Dix mois de prison pour un agresseur

Le juge Michel Boudreault a estimé qu'une peine... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le juge Michel Boudreault a estimé qu'une peine dans la collectivité, tel que demandée par la défense, n'était pas envisageable pour l'homme de 64 ans qui a commis des crimes à nature sexuelle sur deux de ses soeurs et sa nièce.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Un individu de 64 ans a écopé d'une peine de prison de 10 mois, lundi matin au Palais de justice de Chicoutimi. Entre 1970 et 1990, l'homme s'est livré à des gestes de nature sexuelle sur deux de ses soeurs cadettes et sur l'une de ses nièces. L'homme avait plaidé coupable à des chefs d'accusation d'attouchement sexuel, de grossière indécence et d'attentat à la pudeur.

Lundi matin, le sexagénaire recevait sa sentence.

Alors que la défense réclamait une peine de prison à purger dans la collectivité, la Couronne avait plutôt demandé à ce que l'individu passe les deux prochaines années derrière les barreaux.

Finalement, le juge Michel Boudreault a opté pour l'emprisonnement ferme, mais a plutôt prononcé une peine de 10 mois. «Des crimes de nature sexuelle commis sur des enfants et des adolescents sont particulièrement odieux. La peine en collectivité doit être écartée», a fait valoir le juge Boudreault.

Faits reprochés

Les premiers faits reprochés remontent aux années 1970, alors que l'homme avait amené sa petite soeur de six ans en ballade en voiture. Il était une jeune adulte à l'époque. L'homme avait profité de la promenade pour toucher les parties génitales de la petite, avant de la forcer à lui faire deux fellations. Il avait également tenté de la pénétrer.

Toujours dans les années 1970, l'individu s'était livré, entre autres, à des gestes exhibitionnistes devant son autre soeur cadette.

Des gestes de ce genre se sont répétés.

C'est toutefois dans les années 1990 que l'individu a fait sa troisième victime. L'homme avait alors amené sa jeune nièce en promenade en moto à Saint-Jean-Vianney. Sur place, ils ont vu des gens s'adonner à des relations sexuelles en plein air. L'oncle a alors demandé à sa nièce si elle voulait faire la même chose. La petite a dit non et ils sont partis.

Facteurs aggravants

Dans son jugement, Michel Boudreault a affirmé que l'homme était en situation d'autorité et de confiance avec ses victimes et qu'on ne peut pas parler d'actes isolés, puisque les gestes ont été commis durant une longue période.

«Monsieur banalise également les gestes posés contre sa nièce et n'a aucune empathie envers ses victimes. De plus, il n'a jamais entrepris de cheminement», a indiqué le juge Boudreault, affirmant qu'il s'agissait là de facteurs aggravants.

Parmi les facteurs atténuants, le magistrat a cité l'absence d'antécédents judiciaires et le délai de dénonciation.

Les dénonciations ont été faites en juin 2014, plus de 45 ans après les premières infractions. Les soeurs de l'individu ont attendu, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'histoires, le décès de leur mère pour dénoncer la situation.

«Le tribunal prend en considération ce long délai, mais en raison de l'âge des victimes à l'époque, ce délai est compréhensible», a souligné le juge.

Selon ce qui a été dit en Cour, l'homme aurait déjà été victime d'agression sexuelle durant son enfance.

Programme pour déviant sexuel

Lors de la prononciation de la peine, le sexagénaire n'a pas bronché, mais a hoché négativement de la tête à quelques reprises lorsque le juge relatait les événements. Il tournait le dos à ses victimes, présentes en salle d'audience.

L'homme de 64 ans a donc pris le chemin de la détention. Il devra également entreprendre un programme pour déviant sexuel et se soumettre à une probation de deux ans lors de sa sortie.

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