qui ont eu affaire à lui. Il nous a avisés de bien faire attention à ce qui serait écrit et qu'une poursuite pourrait suivre. Il a ajouté que la police pourrait interpeler l'auteure de ses lignes.

La porte-parole de la SQ, Hélène Nepton, confirme... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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La porte-parole de la SQ, Hélène Nepton, confirme qu'une enquête pour des fraudes allégues est en cours au Lac-Saint-Jean.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

La SQ enquête depuis mars

Le Service des enquêtes sur l'intégrité de l'économie de la Sûreté du Québec (SQ) mène une vaste enquête concernant des gestes frauduleux qui auraient été commis par le nouveau propriétaire de la pourvoirie des Laurentides de La Doré, Maxime de Varennes.

Des enquêteurs rencontrent des plaignants depuis le mois de mars dernier.

«Nous vérifions actuellement des dossiers de fraudes alléguées sur le territoire du Lac-Saint-Jean. Les plaignants sont des commerçants ainsi que des particuliers et on en dénombre plusieurs», confirme la porte-parole de la Sûreté du Québec, Hélène Nepton.

Il n'a pas été possible de savoir combien il y aurait de présumées victimes ni le montant total des sommes que les gens prétendent avoir perdues.

Sans élaborer davantage sur les principaux faits qui seraient reprochés au pourvoyeur, Mme Nepton ajoute que les personnes plaignantes n'ont pas encore toutes été rencontrées.

«À la lumière des informations et des éléments d'enquête qui seront recueillis, un rapport sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui aura à décider s'il y a matière à poursuite ou non.»

Magella Girard tente tant bien que mal de... (Photo Le Quotidien, Isabelle Tremblay) - image 3.0

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Magella Girard tente tant bien que mal de se sortir de la saga qu'il traverse avec la famille de Varennes. 

Photo Le Quotidien, Isabelle Tremblay

À en perdre le sommeil

Magella Girard fait de l'insomnie depuis que sa route a croisé celle de Maxime de Varennes, il y a près de deux ans.

Le pourvoyeur s'est porté acquéreur de sa somptueuse maison de la rue Laverdure, à Dolbeau-Mistassini, pour 400 000$. Depuis ce temps, les problèmes s'accumulent pour le Dolmissois.

«Il s'est présenté chez moi pour acheter la maison. Il voulait que je le finance. Il s'est fait avancer 165 000$ par un homme de Trois-Rivières et j'ai accepté de le financer pour la balance du montant avec 8% d'intérêt», raconte le septuagénaire.

«Il m'a demandé d'accepter de le prendre en 2e hypothèque et j'ai dit oui. J'avais eu de bonnes références, mais je me suis fait avoir. Il ne m'a jamais donné une cenne noire. Il a étiré l'élastique jusqu'au bout. Il est sorti de la maison neuf mois plus tard. Il n'a pas respecté sa parole ni sa signature malgré le contrat notarié. Il ne cesse de m'envoyer des mises en demeure depuis ce temps».

M. Girard a repris possession de sa maison, par le biais de procédures légales, mais il a perdu une somme d'argent faramineuse. Les factures d'avocats s'accumulent.

Il est contraint de payer sa demeure et utilise ses économies de retraité pour tenter de garder la tête hors de l'eau. Il dit même avoir mis son véhicule motorisé en vente pour réussir à acquitter ses paiements. «J'ai hâte que ça finisse. Je me suis fait construire une nouvelle maison lorsqu'il a acheté. Mais mon ancienne demeure est encore à vendre. Il nous a fait blanchir les cheveux», conclut M. Girard, qui a été rencontré par deux enquêteurs de la SQ.

Faillite en 2010

Maxime de Varennes a fait faillite le 18 février 2010. Une recherche dans le Registre des dossiers de faillite et d'insolvabilité (LFI) révèle que le passif de l'entreprise qu'opérait l'homme de 37 ans s'élevait à 627 341$, alors que ses actifs s'élevaient à 164$. La faillite est entrée en vigueur le 19 novembre 2010.

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